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Archive pour la catégorie ‘Etudes’

Systra veut conquérir les trams et les trains du monde entier

Publié par ardsl le 28 mai 2012

Après des années de concurrence entre les deux groupes publics et leurs équipes, toutes les entités dédiées à l’ingénierie ferroviaire seront effectivement fusionnées le 1er juillet prochain.

Un nouveau logo, bientôt un nouveau siège à deux pas de celui de Microsoft à Issy-les-Moulineaux… Systra, le leader français de l’ingénierie ferroviaire, détenu à part égale par la RATP et SNCF, est en ordre de marche pour accélérer sa croissance en France et à l’étranger, où il réalise la moitié de son chiffre d’affaires.

Après des années de concurrence entre les deux groupes publics et leurs équipes, toutes les entités dédiées à l’ingénierie ferroviaire seront effectivement fusionnées le 1er juillet prochain. L’État avait finalement décidé, il y a un an et demi, de couper court aux ambitions de prise de pouvoir de la RATP et de SNCF sur Systra.

Gestion paritaire entre SNCF et la RATP

Il a préféré donner naissance à un champion tricolore de l’expertise ferroviaire en répartissant son capital à parts égales entre les deux groupes et en organisant sa gouvernance avec un directoire et un conseil de surveillance présidé tour à tour par le président de SNCF et celui de la RATP. En France, Systra peut s’enorgueillir d’avoir réalisé l’ingénierie de toutes les lignes à grande vitesse françaises et de 21 des 28 lignes de tramway en service dans l’Hexagone.

Grâce à l’absorption d’Inexia et de Xelis, les filiales de SNCF et de la RATP, Systra devient le numéro deux mondial de l’ingénierie ferroviaire et leader dans le domaine de la grande vitesse, compte doubler son chiffre d’affaires (416 millions d’euros en 2011) d’ici à 2016. «Nous avons l’intention d’y arriver grâce à notre croissance organique», affirme Pierre Verzat, le nouveau président du directoire. Pour y parvenir, Systra mise sur le Grand Paris Express dont il espère décrocher des appels d’offres mais surtout sur l’international.

La population ne cesse de croître dans les villes“, rappelle Pierre Verzat. “À l’heure actuelle, plus de 25000 d’entre elles comptent plus de 10 millions d’habitants. Et la circulation deviendra ingérable si le transport individuel s’impose.”

Mais les dirigeants de Systra reconnaissent avoir saisi les opportunités les unes après les autres. «Nous avons été très présents en Amérique du Sud que nous avons un peu abandonnée pour l’Asie et ensuite le Moyen-Orient.» Dorénavant, les équipes de Systra devront rester en veille dans les zones à fort potentiel. Outre le Moyen-Orient, où Systra a réalisé la conception et la mise en œuvre du métro automatique de Dubaï, l’Asie – avec notamment la ligne à grande vitesse coréenne – et l’Amérique latine, de nouveaux projets de trains ou de tramways devraient émerger en Europe du Nord et de l’Est, en Russie notamment. Quant à l’Amérique du Nord, Systra réfléchit à un éventuel partenariat avec un acteur local pour décrocher, entre autres un projet de tramways à Los Angeles.

(Avec lefigaro.fr).

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Vers plus de sécurité des systèmes ferroviaires

Publié par ardsl le 21 mai 2012

Sur les 3027 accidents de train signalés en Europe en 2009, 174 ont été causés par une défaillance du matériel roulant ferroviaire.

Dans le même temps, les services de transports ferroviaires continuent de croître. Sur la période allant de 2005 à 2050, est attendue une augmentation du fret de 80% et de 50% pour le transport de passagers. Il faudra donc aussi compter avec une augmentation des risques.

Afin d’améliorer le niveau de sécurité, à Louvain, en Belgique, des projets de recherche européens étudient les dispositifs de surveillance des trains via des analyses des sons et des vibrations.

Nous installons deux ou trois capteurs sur les rails, et nous mesurons et identifions chaque train et chaque roue qui passe sur notre système. Nous savons alors s’il y a un défaut”, explique Tom Vanhonacker, ingénieur système ferroviaire.

Le système, basé sur une technologie de surveillance des vibrations à haute fréquence est intéressant – tant en matière de prix que d’espace nécessaire à son installation – et aussi très précis.

Certains capteurs interceptent les vibrations à chaque passage de train. Un dispositif local enregistre alors ces données et les transmet à un serveur central.

En analysant les vibrations générées par chaque roue d’un train, les chercheurs sont capables de détecter sur la roue une ovalisation, une coquille ou encore une brisure.

24 heures sur 24, nous recueillons toutes les données de vibration. A chaque passage de train vous avez un pic. Nous mesurons ce pic d’accélération, et si celui-ci est supérieur à la normale c’est que quelque chose ne tourne pas rond”, détaille un autre ingénieur ferroviaire, Frederik Vermeulen.

Un autre projet de recherche européen est en cours à Varsovie, en Pologne. Il est basé sur les ultrasons et le balayage numérique et est destiné à contrôler l‘état des rails.

Ce nouveau type d’inspection rend possible une supervision de la qualité du matériel.

Un accéléromètre haute fréquence permet d’obtenir une analyse des vibrations des métaux, et, sans aucune excavation, de déterminer s’il existe, en raison de la corrosion, des points critiques sur la partie inférieure de la piste.

Un balayage visuel permet, lui, d’observer la surface des rails.

Ce que nous avons ici est une caméra haute-vitesse à large balayage. Elle peut atteindre une vitesse de la lumière d’environ 36 kilohertz ce qui vous restitue une vitesse d’acquisition d’environ 40 kilohertz. L‘éclairage est fait sur-mesure et est essentiel pour l’analyse d’image. L’idée étant que vous obteniez un type d’image très uniforme de telle sorte que vous n’avez plus d‘égalisation d’histogramme”, explique le Directeur de recherche Christopher Johnson.

La révolution numérique, intégrée aux activités d’entretien des chemins de fer permet à la fois une baisse des coûts et une augmentation du niveau de fiabilité du système.

Tout cela entraîne une connaissance plus précise de l‘état des réseaux ferroviaires et permet de limiter le nombre d’interventions sur les voies.

La voie est un système très complexe. On a fait des avancées importantes dans ce projet là en étudiant la plupart des composants de la voie, il faut ensuite un système intégrateur qui permet d’analyser toute la voie en une seule fois”, dit Nicolas Furio, coordinateur de projet.

Le système est très complexe, mais néanmoins capable de générer des données à très petite échelle.

À Lisbonne, chaque train transitant sur la ligne de Cascais est identifié et chenillé grâce à un système à radiofréquence.

Un capteur acoustique placé sur la piste permet de capturer le bruit produit par chaque roue. La mesure de ces données indique clairement si le train présente, ou non, des défauts.

En fait, nous utilisons des transducteurs. Ils sont doublés sur la ligne. Un dispositif adapté basé sur des ultrasons nous indique qu’un train approche et déclenche le système de récupération des données”, explique Spyridon Kerkyras, le directeur technique de Feldman Entreprise Ltd.

Chaque convoi est suivi de la même façon.

Les données sont téléchargées sur le serveur central et permettent d’obtenir, à tout moment, l’historique de chaque composant du matériel roulant ferroviaire et de connaître aussi, en temps réel l‘état des train.

“Dans chaque convoi c’est comme s’il y avait une sorte d’agent à bord qui pouvait me faire un diagnostic du train. Un système d’alerte précoce détectant tous les problèmes qui peuvent gêner la circulation des trains m’est très utile, car je peux en tenir compte lors de mon opération programmée de maintenance”, dit Miguel Areias, ingénieur innovation.

À Anvers, en Belgique, le système développé à Louvain a été adopté par le consortium en charge de la construction d’une nouvelle ligne de tramway.

Ici, pouvoir anticiper une action de maintenance peut conduire à d’importantes compressions budgétaires.

Avant l’installation de ce système, les trains étaient inspectés tous les deux ou trois mois, ou à chaque période, pour vérifier s’il n’y avait pas de problème avec le tram. Grâce à ce système, vous pouvez éviter les erreurs humaines. Si l’agent ne voit pas un défaut, le système rectifie avec précision les problèmes du tram”, détaille Gillis Jan de l’entreprise Frateur-De Pourcq.

Concernant le système ferroviaire, la recherche est en marche et l’on peut s’attendre à l’apparition de nouvelles solutions technologiques en matière d’alarmes précoces. Elles serviraient à détecter les problèmes mais aussi à renforcer les connaissances et donc à limiter les coûts liés à la sécurité.

Pour Mayorkinos Papaelias, coordinateur de projet : “nous avons développés des systèmes pouvant marcher avec d’autres. De telle sorte que nous pouvons les connecter aux systèmes déjà disponibles sur le réseau ferroviaire. Les avantages de cette technologie sont qu’elle est peu coûteuse et que son installation sur le réseau nécessite un minimum d’intervention”.

Ces études et projets de recherche permettront sûrement, dans l’avenir, de bénéficier de systèmes de transports plus fiables et plus sûrs.

(Source : fr.euronews.com).

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Les habitants de la Suisse parcourent 36,7km par jour en moyenne

Publié par ardsl le 8 mai 2012

Malgré l’attrait croissant pour le train, la voiture reste le moyen de transport le plus prisé des Suisses.

Les habitants de la Suisse ont parcouru en moyenne 36,7km par jour en 2010. Cette distance a augmenté de 1,5 km ou 4,1% en cinq ans. Le nombre de kilomètres en train effectué en moyenne par les Helvètes a nettement progressé. Mais la voiture reste le principal moyen de transport, en particulier en Suisse romande et au Tessin. C’est ce qui ressort du microrecensement “mobilité et transports” réalisé en 2010 et présenté mardi 8 mai par les Offices fédéraux de la statistique (OFS) et du développement territorial (ARE).

Un demi-tour du monde

En 2010, les Suisses ont ainsi parcouru pas moins de 36,7 kilomètres par jour. Cette distance a augmenté de 1,5 kilomètres ou 4,1% en cinq ans. Avec 34,2km quotidiens, les habitants de la Suisse romande couvrent un peu moins de kilomètres que les Alémaniques (38km). La part la plus basse concerne la Suisse italienne, avec 29,3km.

Si l’on additionne tous les trajets effectués par une personne résidant en Suisse au cours d’une année, on arrive à une distance moyenne de 20500km. Cela correspond à peu près à un demi-tour du monde. Les voyages et trajets effectués à l’étranger, un tiers environ de la distance totale, sont inclus.

Les deux tiers des distances, soit 23,8 km par jour, sont effectuées en voiture, tandis que 8,6 km sont réalisés en transports publics et 2,8 km à pied et à vélo. Le nombre de kilomètres en train s’est accru d’environ 27% entre 2005 et 2010, alors que les trajets à pied ou en voiture sont restés stables.

L’importance des loisirs

Le trafic routier a malgré tout continué d’augmenter en raison de la croissance démographique. La progression a atteint 5,5% en cinq ans. Une tendance inverse se dessine néanmoins chez les plus jeunes.

Seuls trois jeunes de 18 à 24 ans sur cinq sont en possession du permis de conduire. La proportion, qui dépassait encore 70% en 1994, ne cesse de reculer. Le nombre de titulaires d’un abonnement général a doublé dans cette tranche d’âge, frôlant 20%.

Les loisirs restent le principal motif de déplacement, avec environ 40% des distances journalières. Cette part a reculé de 5 points en cinq ans. Le travail, en deuxième position, a suivi une évolution contraire. La part des trajets pendulaires s’est légèrement accrue pour atteindre 24% en 2010.

Ville et campagne

Le lieu de domicile constitue un autre facteur de différence en matière de mobilité. Les habitants des centres d’agglomération accomplissent des trajets plus courts et moins souvent en auto. À l’opposé, les personnes résidant dans les zones rurales alignent 41,7km par jour et recourent plus souvent au transport individuel motorisé.

La voiture a plus la cote au Tessin et en Suisse romande que chez les Alémaniques. C’est lié à une différence de culture en matière de mobilité et de topographie, d’après la directrice de l’ARE Maria Lezzi.

Les sondés veulent plus, mais pas plus cher

Les 63000 personnes sondées ont aussi été interrogées sur des questions de politique des transports. La nette majorité se prononce en faveur d’améliorations des infrastructures routières, des transports publics ou pour les piétons et les cyclistes.

En revanche, la plupart rejettent une hausse des frais de stationnement dans les centres, des taxes d’entrée pour les autos dans les villes ou des prix échelonnés dans les transports publics selon les horaires.

On constate un dilemme entre l’amélioration souhaitée de l’infrastructure mais une faible disposition à payer, a admis Maria Lezzi. Pour elle, il s’agit de faire prendre conscience à la population de la nécessité du “mobility pricing”, la tarification de la mobilité.

Côté transports publics, la directrice de l’ARE prône une priorité à l’augmentation des capacités plutôt qu’à l’augmentation de la vitesse. Il s’agit encore de développement le trafic régional.

L’usam à la rescousse du trafic routier

L’Union suisse des arts et métiers accuse le Conseil fédéral de favoriser le rail au détriment de la route. Or, selon l’organisation faîtière des PME, le coût économique des embouteillages atteint près de 1,5 milliard de francs par an. La route est “une artère vitale pour les PME“, l’acheminement des marchandises et l’approvisionnement de l’économie à l’échelle locale s’effectuant principalement par ce biais.

L’usam s’oppose dès lors au projet d’augmentation du prix de la vignette autoroutière de 40 à 100 francs par an. Elle s’oppose aussi au projet de financement et d’aménagement de l’infrastructure ferroviaire.

L’usam critique en particulier le fait que le subventionnement du rail par la route serait désormais non seulement illimité dans le temps, mais aussi complété par la réduction des frais de transports déductibles pour les pendulaires. La mobilité devient ainsi globalement plus coûteuse, ce qui touche de plein fouet les PME, tributaires de la route.

Télécharger le communiqué de l’OFS de l’ARE

(Avec ATS et rts.ch).

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La voiture coûte trois fois plus cher que les transports collectifs : le saviez-vous ?

Publié par ardsl le 16 mars 2012

Se déplacer en transport en commun coûte trois fois moins cher que de prendre sa voiture. C’est ce que révèle une étude de la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT) qui propose d’augmenter le prix du stationnement, d’introduire le péage urbain, de réduire le bonus écologique, de supprimer la prime à la casse et de baisser le barème fiscal kilométrique pour bousculer le comportement des Français. Et bousculer peut-être la campagne électorale muette au sujet des transports, sauf sur le prix de l’essence.

Alors que l’offre de transport collectif s’est considérablement améliorée ces deux dernières décennies, comment se fait-il que ce mode de déplacement n’assure en moyenne que 12% des déplacements de proximité ?“, s’interroge Jean Sivardière, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT), à l’origine d’une étude sur les coûts d’usage de la voiture et des transports publics.

Apparemment, les efforts réalisés pour améliorer la fréquence, la qualité de service, le confort et la régularité des transports publics ne suffisent pas à convaincre les automobilistes. Parce qu’ils ignorent le coût réel d’usage de la voiture et des transports publics ?“, continue à s’interroger l’inlassable défenseur des transports collectifs.

La FNAUT a donc voulu disposer d’une “réelle analyse scientifique“, et confié l’entreprise à Jean-Marie Beauvais, expert en économie des transports. Les résultats ont été publiés le 16 mars 2012.

Prendre le TER est plus économique que la voiture. Un trajet en TER coûte 5 à 6 fois moins cher qu'un trajet en voiture.

0,09 euro au km contre 0,23 euro

Pour mener cette recherche, l’économiste n’a pris en compte que les déplacements de proximité de moins de 80 kilomètres, et retenu que l’année 2008 pour illustrer la situation actuelle. Année correspondant à la derrière enquête nationale transports et déplacements. Il a passé à la loupe 70 réseaux de transport urbain (y compris en Île-de-France), interurbains, ainsi que les TER.

Premier enseignement : se déplacer en transport public coûte trois fois moins cher en moyenne que de prendre sa voiture. Démonstration : le coût total d’usage de la voiture (englobant le carburant, les péages, le stationnement, l’entretien et les assurances) est de 23 centimes par kilomètre. “Il s’agit du ratio dépenses/voyageurs-km et non du ratio dépenses/véhicules-km“, précise l’économiste.

En province, la dépense moyenne s’élève à 13,1 centimes par kilomètre pour les transports urbains et à 4 centimes par kilomètre pour les autocars départementaux. Concernant les TER, la dépense moyenne se chiffre à 7,2 centimes par kilomètre.

La moyenne des dépenses en transport public s’élève à 9 centimes par kilomètre“, précise l’expert. Autrement dit, le transport public est trois fois plus économique en province et cinq à six fois plus en TER qu’en voiture.

40 ans que ça dure

L’auteur de l’étude a par ailleurs analysé le niveau de dépenses par voyageur selon les modes de déplacement, entre 1970 et 2010.

En 40 ans, le coût d’usage de la voiture n’a pas augmenté plus vite que celui du transport urbain. “Le rapport de force entre la voiture et le transport public n’a pas changé sur cette période“, observe l’expert. Le coût des transports publics a augmenté de 27% en euros constants, celui de l’autocar de 37% et celui du TER de 8%. Le coût d’utilisation de la voiture a par ailleurs progressé de 26%.

Explications de Jean-Marie Beauvais : “les salaires ont augmenté plus vite que le prix des carburants, la consommation des véhicules a diminué en moyenne de 3 litres au 100 km, le poids de la fiscalité dans le prix du carburant est passé de 80% à 60% pour l’essence et à 50% pour le gazole“.

Deuxième enseignement : il est donc urgent de mener une démarche pédagogique en direction des automobilistes. “Ils sous-estiment le coût d’usage de leur véhicule. Par conséquent, le transport public leur semble moins attractif. Il font donc arriver à les convaincre du contraire“, insiste Jean Sivardière.

Et cet effort de pédagogie relève de la responsabilité de autorités organisatrices, des transporteurs, des associations d’usagers, des médias.

Baisser le prix des transports publics

Attirer les automobilistes vers le transport public passerait-il par une baisse des prix des modes collectifs ? Pas pour la FNAUT qui dénonce cette “fausse piste“.

La question de prix du billet de bus ou de métro étant en partie résolue par les tarifications sociales “déjà très développées” et par la prime transport. “Peu de personnes se plaignent du prix trop élevé des transports publics, à l’exception des familles. Globalement, les usagers ne veulent pas des prix plus bas mais une meilleure qualité de service“.

Une tarification basse ne suffira pas à les attirer vers les transports collectifs“, affirme Jean Sivardière. “Réduire la part payée par les clients prive l’autorité organisatrice de moyens nécessaires pour combler les retards d’investissement, intensifier l’exploitation et améliorer la qualité“, ajoute-il.

Autre argument en faveur du maintien du niveau des prix actuels : la maîtrise de l’étalement urbain. “Des tarifs trop bas incitent beaucoup de gens à habiter très loin de leur travail“.

Toucher les automobilistes au portefeuille

Pour la FNAUT, les automobilistes n’opteront pour le transport public que s’ils sont contraints financièrement. C’est-à-dire lorsque l’usage de leur voiture sera encore plus onéreux : avec du stationnement plus cher et des péages urbains.

Et pour décourager les automobilistes de prendre leur voiture, la FNAUT préconise aussi de réduire le bonus écologique et d’augmenter le malus, de supprimer toute forme de prime à la casse, et de baisser le barème fiscal kilométrique.

Dernier outil incitatif, une hausse de la part de la TIPP régionale pour donner de nouvelles ressources financières aux collectivités locales. “Cette augmentation des coûts de l’usage de la voiture est légitime et nécessaire“, affirme Jean Sivardière. “C’est justifié par le fait qu’en milieu urbain, l’automobiliste ne paie ni les coût économiques liés à la congestion, ni ceux liés aux accidents, ni les coûts écologiques“.

Les candidats à la présidentielle qui semblent aborder la question des transports par le seul biais du prix de l’essence à la pompe vont-ils relever certaines conclusions de cette étude ?

L’étude sur les coûts d’usage de la voiture et du transport collectif dans les déplacements de proximité a été financée par le Gart, l’UTP, Keolis, Veolia-Transdev, RATP, CarPostal et SNCF-Proximités.

(Avec mobilicites.com).

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Une redevance routière pour financer les transports publics ?

Publié par ardsl le 11 mars 2012

Une étude faite dans le canton de Berne met en évidence le fait qu’une redevance routière permettrait de dégager des ressources financières pour de nouvelles infrastructures en matière de transports publics.

Un péage routier de 5 francs par jour désengorgerait les routes de l’agglomération bernoise de 15 à 20% de son trafic.

Cette redevance routière permettrait en outre de dégager des ressources financières pour de nouvelles infrastructures en matière de transports publics.

Ces constats figurent dans une étude commune au canton de Berne, à la région bernoise et à la ville de Berne. Ces trois collectivités cherchent une solution pour faire face à la pression croissante du trafic motorisé privé. Leurs réflexions sont aussi motivées par la situation des finances publiques.

Forfaits journaliers

Cette étude s’est penchée sur l’impact de forfaits journaliers de cinq et neuf francs pour les déplacements à l’intérieur de la zone sous péage. Celle-ci comprendrait le noyau de l’agglomération, à savoir la ville et les communes avoisinantes, sans le trafic de transit sur les routes nationales.

Une redevance routière de cinq francs par jour réduirait de 15% à 20% le volume du trafic. La diminution irait jusqu’à près de 30% pour un péage de neuf francs par jour. Plus de la moitié de ce trafic se reporterait sur les transports publics. Le nombre de déplacements à pied augmenterait lui aussi.

Ce transfert vers le rail et le bus génèrerait des recettes nettes allant de quelque 230 à 370 millions de francs par an, a expliqué vendredi 9 mars le canton de Berne. Ces millions pourraient être affectés au développement des transports publics et à l’allègement de la fiscalité pour l’ensemble des contribuables.

Droit fédéral

Le canton, la région, ainsi que la ville de Berne concluent qu’un péage routier serait un bon moyen pour produire le désengorgement qu’ils jugent souhaitable ainsi que pour générer de nouvelles ressources financières. Mais les conditions ne sont pas réunies dans le droit fédéral.

Ces trois entités demandent donc à la Confédération de créer les bases légales nécessaires à la réalisation d’expériences pilotes. Elles estiment qu’un large débat pourrait alors s’engager.

(Avec ATS).

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Les frontaliers prennent de plus en plus les transports publics pour se rendre à Genève

Publié par ardsl le 9 décembre 2011

Les frontaliers prennent toujours plus les transports publics lorsque ceux-ci existent, selon une étude genevoise sur la mobilité présentée jeudi 8 décembre. Même si la majorité des pendulaires privilégient encore les transports individuels, ils sont désormais 16% à prendre les transports publics, contre 10% en 2002.

S’il ne fallait retenir qu’un chiffre de l’enquête sur les flux de déplacements à la frontière franco-valdo-genevoise ? Ce serait 550 000, soit le nombre de personnes qui franchissent chaque jour, et dans les deux sens, les frontières du canton de Genève. Soit 50 000 personnes de plus qu’il y a six ans. Cette augmentation reflète le déséquilibre existant entre places de travail et logements dans la région.

Les trajets domicile-travail représentent 55 % de ces déplacements.

Le Comité régional franco-genevois a présenté jeudi 8 décembre les résultats de sa dernière étude, réalisée au printemps dernier auprès de 33 200 personnes. L’enquête fait suite à deux recherches menées en 2002 et 2005. Elle offre une vision inédite de l’évolution de la mobilité dans la région ces dix dernières années.

Plusieurs conclusions frappent. Tout d’abord, l’existence d’un fort déséquilibre entre les arrivées en véhicules motorisés et en transports en commun. Chaque jour, 232 000 personnes entrent dans le canton de Genève en voiture, en scooter ou à moto. Alors que seules 43 500 rejoignent la cité en bus, tram ou train. Les transports publics n’absorbent que 16% des passages, contre 10% il y a dix ans. L’étude relève également que lorsqu’une ligne de train existe – vers le canton de Vaud, Annemasse ou Bellegarde – les véhicules individuels sont largement délaissés. L’engouement pour les deux-roues motorisés est une autre tendance observée. Leur utilisation a augmenté de 58% en six ans. Quant au réseau de transports en commun, des disparités importantes surgissent d’une région frontalière à l’autre. Les CFF relient largement Genève au reste du pays. La frontière avec Annemasse est assez bien desservie. À l’inverse, les régions de l’Ain, mais surtout de Saint-Julien et du Chablais bénéficient de peu de lignes de bus et font figure de parents pauvres.

Michèle Künzler, conseillère d’Etat genevoise en charge du Département de l’intérieur et de la mobilité, se dit «satisfaite des résultats». «Des résultats encourageants», continue son partenaire français, Raymond Mudry, premier vice-président du Conseil général de Haute-Savoie. Les élus mettent en avant le succès des lignes de transports en commun transfrontalières mises en service ces dernières années. «Le surplus de déplacement a été absorbé en majorité par l’augmentation de l’offre de transports, se réjouit Michèle Künzler. On doit continuer dans ce sens-là.»

Les enseignements de cette étude

Les frontaliers prennent les transports publics lorsqu’ils existent. L’enquête menée sur la mobilité aux frontières vaudoises et françaises du canton de Genève révèle que la proportion de personnes utilisant ce mode de transport a augmenté de 48% en six ans.

Depuis 2005, la hausse des usagers des transports publics a été de 82% depuis la France et de 275% via Saint-Julien-en-Genevois grâce aux nouvelles lignes de bus, a souligné Raymond Mudry. Michèle Künzler, conseillère d’Etat chargée du Département de la mobilité, a salué le développement de la ligne ferroviaire depuis Bellegarde.

D’une manière générale, si les passages frontaliers ont augmenté de 20% en dix ans, tous modes de transports confondus, cette enquête montre que, depuis deux ans, la majorité des nouveaux venus utilisent les transports publics, a souligné Michèle Künzler.

Les trois quart des déplacements ont leur origine à moins de 15 kilomètres des frontières genevoises.

Les pistes des politiques

Pour y parvenir, la conseillère d’Etat compte sur les trois trams transfrontaliers devant relier Genève à Saint-Genis-Pouilly, Annemasse et Saint-Julien d’ici quatre à six ans. Et bien sûr, sur le CEVA «qui changera complètement la donne».

Afin de réduire le trafic, la ministre préconise aussi une vraie politique de stationnement.

L’étude souligne aussi que 56% des automobilistes arrivant de l’extérieur utilisent un stationnement gratuit. «Moins le parking est cher plus les gens se déplacent en voiture. Il faudrait changer les habitudes», suggère la ministre qui souhaite «une vraie politique de stationnement».

Pour elle, l’un des volets de cette politique passe par la construction de davantage de P+R à des endroits plus stratégiques. «Pour ce faire, il faut trouver les financements», rappelle Raymond Mudry. La ministre aimerait également encourager des initiatives comme le covoiturage. En effet, le rapport démontre que les voitures qui franchissent la frontière transportent en moyenne 1,27 personne et 1,21 personne aux heures de pointe.

L’enquête réalisée en 2011 porte sur 34 axes routiers entre la France et Genève ainsi qu’entre le canton de Vaud et celui de Genève, contre 23 en 2005. Elle couvre ainsi 98% des flux routiers entrant dans le canton. Le taux de retour des questionnaires distribués s’est élevé à 23%, contre 19% en 2005. Une campagne de comptages exhaustifs a eu lieu en parallèle.

Télécharger le support de la conférence de presse

(Avec La Tribune de Genève et AP).

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Quelles solutions de mobilité pour les villes moyennes en 2030 ?

Publié par ardsl le 15 novembre 2011

Une étude s’est projetée en 2030 dans les villes moyennes et a imaginé quelle mobilité pourrait leur convenir. Elles auront à faire face aux mêmes difficultés que les grandes agglos, mais leur taille leur permet de réagir plus rapidement à toute la problématique des déplacements.

Est-ce que les transports ne peuvent pas contribuer à faire évoluer l’urbanisme ? Cela fait plus de dix ans qu’on l’affirme : il faut cesser d’adapter les transports à un urbanisme par trop diffus. Mais, dans les faits, rien ou presque ne bouge. Et sachant que 60 à 70 % de la ville de 2050 sont déjà construits, c’est dès aujourd’hui qu’il faut faire les bons choix. Dans une étude prospective sur la mobilité dans les villes moyennes françaises à l’horizon 2030, Véronique Lamblin, directrice d’études chez Futuribles, et Marie-Hélène Massot, chercheuse au LVMT, tentent de montrer à quel point il est important de renverser cette tendance et de faire en sorte que services des transports et agences d’urbanisme travaillent main dans la main. Les alternatives à la mobilité automobile sont encore trop peu nombreuses ou peu structurées, ont-elles constaté.

Les études touchent le plus souvent les métropoles, mais quid du gros du bataillon des villes françaises ? L’étude Futuribles peut potentiellement intéresser les trois quarts des villes françaises, puisqu’en incluant Grenoble et Rennes dans son champ, les auteurs ont adapté la définition de la ville moyenne et au final exclu seulement les quinze plus grandes agglomérations de France. Ainsi, si la Fédération française des villes moyennes (FFVM) place le curseur à 100 000 habitants, pour l’Union européenne, le seuil maximal est entre 250000 et 300000 habitants, et pour l’Insee, la limite de la ville moyenne est à 300000. Avec des villes comptant jusqu’à 500000 habitants, Futuribles et l’Ifsttar ont donc adopté une définition haute. Une approche qui semble « un peu large » à Nicole Gibourdel, déléguée générale de la FFVM. « Cette étude nous a appris assez peu de chose“, déplore-t-elle. “Le fait que le rééquilibrage entre les transports en commun et la voiture est un challenge ou que les publics captifs ont plus tendance à emprunter les transports, on le savait déjà ! »

Elle souligne aussi que trois sujets de préoccupation majeurs des villes moyennes ne sont pas abordés : « La desserte des quartiers sensibles, l’amélioration des quartiers de gare, des solutions pour les déplacements professionnels, beaucoup d’entreprises se situant aux limites du territoire des agglomérations, elles sont exclues des dessertes collectives. Ces questions de limite géographique et d’intégration de leur hinterland proche trouveront peut-être des solutions dans les futurs pôles métropolitains… », espère Nicole Gibourdel. Pour autant, l’étude n’enfonce pas que des portes ouvertes ! « Elle remet en cause certaines idées reçues“, souligne Véronique Lamblin. “Par exemple, que la voiture peut devenir un transport public si elle est partagée, ou qu’instaurer des lignes virtuelles est plus rentable qu’une desserte régulière avec une fréquence à la demi-heure. »

Débutée en février 2010, la recherche s’est achevée en avril 2011, après cinq phases successives. La première a consisté à poser un diagnostic pour construire une typologie issue de l’approche sociale de la mobilité. On y note ainsi que le critère discriminant des revenus n’a pas d’influence directe sur la mobilité mais plus sur la localisation géographique des ménages. Dans une deuxième phase, les responsables ont réuni les douze souscripteurs pour discuter de la consistance d’une offre de mobilité « souhaitable et désirable ». Le recensement – avec l’aide d’experts extérieurs – de 47 expériences originales dans un cahier d’innovation a permis de passer ensuite à la phase 4 : la construction de scénarios, d’abord de contexte, c’est-à-dire de demande sur la base de dix variables (caractéristiques socioéconomiques et déterminant des politiques publiques locales comme le foncier, le logement…), puis de scénarios d’offres.

Pourquoi avoir scindé les choses ainsi ? « Parce que demande et offre n’évoluent pas au même rythme, la première est plus rapide que la seconde“, explique Véronique Lamblin. “Ensuite, parce que ce ne sont pas les mêmes acteurs : d’un côté, on a les ménages, de l’autre, les collectivités, les élus, qui donnent aussi les permis de construire… » Puis, « sur chaque variable, nous avons construit des hypothèses en nous inspirant notamment des innovations », poursuit la directrice d’études de Futuribles. Constat : « Les meilleures innovations sont plus souvent socioorganisationnelles que techniques », souligne-t-elle. La dernière phase a consisté à présenter les scénarios aux collectivités locales partenaires, les confronter à leur propre vison de la mobilité dans leur ville dans vingt ans. Pas de réaction de rejet, même si les logiques sont parfois poussées un peu loin. « On a fait les choix avec eux pour qu’ils puissent se les approprier », dit Véronique Lamblin. L’étude est d’ailleurs en ligne gratuitement, à la disposition de toutes les Aotu intéressées.

Si le scénario 1 est le moins volontariste, il est aussi économe en deniers publics, ce qui n’est pas rien par les temps qui courent. Le 4e prend le parti de tout faire payer à l’automobile par une forme de péage transposé à la ville moyenne. « En Hollande, ces boîtiers mouchards sont à l’étude pour faire payer la TIPP en fonction des déplacements réels, avec des tarifs modulables : schématiquement, plus chers en ville aux heures d’affluence que la nuit à la campagne », explique-t-elle. L’invention d’une « méta-autorité » est peut-être l’une des idées les plus originales de l’étude. « Un opérateur public ou privé, qui peut-être constitué de la réunion de l’AO et de son transporteur, dont l’utilité est de récupérer l’information de mobilité en provenance de tous les capteurs et de la redistribuer. » Chaque schéma proposé dans le rapport s’appliquera plus ou moins bien à une agglo donnée en fonction de sa maîtrise de l’étalement urbain. Et qu’on le veuille ou non, on en revient toujours à la même problématique : « Le nœud gordien, c’est où densifier ? Où ne pas construire ? Sans coordination sur le foncier, on va droit dans le mur. » Qui réussira à le trancher ?

Quatre scénarios pour maîtriser la mobilité et les émissions de polluants

Objectifs : améliorer l’accès, maîtriser les dépenses publiques et les émissions de CO2. En combinant les hypothèses établies sur les cinq variables clés de la politique de transport – à savoir : la conception de l’offre, les infrastructures, les services interurbains, les services de l’aire urbaine et la régulation du trafic – les auteurs ont élaboré quatre scénarios. A noter que chacun des scénarios prévoit l’instauration d’une tarification solidaire des transports en commun, c’est-à-dire en fonction des revenus et non plus d’un statut (jeune, retraité, étudiant, etc.).

1. La fluidification du trafic par la régulation

Prenant en compte les contraintes financières des collectivités locales, ce scénario prévoit de rationaliser l’offre des transports urbains et interurbains en ne conservant que les lignes structurantes des réseaux, tout en favorisant les modes doux et en régulant l’usage de la voiture thermique (zones 30, parkings équipés de capteurs…). Il s’agit principalement de mieux maîtriser les revenus issus de l’automobile et de fluidifier le trafic en utilisant les systèmes d’information à la mobilité (itinéraires, places de stationnement disponibles) en instaurant une « tarification plus automatisée des parkings et des infractions d’usage (amendes) », précisent les auteurs. Petit inconvénient : pénaliser davantage qu’aujourd’hui le périurbain puisque l’offre TC est sensiblement réduite.

2. Une politique volontariste de transports en commun

C’est grosso modo ce qui a été appliqué durant ces vingt dernières années : la voirie est aménagée de façon à privilégier les transports en commun (TC), la marche et le vélo. Vers 2020, la ville dense est réservée aux véhicules « zéro émission » et au transport public. En contrepartie de cette restriction, ce dernier est renforcé : davantage de lignes, de fréquences, de transport à la demande. De plus, des véhicules propres sont proposés en système partagé. La tarification solidaire est intégrée à un passe multiservice, incluant des services municipaux notamment. Point important : une émanation de l’AO, dénommée « méta-autorité » est créée. Son rôle ? « Gérer en temps réel l’information sur tous les flux de transport et sur le stationnement. Elle peut intervenir en temps réel sur l’offre des opérateurs ou la signalisation en cas de problème », est-il expliqué.

3. Miser sur les investissements et la technologie pour donner la priorité à l’environnement

Plutôt que de renforcer des TC structurellement sous-utilisés, les AO investissent prioritairement dans des services de véhicules partagés dont l’avantage est d’être accessibles 24h/24, financés en partenariat public-privé. Des capteurs sont noyés un peu partout dans la chaussée, permettant une fine régulation de la circulation, les limitations de vitesse sont abaissées et la ville dense interdite aux véhicules polluants. Comme dans le scénario 2, une méta-autorité est instaurée, qui mettra de plus toutes ses données en accès libre de façon à permettre à des opérateurs publics ou privés ainsi qu’aux citoyens de proposer des améliorations de l’offre, des nouveaux services. « Ce scénario implique des investissements importants, précisent les auteurs. Mais à terme, les coûts de fonctionnement sont moindres que dans le scénario 2, puisque les véhicules partagés sont conduits par l’usager. » Ce sont en effet les salaires des conducteurs qui pèsent le plus lourd dans la facture TC. Afin de rendre le service de voitures en libre service accessible à tous, il est bon de prévoir un lot de véhicules qui se conduisent sans permis. Un passe multiservice urbain complète le tout.

4. Développement durable avec recentrage sur l’aire urbaine

C’est le scénario le plus futuriste et le plus volontariste. Il repose sur une adaptation du principe du péage urbain, les ressources récoltées payant directement les nouvelles infrastructures de transport. A l’instar des boîtiers mouchards équipant les camions, un boîtier émetteur-enregistreur deviendrait obligatoire pour circuler en voiture en ville ! Son utilité ? Pouvoir faire payer l’automobiliste en fonction de son utilisation de la voirie. Le montant du péage serait en effet « fonction des externalités générées par le véhicule : heures de congestion, pollution, véhicule partagé ou non… », expliquent les chercheuses. Les voitures partagées zéro émission bénéficieraient par exemple d’un tarif réduit important sur le montant du péage. « Le boîtier n’a rien de nouveau, nous proposons juste d’en faire une utilisation différente“, explique Véronique Lamblin de Futuribles. “Tous les constructeurs s’en servent pour réaliser les tests sur leurs véhicules. Il est aussi présent avec une géolocalisation dans la plupart des véhicules de location. » Conclusion : pas d’interdiction de circuler dans cette hypothèse, mais une tarification solidaire incluant tous les modes de transports, dont la voiture particulière. Ce modèle reste coûteux, même si la voiture privée finance le transport public…

Marie-Hélène Massot, directrice adjointe du Laboratoire ville, mobilité et transport de l’Ifsttar « Les innovations sont plus vives que dans les grandes métropoles »

Qu’est-ce qui a motivé le lancement de cette étude ?

Marie-Hélène Massot : L’idée de travailler sur des villes de taille moyenne, sur lesquelles très peu d’études existent. D’analyser comment, pour organiser la mobilité, elles se mettent en satellite de grandes métropoles ou bien restent isolées, et de voir comment on constitue une empreinte régionale avec ce tissu de villes moyennes. Au départ, l’étude ne comprenait pas d’agglomérations de 500000 habitants. Inclure Rennes et Grenoble a toutefois permis de comparer les fonctionnements institutionnels selon la taille des agglos : les plus grosses rencontrent plus souvent des blocages institutionnels.

Quels principaux enseignements en tirez-vous ?

M.-H. M. : Les innovations, qu’elles soient organisationnelles ou techniques, sont plus vives dans ces terroirs que dans les grandes métropoles, car justement les marges de manœuvres politiques et sociales sont plus larges. Quand une volonté d’agir existe dans une ville moyenne, on se met tout de suite autour de la table et l’idée aboutit vite. Ce sont des territoires à construire plus que des territoires très constitués. Un exemple : Chambéry et Aix-les-Bains, distantes d’une vingtaine de kilomètres, ont des plans de déplacements urbains interpénétrés. Bref, l’innovation provient davantage des villes moyennes, sous condition toutefois qu’elles soient en croissance économique. C’est quand même la croissance qui conditionne le tout. Cependant, même avec des moyens financiers limités, il est possible de mener des politiques originales.

Est-ce que l’un des 4 scénarios d’offres envisagés dans votre étude serait à privilégier dans les villes moyennes ?

M.-H. M. : C’est la « loi » des scénarios que d’être des images figées. Aucune ville susceptible d’être intéressée par l’étude ne se retrouvera complètement dans un seul scénario, mais chacune d’entre elles pourra tirer quelques éléments de l’un ou de plusieurs scénarios : des choses adaptées à sa configuration géographique, son contexte social, son urbanisme… Il y a de toute façon des services innovants à répliquer. Par exemple, une desserte du périurbain par des services malins comme un transport à la demande mis en place en mutualisant le matériel, en l’occurrence les autocars ou minibus scolaires. De plus, la congestion n’est pas présente partout. Dans les villes moyennes, une « ville sans voitures » n’est souvent pas possible car il n’y a aucun problème de stationnement. D’ailleurs, même dans les métropoles, le péage urbain, on en discute entre experts, mais on n’en parle pas en termes politiques…

Carte d’identité de l’étude

L’étude « Prospective de la mobilité dans les villes moyennes françaises » a été initiée par le groupe Futuribles, association internationale de prospective assurant veille, formation, études et recherches en souscription sur des problématiques économiques, sociales, environnementales… Futuribles est aussi une revue mensuelle de prospective. Enfin, le groupe propose une activité de conseil aux entreprises ou organismes publics. Cette étude a été codirigée par Véronique Lamblin, directrice d’études prospectives chez Futuribles depuis dix ans – elle avait auparavant travaillé treize ans chez Renault, notamment à la direction de la stratégie –, et Marie-Hélène Massot, docteur en économie des transports et spécialiste de la socioéconomie des transports et de la mobilité urbaine. Directrice adjointe du Laboratoire ville, mobilité et transport (LVMT) de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar) et directrice de recherche, elle anime le programme de recherches « Mobilités et métropolisation » mené par quelque 20 chercheurs. Les douze partenaires et souscripteurs (collectivités locales, entreprises…) de cette étude sont : l’Ademe, l’Agence d’urbanisme de Rennes (Audiar), la communauté urbaine Dunkerque Grand Littoral, l’institut Eifer (European Institute for Energy Research, laboratoire commun entre EDF et l’université de Karlsruhe), France Incendie, la communauté d’agglomération du Pays de Vannes, la Maïf, le conseil général du Morbihan, la région Rhône-Alpes, le SMTC de Grenoble, l’Agence d’urbanisme de Lorient (Audelor), le groupe PSA Peugeot Citroën.

(Source : Ville, Rail & Transport).

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La LGV Rhin – Rhône, une nouvelle donne en Franche-Comté ?

Publié par ardsl le 8 novembre 2011

Les cent quarante premiers kilomètres de la branche est de la LGV Rhin – Rhône s’apprêtent à prendre leur place dans la circulation ferroviaire. Cent quarante kilomètres favorisant les communications nord – sud en Europe, et l’accessibilité des villes de l’espace Rhin – Rhône entre elles, vers les métropoles du sillon rhéno-rhodanien et vers Paris. L’Université de Franche-Comté publie une étude approfondie sur les enjeux de la LGV.

La LGV pose de nouveaux jalons sur le territoire comtois, et autant de questions quant à son impact sur le développement local. Des pistes suivies par le laboratoire ThéMA des universités de Bourgogne et de Franche-Comté grâce à un observatoire spécialement conçu à cet effet.

À l’échelle d’un aussi petit territoire que la région comtoise, la projection de modèles de cartographie pour comprendre une situation ou imaginer des scénarios de développement montre très vite ses limites. L’analyse se doit d’être plus fine que la mise en relation de différents paramètres par la superposition de cartes.

L’observatoire du laboratoire ThéMA est conçu pour apporter des réponses au plus près de la réalité de terrain. Il s’attache à évaluer les impacts de la LGV dans la région comtoise par le biais d’enquêtes qualitatives menées auprès des usagers et des acteurs du développement territorial, de l’exploitation de bases de données existantes ou constituées par des travaux de recherche propres, et de mesures spécifiques.

Gain de temps : 8 minutes ou 1h12…

La mise au point d’outils de mesure permettra de calculer le temps global réel de transport entre deux villes : cette réflexion prend toute son importance pour les trajets ayant pour terminus des gares construites en périphérie des villes, en l’occurrence Auxon Dessous pour Besançon et Méroux-Moval pour Belfort. Elle tient compte du trajet gare / centre-ville, effectué par transports collectifs ou en automobile, et de l’incidence des données de trafic routier (majorations de temps aux heures de pointe). Il est d’ores et déjà possible d’estimer le meilleur moment pour voyager, en termes de temps, à l’intérieur d’une journée.

Ces analyses démontrent que les gains de temps, indiscutables, obtenus grâce à la grande vitesse, ne sauraient être un critère suffisant pour juger une situation. Les chercheurs illustrent ce postulat par un exemple à la fois explicite et étonnant : entre Besançon et Strasbourg, le gain de temps obtenu grâce à la LGV en 2012 par rapport à 2010 est estimé varier de 8 min à… 1h12 ! Une telle amplitude s’explique selon que l’on prend en compte ou non le temps nécessaire en 2012 pour rejoindre la nouvelle gare TGV depuis Besançon, et si l’on se réfère au temps de trajet le meilleur ou le moins bon entre les deux villes en 2010 ou en 2012. Les scénarios demanderont donc à être évalués sinon au cas par cas, au moins autrement que dans une globalité trompeuse, pour pouvoir connaître les possibilités de la LGV et, par là même, mieux interpréter les modifications à venir dans les habitudes des Francs-Comtois. L’intérêt de la LGV Rhin – Rhône ne réside pas dans un abaissement puissant des temps de parcours (le gain entre Besançon et Paris est réel mais n’est pas spectaculaire), mais dans une mise en réseau effective de relations ferroviaires qui démultiplient les possibilités de déplacement par le train sur des destinations où, avant le TGV Rhin – Rhône, celles-ci étaient fortement concurrencées par l’emploi de l’automobile (Besançon – Lyon par exemple).

La mobilité ferroviaire en examen

À la base de futures comparaisons, une enquête réalisée dans les gares de l’espace Rhin – Rhône auprès de 3 545 voyageurs dresse un état des lieux actuel de leur mobilité. Il met en avant l’importance des déplacements intérieurs à ce territoire, atteignant 61 % des flux. Cependant, 38 % des trajets sont effectués sur le reste de la France et sans surprise en majorité en direction de Paris (20 %), puis de Strasbourg (6 %) et de Lyon (4 %). Le 1 % restant concerne les destinations au-delà des frontières de l’hexagone.

Au sein de l’espace Rhin – Rhône, les flux de voyageurs suivent deux axes principaux. Le premier est formé des gares de Dijon, Dole, Besançon, Montbéliard et Belfort, le second s’établit entre Colmar, Mulhouse, Saint-Louis et Bâle. De nouvelles enquêtes sont programmées après la mise en place de la LGV pour étudier les éventuels changements de mobilité ferroviaire.

Du dynamisme pour les territoires ?

La perspective de l’arrivée de la grande vitesse a-t-elle un impact sur la vie du territoire ? Les décisions prises par les acteurs économiques et politiques en sont-elles influencées ?

Des entretiens menés en Franche-Comté auprès des communautés d’agglomération, pays et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) ont recensé plus de six cents projets. Ceux ayant trait aux transports, à la mobilité et à l’accessibilité révèlent naturellement un lien fort avec l’arrivée du TGV. À Besançon, les liaisons ferroviaires entre la gare du centre-ville et la nouvelle gare TGV, ainsi que les connexions au futur tramway constituent des dossiers d’importance.

Le désenclavement du territoire constitue pour le Nord Franche-Comté un enjeu majeur de l’arrivée du TGV. Sur les deux sites, la reconversion du quartier de la gare historique, tout comme les perspectives d’aménagement des espaces créés autour des nouvelles gares, sont aussi des points essentiels.

Les autres projets, initiés dans des domaines comme le développement économique, l’environnement, la culture et les loisirs et curieusement, même le tourisme, ne semblent que très peu prendre en compte les apports de la grande vitesse.

Enseignant-chercheur à ThéMA, Pascal Bérion en conclut que « les acteurs font preuve de pragmatisme et de prudence. Le TGV est un outil de transport, ce n’est pas lui qui crée le dynamisme du territoire… Mais c’est sur lui que s’appuiera le dynamisme existant. »

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39% des habitants du Genevois français ont un emploi en Suisse

Publié par ardsl le 21 octobre 2011

La distance moyenne parcourue par l’ensemble des actifs de Rhône-Alpes atteint désormais 11 km. La Maurienne compte 40 000 habitants et 18 000 emplois. La métropole lyonnaise compte 1 680 000 habitants et 720 000 emplois .

Au sein d’une zone donnée, la cohérence entre la population et l’emploi peut être caractérisée par le taux de stables, c’est-à-dire le taux d’actifs travaillant dans la zone où ils résident. C’est dans la zone d’emploi  de Grenoble que le taux de stables est le plus élevé, atteignant 94% des actifs. Dans les grandes zones d’emploi de Lyon et de Saint-Étienne, ainsi que dans celles qui sont trop isolées pour permettre d’importants échanges quotidiens avec l’extérieur (Maurienne, Tarentaise), ce taux est également très élevé, supérieur à 90%.

Il est un peu plus faible, quoique supérieur à 80%, dans les zones d’emploi de villes moyennes (Valence, Roanne, Annecy, Chambéry, Bourg-en-Bresse, Mâcon) et dans celles bordées de territoires peu attractifs en termes d’emplois (Oyonnax, Aubenas).

En revanche, ce taux est plus faible (de 70 à 80%) dans les zones d’Annonay, de la Vallée de l’Arve, de Romans-sur- Isère ou du Chablais, zones de moindre taille à proximité d’espaces offrant beaucoup plus d’emplois (Genève pour la Vallée de l’Arve et le Chablais, Vienne-Roussillon et Lyon pour Annonay, Valence pour Romans-sur-Isère). Dans les zones entourant Lyon, le taux de stables ne dépasse pas les 70%.

Enfin, il n’est que de 50% dans la zone du Genevois Français, laquelle ne comprend pas la ville-centre de Genève, située en Suisse et principal pôle d’emploi de cet espace transfrontalier.

Les échanges entre les différentes zones sont, d’une manière générale, plutôt équilibrés, même si quelques déséquilibres méritent d’être signalés. Ainsi, la zone d’emploi reçoit, de la part des zones alentour, plus d’actifs qu’elle n’en envoie, sauf de la part des zones du Chablais, de la Tarentaise et de la Maurienne, probablement en raison des emplois saisonniers liés au tourisme d’hiver. À l’inverse, dans les zones d’Aubenas et d’Annonay, les actifs sortants sont plus nombreux que les entrants, et ce pour toutes les zones avec lesquelles les flux sont significatifs. Ces observations permettent la distinction entre des zones plutôt pôles d’emploi et des zones plutôt résidentielles.

Les principaux échanges entre zones de Rhône-Alpes :

  • 39% des habitants du Genevois français travaille en Suisse. Cela représente plus de 64 000 personnes.
  • 30% des résidents du secteur de Villefranche-sur-Saône ont un emploi dans la métropole lyonnaise. Cela représente plus de 31 000 personnes.
  • 27% des habitants du secteur d’Ambérieu-en-Bugey travaille dans la métropole lyonnaise. Cela représente près de 11 000 personnes.
  • 25% des résidents de l’agglomération de Bourgoin ont un emploi dans la métropole lyonnaise. Soit plus de 22 000 personnes.
  • 22% des habitants des agglomérations de Vienne et du Péage-de-Roussillon travaille dans la métropole lyonnaise. Soit plus de 19 000 personnes.
  • 20% des résidents de l’agglomération de Romans ont un emploi sur l’agglomération de Valence. Soit plus de 6 000 personnes.
  • 15% des habitants du Chablais travaille en Suisse. Soit plus de 6 000 personnes.
  • 14% des résidents du secteur d’Annonay ont emploi dans les agglomérations de Vienne ou du Péage-de-Roussillon. Soit plus de 2 900 personnes.
  • 12% des habitants de la vallée de l’Arve travaille dans le Genevois français. Soit plus de 3 300 personnes.
  • 11% des habitants de l’agglomération de Montélimar ont un emploi dans le Vaucluse. Soit plus 7 000 personnes.
  • 6% des habitants du Stephanois travaille dans la métropole lyonnaise. Soit plus de 14 100 personnes.
Les réseaux de transports publics ne sont pas toujours adaptés à ces migrations pendulaires. Les habitants de la métropole lyonnaise bénéficie d’un réseau de transport collectif très important. Ce n’est pas le cas des résidents du Genevois français.
(Données issues d’une étude l’INSEE d’octobre 2011).

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