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Jean-Jack Queyranne : “le CEVA est un projet qui intéresse la deuxième agglomération de Rhône-Alpes et toute la Haute-Savoie”

Publié par ardsl le 23 mai 2012

Jean-Jack Queyranne à Genève le 15 novembre 2011 lors de l’inauguration des travaux du CEVA. Photo : Joël Grandcollot.

Selon le président de la région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne, le CEVA (Cornavin Eaux-Vives Annemasse) symbolise l’avenir du Grand Genève. Le président de la région Rhône-Alpes regrette les querelles politiques locales autour du projet du CEVA.

Pourquoi le CEVA est-il, à vos yeux, un projet majeur ?

« Le CEVA établit des liens entre les différentes composantes de cette agglomération. Cette agglomération est aujourd’hui fortement marquée par les phénomènes transfrontaliers et ce qu’ils génèrent en matière de difficultés de transport, de pollution et d’encombrement.

Aujourd’hui, le CEVA s’impose comme étant un moyen de transport moderne… même s’il a été imaginé il y a déjà cent ans ! Le CEVA a fait l’objet d’un engagement de la Région dès 2004 : il a été voté à l’unanimité et a toujours été confirmé depuis. Il nous semblait en effet indispensable qu’il y ait une sorte de RER entre Annemasse et Cornavin pour mettre fin à cette absurdité qui voulait que les trains passent par Bellegarde pour revenir à Annemasse.

Mais par ailleurs, ce CEVA permettra d’irriguer toute la Haute-Savoie avec cette étoile annemassienne à quatre branches permettant d’aller sur Évian, sur la vallée de l’Arve, Annecy et Bellegarde. C’est aussi pour cela que la Région s’est engagée, puisqu’au-delà du financement des travaux du parcours, nous investissons dans 19 rames d’un montant total de 150 millions d’euros, auquel s’ajoutera le déficit d’exploitation. »

Le financement du projet (côté français) est subitement passé de 244 à 231 millions d’euros. Sur quoi rogne-t-on ?

« Du côté de RFF, l’estimation faite avait été généreuse (en euros valeur 2017) ; celle-ci a été revue à la baisse. Par ailleurs, quelques aspects techniques ont permis de revoir la facture à la baisse d’une dizaine de millions d’euros. »

Le dossier s’est extrêmement politisé en Haute-Savoie, créant une sorte de scission entre les intérêts du nord et du sud du département : comprenez-vous les crispations nées autour de ce projet ?

« Non, je ne les comprends pas. Le CEVA est un projet qui intéresse la deuxième agglomération de Rhône-Alpes et toute la Haute-Savoie. En même temps, et cela a été un des éléments de la discussion sur le financement, les fonds frontaliers ont aussi une utilité pour soutenir les projets d’investissement. Concernant des projets d’investissement de cette nature-là, il semble parfaitement légitime que ces fonds les financent afin d’améliorer la vie quotidienne. »

Rappelez-nous comment s’est bouclé le financement de la partie française…

« 45 millions d’euros pour l’État, 55M€ pour la Région, 55M€ pour le Conseil général, un peu plus de 28M€ pour les collectivités locales (dont le Syndicat d’aménagement du Chablais, pour 5,25 M€), 35 M€ pour RFF et enfin 12 M€ pour la Confédération helvétique (via les CFF). »

Pourquoi les CFF abondent-ils à hauteur de 12 M€ ?

La puissance électrique n’est pas la même entre le réseau suisse et le réseau français : un système de conversion de puissance électrique doit être mis en place ; les Suisses ont accepté de le prendre en charge.

Comment se fait-il que la Suisse puisse débloquer plus d’un milliard de francs en un temps record et que plusieurs années soient nécessaires côté français pour trouver 230 millions d’euros ?

« Côté français ce sont certes deux kilomètres, mais auxquels s’ajoute la gare d’Annemasse. Or, au départ, on avait surtout parlé de l’infrastructure ferroviaire sans voir les effets sur la gare d’Annemasse. Nous avons par ailleurs travaillé pour maintenir la circulation des trains de fret (Eaux d’Évian notamment) impliquant des aménagements importants. La Région s’est fortement engagée mais il a fallu obtenir le soutien de l’État qui, au départ, ne voyait ce CEVA que comme une simple liaison locale. Il a fallu convaincre que c’était bien plus que cela pour obtenir un financement significatif. Dans un contexte de restriction des finances publiques, il a donc fallu négocier, arbitrer, discuter pour obtenir ces crédits. Je pense que l’arrivée de la Région dans ces discussions (nous sommes entrés dans le CRFG (Comité régional franco-genevois) en 2004) a été un élément déterminant dans cette réussite parce que nous ne sommes plus restés dans une vision “localiste”, étroite, faite de petits intérêts locaux. »

Justement, le CEVA est-il le symbole de ce projet d’agglomération franco-valdo-genevois dont la seconde mouture sera signée fin juin ?

« Oui c’est un des liens essentiels. Il y en aura d’autres à développer, je pense par exemple pour le Pays de Gex au prolongement du tram qui arrive au rond-point du CERN. Mais oui, le symbole du CEVA est fort. On ne pouvait pas imaginer un projet d’agglomération sans progrès en matière de transport. »

Le projet sera opérationnel sur le Chablais pour 2017

Le CEVA (Cornavin-Eaux Vives-Annemasse) ne se résume pas à un simple RER genevois. Les trains irrigueront toute la région, jusqu’à Évian-les-Bains notamment.

Le CEVA doit entrer en fonction en décembre 2017. Le Chablais bénéficiera d’une cadence horaire et même à la demie-heure en période de pointe. Les temps de parcours pour se rendre à Cornavin seront significativement améliorés.

Enfin, Jean-Jack Queyranne « ne comprend pas » la polémique lancée par Astrid-Baud Roche (lire).

(Avec Le Messager).

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Les fonds frontaliers devraient financer le CEVA selon Christian Dupessey

Publié par ardsl le 18 avril 2012

Le 29 mars, le tribunal fédéral suisse a rejeté les quatre derniers recours contre le projet de liaison ferroviaire Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse (lire). Maintenant tous les regards se tournent vers la France qui n’a toujours pas bouclé le financement concernant sa partie. Interview de Christian Dupessey, président du comité français pro CEVA. Christian Dupessey est également maire PS d’Annemasse et conseiller régional.

Combien de temps faudra-t-il attendre encore ?

Avec le président de la Région et celui du Conseil général, nous avons souhaité mettre rapidement tous les financeurs autour d’une table. Cette réunion devrait avoir lieu avant la fin avril. Cela serait un signe positif fort si nous pouvons boucler ce budget avant la signature du deuxième projet d’agglomération franco-valdo-genevois qui aura lieu le 27 juin. Il faut que l’on passe des engagements verbaux à la concrétisation.

On parle de cette concrétisation depuis longtemps : pourquoi est-ce aussi long ?

Les Suisses ont été plus rapides pour débloquer l’argent nécessaire… Côté français il y a eu quelques freins dont certains étaient politiques et au plus haut niveau… On a connu un grand progrès en novembre dernier lorsque Jean-Jack Queyranne a pu annoncer que toutes les collectivités locales s’engageaient dans le financement du CEVA. À partir de là, on a beaucoup progressé. Il reste à savoir qui financera les 30 à 33 millions d’euros manquants. La politique de fonds d’infrastructures prélevés sur les fonds frontaliers par le Conseil général devrait y trouver sa concrétisation.

L’épisode des recours est terminé alors qu’il y en a eu une soixantaine de déposés. Avez-vous eu des doutes sur l’avenir du CEVA ?

J’ai eu des doutes mais mes craintes portaient plutôt sur le retard du projet. Sur sa réalisation, il y a eu tellement d’arguments, d’engagements en particulier côté suisse, pour que l’on puisse être à chaque moment optimiste. La votation de l’année dernière a été un moment extrêmement fort. À partir de l’instant où la population genevoise disait “oui” au CEVA et de façon massive, on savait que l’on y arriverait. Aujourd’hui la balle est du côté français, on ne peut plus tergiverser, il faut que l’on signe cette convention de financement dans les semaines qui viennent.

Les frontaliers sont régulièrement montrés du doigt à Genève : un projet franco-suisse comme le CEVA changera-t-il cet état d’esprit ?

Un des éléments qui a pu créer des incompréhensions c’est le “A” de CEVA : on a longtemps cru qu’il s’agirait d’un RER entre Cornavin et Annemasse. Je préfère parler d’étoile ferroviaire de la Haute-Savoie du Nord. Les rames, qui vont bientôt être achetées, vont aller jusqu’à Évian, Saint-Gervais ou Annecy. Quand on crée une infrastructure qui a pour rôle de relier les gens, on crée aussi du lien social. Ceux qui cherchent des boucs émissaires seront affaiblis par la réalisation du CEVA. Ils le savent et c’est pour cela qu’ils étaient contre.

(Avec Le Messager).

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La Région Rhône-Alpes rejette son schéma climat air énergie

Publié par ardsl le 30 mars 2012

L’assemblée plénière du Conseil régional Rhône-Alpes a rejeté vendredi 30 mars son schéma régional climat air énergie (SRCAE).

Dans le cadre des lois d’application du grenelle de l’Environnement, les Conseils régionaux sont contraints d’adopter des schémas régionaux climat air énergie. Ils sont élaborés pour les services techniques des Régions et les DREAL.

Ils comportent un volet de mesures sur les transports pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

En Rhône-Alpes, le SCRAE a été rejeté par EÉLV, le Front de Gauche, l’UDC et le FN. Seuls le PS (lire le point de vue exprimé par le groupe socialiste) et le PRG ont voté pour.

EÉLV a dénoncé un texte très insuffisant en évoquant “un schéma en dessous des objectifs de Kyoto“. Les élus écologistes à la Région avaient pourtant participé aux réunions et contribué à l’amendement du schéma, par le truchement du vice-président en charge de l’énergie et du climat Benoit Leclair. Pendant une année, les services de l’État et la Région avaient donc travaillé main dans la main.

Au début de la séance, EÉLV a déposé une motion d’ordre pour faire reporter le vote. La motion a été repoussée. Puis Benoît Leclair a présenté le SRCAE en émettant des réserves.  Mais le vice-président a suscité un tollé en annonçant qu’il ne voterait pas un texte qui n’allait pas assez loin sur les questions environnementales. Une situation ubuesque pour de nombreux conseillers car Leclair a largement contribué au contenu du SRCAE. Sentant le vent tourner, le président de la Région Jean-Jack Queyranne a rappelé au sens des responsabilités les élus de sa majorité, EÉLV en particulier, demandant à l’ensemble des conseillers de choisir la concorde en votant un document certes imparfait, mais ajustable à l’usage.

La tension s’est un peu plus cristallisée au moment des prises de paroles. La position ambigüe des élus EÉLV a fait jaser parmi les conseillers. Fabrice Marchiol pour le groupe UDC a déclaré : “quand on est dans un exécutif, on se soumet ou on se démet“. Jérôme Safar (PS), lui, a rappelé aux élus EÉLV “leur devoir auprès de la majorité“.

Le vote a été un fiasco car seuls le groupe socialiste et les radicaux de gauche se sont exprimés en la faveur du SRCAE, qui n’a pas été adopté. Les Verts ont voté contre, tout comme l’UMP, le Front de Gauche et le FN . Certains conseillers régionaux de la majorité ont parlé “d’humilitation” pour Jean-Jack Queyranne, mis en minorité par sa majorité, après la volte-face des élus EÉLV. Certains ont également demandé au président de la Région de démettre Benoît Leclair de sa délégation et de sa vice-présidence.

Croisé dans les couloirs de l’Hôtel du Département, le préfet du Rhône, Jean-François Carenco a déclaré : “je ne dis rien mais sachez que je n’en pense pas moins“.

(Avec lyonmag.com).

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Défaite sans appel des opposants au CEVA !

Publié par ardsl le 29 mars 2012

Le lancement des travaux du CEVA s'est déroulé le 15 novembre 2011 devant une locomotive de 1912 et une autre de 2011. (Photo : Joël Grandcollot).

Le Tribunal fédéral a rejeté jeudi 29 mars 2012 les quatre ultimes recours contre la future liaison ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse.

Le Tribunal fédéral (TF) a rejeté les quatre derniers recours contre CEVA. La plus haute instance juridique suisse a ainsi levé les dernières restrictions bloquant encore partiellement le démarrage du chantier de la future liaison ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse. Elles empêchaient notamment le percement du tunnel de Champel.

Les recours émanaient tous de propriétaires ou de locataires d’immeubles situés à la hauteur de ce tunnel et de la halte de Champel. Les autres tronçons de la future ligne n’étaient plus remis en cause.

Avec cette décision du TF, le projet CEVA bénéficie enfin d’une autorisation de construire en force sans plus aucune restriction.

«Le Conseil d’État salue cette décision du Tribunal fédéral qu’il attendait avec impatience, comme 61,2% des Genevois qui avaient soutenu le projet le 29 novembre 2009. La justice a explicitement constaté que les mesures de protection prévues et les charges imposées aux maîtres d’ouvrage protégeront les riverains de manière adéquate et suffisante. Nous allons enfin pouvoir consacrer toutes nos forces et nos ressources à la construction à proprement parler de cet ouvrage structurant pour notre agglomération et dont nous avons tant besoin», s’est réjouit François Longchamp, conseiller d’État chargé du département des constructions et des technologies de l’information.

Clause contestée

En dernière instance, le TF a confirmé la décision d’approbation des plans prise par l’Office fédéral des transports (OFT) en 2008 ainsi que l’une de ses clauses les plus contestées. Celle-ci prévoit que les mesurages dans les ouvrages souterrains et les immeubles concernés ne seront effectués qu’une fois le gros-oeuvre achevé.

Des pronostics précis en matière de propagation de vibrations et de génération du son solidien, soit le grondement sourd provoqué par le passage des trains, sont «extrêmement difficiles et sujet à des imprécisions relativement importantes en raison de la nature géologique du sol», a souligné le TF.

Pour déterminer l’ampleur des immiscions éventuelles, la méthode consistant à procéder à des mesurages sur le site, une fois le gros-oeuvre achevé, est adéquate, poursuit le TF.

Dalles flottantes

Il ressort des rapports d’expertise que les valeurs préconisées par les normes applicables seront très probablement respectées avec un système de dalles flottantes. Selon le TF, «les mesures de protection prévues et les charges imposées aux maîtres d’ouvrage protégeront les riverains de manière adéquate et suffisante contre les vibrations et le bruit solidien.» Il appartiendra par conséquent à l’OFT de définir la nature exacte des protections à poser, une fois les mesurages effectués, ajoute la haute instance.

En décembre dernier, avant de rendre son verdict définitif, le TF avait provisoirement interdit l’abattage d’arbres au Val d’Arve, là où devrait être aménagé le portail du futur tunnel de Champel.

Premier coup de pioche le 15 novembre 2011

Ces mesures n’avaient pas empêché le démarrage du chantier. Le premier coup de pioche avait été donné le 15 novembre 2011 (lire notre article sur cet événement). La conseillère fédérale Doris Leuthard, (cheffe du Département fédéral des transports), le président de la Région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne et le président du Conseil général de la Haute-Savoie Christian Monteil avaient participé à la cérémonie.

«Après le Tribunal administratif fédéral et l’Office fédéral des transports, le Tribunal fédéral confirme à son tour la conformité du dossier d’approbation des plans déposé en 2006. Cela souligne la qualité du travail accompli pour concrétiser ce projet ferroviaire capital pour la région franco-valdo-genevoise», s’est félicité Philippe Gauderon, chef Infrastructure, CFF SA.

Devisé à 1,5 milliard de francs pour le tronçon qui sera construit sur sol suisse et à 240 millions d’euros pour les deux kilomètres qui seront aménagés sur sol français, le CEVA devrait être inauguré en décembre 2017 (voir les calendriers des travaux sur Suisse et sur France). Il sera la colonne vertébrale du futur réseau RER, qui rayonnera à partir de Genève jusqu’en Haute-Savoie et dans le canton de Vaud. Long de 13,7 km, le tracé du CEVA avait suscité pas moins d’une soixantaine d’oppositions.

(Avec tdg.ch).

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Pôle métropolitain : Collomb rassure Queyranne

Publié par ardsl le 14 février 2012

La région urbaine de Lyon est bientôt morte, vive le pôle métropolitain ! Lundi 13 février, les élus communautaires du Grand Lyon ont reconduit la subvention accordée à la région urbaine de Lyon (RUL) de 127 125 euros. Cette structure intercommunale ne devrait cependant pas passer l’année, et cette somme sera proratisée en fonction de la date de disparition de la RUL. Car en avril, le préfet devrait signer l’arrêté instaurant le pôle métropolitain.

Alors que plusieurs élus ont souligné les réserves exprimées par la Région (lire), le président de l’agglomération Gérard Collomb s’est voulu rassurant. “Les régions exercent pleinement leur rôle“, a-t-il affirmé, ajoutant à propos du syndicat de transport adossé au pôle que “nous sommes prêts à ce que le patron de la Région ait un rôle central dans le syndicat“. Il a indiqué que Roanne et Bourg-en-Bresse étaient intéressées pour se rapprocher du pôle. Max Vincent (centristes et démocrates) a plaidé pour l’instauration d’une tarification unique entre les TER et le SYTRAL à l’intérieur du périmètre du pôle.

(Source : lyoncapitale.fr).

 

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Le pôle métropolitain de Lyon n’emballe pas la Région Rhône-Alpes

Publié par ardsl le 11 février 2012

L’Assemblée plénière de la Région Rhône-Alpes a planché vendredi 10 février sur le projet de création d’un syndicat mixte pour les transports, à l’initiative du pôle métropolitain créé par le Grand Lyon avec Saint-Étienne Métropole, la CAPI et le Pays Viennois. Mais la discussion autour du syndicat de transports, a évolué en débat plutôt critique sur un pôle métropolitain qui remet en cause l’action régionale.

Jean-Jack Queyranne (ci-dessus). Didier Jouve (à droite).

Jean-Jack Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes a rappelé l’importance du fait régional.

Le président de la Région concluait les échanges autour du projet de délibération sur la création d’un syndicat mixte des transports, à l’initiative du pôle métropolitain lyonnais, lancé par le Grand Lyon, sous l’impulsion de Gérard Collomb, président de la Communauté Urbaine de Lyon. Le débat a montré les très grandes réserves autour du projet de pôle métropolitain. Pour de nombreux intervenants, le pôle métropolitain est une couche supplémentaire dans le mille feuilles administratif actuel déjà peu lisible (et parfois peu efficace).

Le pôle métropolitain lancé par Lyon n’est pas une métropole, mais un syndicat mixte fermé, auquel la Région ne peut adhérer. Pour le moment le pôle ne compte comme intercommunalités que le Grand Lyon, Saint-Étienne Métropôle, le Pays Viennois et la CAPI.Didier Jouve

Le conseil régional a adopté un avis très critique sur le pôle métropolitain. Il a cependant voté pour la création d’un syndicat mixte de transports à l’échelle de ce nouvel échelon territorial, à condition que la Région en prenne la tête. Cet avis a été adopté à la majorité par les groupes PS, PRG, EÉLV et FdG. Le groupe d’opposition, l’UDC, s’est abstenu. Le FN a voté contre.

Hervé Saulignac, vice-président à l’Aménagement du territoire reproche au pôle métropolitain d’être “un nouvel ajout au millefeuille institutionnel français“. Il a rappellé que ses membres seront désignés au troisième degré , “ce qui nous éloigne d’une représentation directe qui a du sens pour nos concitoyens”.

La Région voit un risque d’exclusion d’un partie des territoires ruraux avec la métropolisation. Le risque est de créer à côté du pôle, des espaces interstitiels, des zones rurales qui risqueraient fort d’être délaissées.

Le projet de pôle a été soutenu par Thierry Kovacs (UDC, adjoint au maire de Vienne) très critique vis à vis de l’action de la Région en matière de transport. “Si le pôle métropolitain était un oiseau, avec toutes les flèches que vous lui lancez, il ne serait pas prêt de décoller”, s’est-il amusé.

Il apparaît évident pour beaucoup d’élus régionaux que les créations d’un pôle et d’un nouveau syndicat mixte de transports fragiliseraient la construction régionale. Ce serait mettre en cause un réseau des villes, au delà des frontières des métropoles.

Plusieurs amendements ont mis en avant l’importance de l’action régionale, au niveau de l’efficacité, comme au niveau de la solidarité. Didier Jouve (EÉLV, président du comité de ligne Valence – Veynes) a même estimé que le vote de la Région pourrait être un jour considéré comme le jour où le Conseil régional a abandonné la Région.

Jean-Charles Kohlhaas (EÉLV, président du comité de ligne de l’Ouest Lyonnais et de la commission transports du conseil régional) aurait aimé aller plus loin et voter contre le Pôle métropolitain. Il a même rappellé que celui-ci n’était pas “dans le projet de départ du gouvernement de réforme des collectivités territoriales, c’est Gérard Collomb au Sénat, en tant que président de l’Association des communautés urbaines de France (ACUF) qui l’a fait adopter !”.

Critiquable …. mais incontournable

Pour autant, l’enjeu est énorme pour la Région. En effet, le Pôle métropolitain a vocation à se décliner en syndicat métropolitain des transports (SMT) d’ici à l’automne 2012. Le Grand Lyon, la CAPI, Saint-Étienne Métropole et le Pays Viennois, regroupent près de 2 millions d’habitants, soit près du tiers de la population de Rhône-Alpes.

Le futur syndicat va percevoir un complément du prélèvement transport. C’est pourquoi, même si l’avis rendu par la Région est très critique envers le pôle métropolitain, la Région a “pris acte” de sa création. Elle ne peut pas passer à côté de son émanation, le syndicat métropolitain des transports qui a vocation à réunir toutes les autorités de transports à l’échelle du territoire. Elle propose donc, à la fin de son avis adopté, “la création d’un syndicat mixte de transport avec les autorités de transports du pôle métropolitain dont la Région a vocation à être le chef de file”.

Queyranne se dit “confiant

La Région dit donc oui au pôle métropolitain, mais c’est surtout pour pouvoir dire oui à son émanation, le syndicat métropolitain des transports. Un projet qui ressemble au protocole adopté en 2009 à la Région dans le cadre de REAL et qui visait déjà à réunir toutes les autorités de transports à l’échelle du territoire. Elle dit oui, mais seulement si elle se retrouve à la tête de ce super-syndicat. “J’ai confiance”, termine Jean-Jack Queyranne, “parce que je pense que les discussions plutôt rudes que nous avons eu avec les promoteurs du pôle montrent qu’ils sont plutôt acquis à cette idée-là. Non pas pour faire un zinzin de plus, mais pour prélever le prélèvement transports et aller vers plus d’intermodalité. Il y aura peut-être des évolutions législatives et des évolutions politiques. Mais de ce point de vue là, je suis plutôt confiant car il y a une tradition rhônalpine d’essayer de travailler tous ensemble”.

Télécharger la délibération de la région Rhône-Alpes

(Avec enviscope.com et lyoncapitale.fr).

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La Région Rhône-Alpes donne son feu vert au Lyon-Turin

Publié par ardsl le 10 février 2012

L’assemblée régionale a finalement dit oui à l’enquête publique lancée par le gouvernement sur le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin. Mais cela n’a pas été sans mal.

Cette enquête qui intéresse 74 communes de l’Isère et de Savoie tout au long du tracé a provoqué des débats sans fin parmi les élus régionaux. Si les élus du Front national ont déclaré d’emblée leur opposition à un projet « idéologique, au coût pharaonique en contradiction avec les intérêts de Rhône-Alpes », dixit Bruno Gollnisch, l’UDC (UMP, Radicaux et Nouveau centre) a développé des trésors de nuances sur la nécessaire concomitance des différentes phases du projet.

Alors que le maire de Chamonix Éric Fournier (UDC/Haute-Savoie) lançait sur le mode incantatoire : « les Alpes manquent d’air, donnons-leur du fer », Xavier Dullin (UDC/Savoie) entrait dans le détail pour prévenir toute avancée du projet en phases successives. Le risque selon lui serait de voir le fret transiter à travers l’agglomération de Chambéry et le long du lac du Bourget au cas où la réalisation des différentes étapes de la ligne ne serait pas globale et simultanée.

François Fillon à la rescousse

De leur côté, les élus d’Europe Écologie-Les Verts se sont abstenus lors du vote, une première depuis 2000. Motif invoqué : les rares études disponibles sur l’augmentation du trafic fret sous les Alpes sont farfelues sans parler de l’impact environnemental du chantier.

Plus surprenant, Jean-Jack Queyranne, le président (PS) de la Région a appelé à la rescousse le Premier ministre François Fillon dans le but de rassurer les élus de l’opposition UDC. Il a ni plus ni moins proposé de mettre aux voix un amendement reprenant mot pour mot une lettre de François Fillon à deux élus UMP, Pierre Hérisson et Michel  Bouvard, dans laquelle le chef du gouvernement s’engage à rendre opérationnel le tunnel international (l’ouvrage principal de 57 km) seulement lorsque les travaux précédents auront été réalisés. Notamment les tunnels sous la Chartreuse, Belledonne et le Glandon.

Bref, ce n’est pas un blanc-seing à l’aveugle que les conseillers régionaux ont donné au gouvernement.

Il faut dire que le chantier TGV Lyon-Turin ne pèse pas moins de vingt milliards d’euros (France et Italie confondues).

Télécharger l’avis de la Région Rhône-Alpes

(Avec Le Dauphiné Libéré).

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Rhône-Alpes sur le point de rejoindre le pôle métropolitain constitué par Lyon, Saint-Étienne, Vienne et Bourgoin

Publié par ardsl le 7 février 2012

Jean-Jack Queyranne

Rhône-Alpes pourrait mutualiser le transport ferroviaire régional, qu’elle gère, dans l’offre multimodale du futur pôle métropolitain. Son concours permettrait d’outrepasser la discontinuité territoriale du pôle en apportant le concours du rail.

Est-ce la fin du jeu de dupes sur la question des transports entre les différentes collectivités locales ? En conférence de presse mardi 7 février, le président de Région Jean-Jack Queyranne a fait part de son souhait de “rassembler tout le monde pour une meilleure coordination des transports en communs.” Bus, tramway, métro, et désormais trains réunis sous une tarification commune ? “Ce projet donnerait une véritable force à Rhône-Alpes“, confesse Queyranne.

Le pôle métropolitain, ce nouveau syndicat mixte fermé, superstructure des établissements publics de collaboration intercommunale (EPCI), n’aura certes pas de fiscalité propre, mais portera des actions dans le domaine de l’économie, de la culture, des transports et de l’aménagement. Sans automaticité de transfert de compétences. Une super auberge espagnole en quelque sorte. Le protocole d’orientation a été signé à la mi-janvier entre les représentants du Grand Lyon, des communautés d’agglomérations de Saint-Étienne métropole, des Portes de l’Isère (CAPI) et du Pays Viennois. La question des transports représente son enjeu central car ces quatre institutions sont discontinues géographiquement. Seul le concours du ferré permettrait de lier ces territoires, donnant une légitimité à l’initiative du pôle métropolitain.

Cela ne signifie pas pour autant un démembrement de la région“, recadre Queyranne. Évidemment, toutes les compétences régionales ne se retrouverait pas englouties dans la seule entité du pôle métropolitain. La Région déciderait sciemment de garnir l’offre transport avec le ferré qu’elle gère. Un incontournable pour créer une offre de transports multimodale à tarification zonale, sur le même modèle que Paris et sa couronne. C’est là l’objectif. Le Département du Rhône, qui souhaitait se retirer du SYTRAL pour créer son propre syndicat de transport, se retrouverait ainsi bien dépourvu si Rhône-Alpes cède aux sirènes métropolitaines. Il semble que le président du Conseil général Michel Mercier se soit déjà fait à l’idée d’un rétropédalage départemental sur la question. Reste à convaincre François Hollande, qui a promis de faire sauter la réforme territoriale s’il est élu président de la République en mai 2012. Mais Queyranne se dit “confiant” pour l’avenir de ces superstructures. “Aujourd’hui les pôles métropolitains existent, on ne peut plus rien y faire, concède-t-il. En plus, en France on ne supprime pas les structures, on en crée toujours plus.

(Avec lyonmag.com).

 

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Trains saturés : pas d’amélioration avant 2014

Publié par ardsl le 24 janvier 2012

Josiane Beaud, directrice Rhône-Alpes SNCF

SNCF a présenté lundi 23 janvier des solutions pour désengorger les lignes rhônalpines saturées.

Des trains de plus grande capacité circuleront à partir de 2014 pour désengorger les lignes TER saturées. SNCF a indiqué que 40 rames « gros-porteurs » seraient mises progressivement en circulation en 2014 sur les axes Lyon-Grenoble et Ambérieu – Lyon – Saint-Étienne, qui sont les plus fréquentés de Rhône-Alpes.

Commandés par la région Rhône-Alpes pour un montant de 375 millions d’euros, ces trains à deux niveaux, dont la mise en service s’échelonnera jusqu’en 2015, offriront entre 150 et 200 places de plus qu’aujourd’hui. « Ils permettront de transporter un tiers de passagers supplémentaires », a précisé la directrice régionale SNCF Josiane Beaud.

Plus de liaisons en car ?

Mais ces nouveaux matériels ne suffiront pas à désengorger ces deux lignes, saturées en heure de pointe, tout comme le nœud lyonnais, emprunté aujourd’hui par 815 trains contre 650 l’an passé. “Nous n’avons plus de réserves de matériels, plus de nouveaux sillons“, explique Josiane Beaud. “La seule solution est d’augmenter les capacités de transport“. La directrice plaide ainsi pour « la complémentarité » et notamment le développement des voyages en cars « pas plus polluants qu’un train ». Sur des trajets très ciblés, comme les liaisons déjà proposées le week-end pour relier les fonds de vallée aux campus rhônalpins, ou en remplacement de trains peu fréquentés. Ou encore en complément de rames surchargées.

(Avec 20 minutes Lyon).

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Travaux de la gare d’Annecy : erreurs de conception et retards dans les délais pointés du doigt

Publié par ardsl le 16 janvier 2012

Un récent rapport fait état de retards dans les travaux et d’erreurs de conception sur le chantier du futur pôle multimodal de la gare d’Annecy. En plus des sept mois de retard dans les travaux, l’oubli de l’issue de secours dans le parking ou d’un bassin de rétention d’eau entraînent des frais supplémentaires non négligeables.

Lionel Tardy, Christian Monteil et Jean-Jack Queyranne étaient présents le 6 octobre 2011 lors de la pose de la première pierre du pôle d'échanges multimodal d'Annecy

18 mois de travaux, près de 12 millions d’euros : la nouvelle gare d’Annecy est en chantier depuis près d’un an déjà. À l’automne, la première pierre du futur pôle d’échanges multimodal a été posée en grande pompe, et, chaque jour, les engins de chantier s’animent pour que tout soit prêt dans les délais impartis : avant la fin 2012.

Un récent rapport de la SED 74, chargée pour le compte de la C2A (la Communauté de l’Agglomération d’Annecy) de veiller au bon déroulement des travaux, et que s’est procuré L’Essor Savoyard, tire pourtant la sonnette d’alarme en faisant état d’une défaillance de la maîtrise d’oeuvre qui a « des répercussions importantes sur le plan technique, financier et sur le planning de l’opération ». En effet, l’exécution des travaux aurait sept mois de retard.

Les 200 000€ consacrés aux aléas déjà utilisés

Autre incidence : l’enveloppe de 200 000€ consacrée aux aléas de chantier est déjà consommée, ce qui inquiète un élu, surpris que le président de la C2A ne réagisse pas plus tôt : « Je ne sais pas comment nous allons financer les prochains aléas » . Et d’ajouter : « Dans ce dossier, Jean-Luc Rigaut a deux casquettes : ingénieur de la SNCF et président de la C2A. C’est peut-être grâce à cette casquette qu’on a eu une prise en charge supplémentaire de la part de la SNCF », mais ce serait aussi cette position délicate qui l’empêcherait de taper clairement du poing sur la table.

Un « bazar d’amalgames certes injustifiés », mais qui pourrait tout de même laisser des traces, craint un autre élu. Il voit en ces cafouillages l’illustration que le « cumul de ses multiples mandats empêche le président de la C2A de suivre correctement ses dossiers », et ajoute que la SED 74 et SNCF « ne seront jamais et totalement sur le marché de la concurrence ».

Car la liste de “couacs” et de leurs surcoûts s’allonge. Les travaux supplémentaires validés par la commission d’appel d’offres, assez classiques sur de tels chantiers, s’élèvent à près de 61 335,26€, et comprennent par exemple la mise en place d’une signalétique provisoire (9 090,26€), le traitement du plomb sur les structures métalliques à démolir (16 300€), ou la location de bungalows pour les taxis (8 844€).

Travaux supplémentaires pas encore validés

Et puis, il y a les “oublis“significatifs de la maîtrise d’oeuvre, comme l’issue de secours dans le parking souterrain, entraînant sa neutralisation et des frais supplémentaires pour un montant de 31 729,32€. Pour le moment « le bilan actuel ne prévoit pas de montant pour le dédommagement des pertes d’exploitation du parking Effia », souligne la SED 74. Il en est de même avec l’oubli de la dépose et repose d’une barrière, facturé 3 252,73€.

Autre objet de dépense supplémentaire, la dépose d’un transformateur : 90 000€, auxquels s’ajoute une plus value de 70 000€ à SNCF qui s’occupera des travaux. Pour des raisons techniques, ce transformateur n’a pu être déposé dans les délais, car des sondages supplémentaires ont dû être effectués (1489,36€). Ainsi, le sciage complémentaire dû à ce retard coûte 5 550€.

Une dépense complémentaire et non négligeable est également mentionnée dans ce rapport : la création d’un bassin de rétention d’eaux pluviales, conformément à la réglementation en vigueur. Dans un premier temps, la maîtrise d’oeuvre a annoncé un coût de 100 000€ pour ces travaux.

Mais le devis a été revu à la hausse et s’élève aujourd’hui à 216 000€ HT.

En tout et pour tout, les “erreurs ou oublis“de la maîtrise d’oeuvre s’élèvent à 258 020€ HT.

La SED 74 explique qu’elle a, à de nombreuses reprises, fait part à la maîtrise d’oeuvre de son « mécontentement dans l’exécution de leur prestation et en leur demandant de prendre les mesures nécessaires au bon déroulement de l’opération », et souligne que des travaux ont été réalisés sans l’accord préalable de la maîtrise d’ouvrage.

Et de conclure : « Il est à noter que des erreurs de conception comme l’oubli de la sortie de secours et la non prise en compte de réglementation d’urbanisme pour les bassins de rétentions, ont des incidences fortes sur le planning et le coût de l’opération ».

Qui fait quoi

Maître d’ouvrage : SNCF pour la gare elle-même et la C2A pour le reste. Le maître d’ouvrage est celui qui est propriétaire in fine, qui commande et qui paye l’ouvrage.

Maître d’oeuvre : le maître d’ouvrage fait appel à un ou plusieurs maîtres d’oeuvre qui réalisent. Dans ce cas : il y a un maître d’oeuvre études (architecte…) qui est AREP, une agence d’architecture, filiale de SNCF. Le maître d’oeuvre travaux en charge de la réalisation est GTM.

La SED 74 est assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO) dans ce dossier, elle est “l’expert” du maître d’ouvrage.

Le rôle exact de la Société d’Equipement Départementale

Dirigée par Denis Duvernay, Président directeur général et Philippe Gouyou Beauchamps, directeur, la SED 74 a son capital réparti entre des actionnaires publics à hauteur de 67,55 % et des actionnaires privés pour 32,45 %. SED 74 favorise donc la collaboration entre public et privé.

Pour le chantier du pôle multimodal, elle a la casquette d’assistante à maîtrise d’ouvrage et ses missions sont les suivantes :

  • animation des groupes de pilotage inter-maîtres d’ouvrage ;
  • pilotage des études ;
  • rédaction des conventions financières entre les partenaires, suivi administratif, technique et financier de l’opération ;
  • gestion des coûts et des délais ;
  • gestion comptable et financière.

Dans ce dossier de la gare, certains élus ont jugé trop “laxiste” l’action de la SED 74. « D’un côté il y a SNCF (via AREP, en charge de la maîtrise d’oeuvre études) et de l’autre la SED qui est parapublique. Elles ne seront jamais et totalement sur le marché de la concurrence » . Une accusation balayée d’un revers de main par le directeur de la structure : « Je ne vois pas objectivement de liens qu’il pourrait y avoir entre la composition du capital de la SED et la gestion de notre société sur un certain nombre de dossiers. (…) Cela se saurait si ça posait des problèmes de conflit d’intérêt ».

Selon Philippe Gouyou Beauchamps, le rapport aurait dû rester confidentiel… « C’est une note interne entre la SED mandataire pour le compte de l’agglo, et la présidence de la C2A », explique-t-il. « Notre mission est de dresser un état des faits de donner des conseils pour résoudre ces problèmes au profit de l’agglo. Au nom de l’agglo nous avons le droit de dire on arrête les frais si l’agglo nous en donne la mission ». Selon le directeur, ce rapport est le recueil d’un certain nombre d’avertissements à propos desquels « l’agglo était au courant ».

Jean-Luc Rigaut, maire d'Annecy, conseiller général du canton d'Annecy centre, président de la C2A et ingéniieur SNCF

Jean-Luc Rigaut : « J’ai assez confiance dans l’exécution de ces chantiers »

Le président de la C2A et maire d’Annecy ne se dit pas alarmé par les conclusions du rapport de la SED74.

Où en est-on dans les travaux de la gare ?

Aujourd’hui, ce qui est sûr, c’est qu’en terme de planning, il y a eu du retard au démarrage. Mais le planning est “large” et normalement les travaux seront bien terminés fin novembre 2012 .

La SED 74 attire l’attention sur les délais non respectés et les surcoûts liés aux travaux supplémentaires à réaliser…

« Il y aura une réunion prochainement de nos services avec le maître d’oeuvre études pour voir ces affaires-là »

Comment sont financés ces travaux supplémentaires ?

« Ils sont actuellement financés sur l’enveloppe aléas et imprévus. Il faudra voir au moment de la réalisation, on est encore à un an de la fin… »

Des travaux supplémentaires ont pourtant été faits sans l’aval du maître d’ouvrage…

« Il y a des travaux non prévus au marché qui sont indispensables à faire. C’est le but des réunions entre le maître d’ouvrage et le maître d’oeuvre. Ils sont là pour faire le point une fois par semaine. Si des travaux supplémentaires étaient à faire et que tout le monde en convient, il faut laisser les gens faire leur boulot en interne ».

Oui, mais dans ces travaux, il y a des oublis significatifs !

Que le bassin soit fait c’est une chose, qu’il soit pris en charge par Pierre, Paul ou Jacques, c’est autre chose. J’ai assez confiance dans l’exécution de ces chantiers. Les arbitrages ne sont pas rendus à ce jour. Chacun préserve ses intérêts. Il y a des oublis à la charge de ceux qui ont oublié et des impondérables. Tout ça, c’est de l’arbitrage.”

Constatez-vous des défaillances du maître d’oeuvre ?

« Là, je ne constate pas de défaillances, je constate quelques carences d’AREP qui ne remettent pas en question les délais, les prix. Il faut peut-être leur mettre un petit coup de pied aux fesses pour qu’ils soient plus appliqués sur le chantier. »

Pour Denis Duperthuy : « L’agglo devrait se retourner contre ceux qui ont mandaté les travaux »

En découvrant le dossier, Denis Duperthuy, élu socialiste à Annecy, pointe du doigt deux responsables : les architectes « qui ne font pas leur boulot correctement. (…) Ils savent que les collectivités locales mettront la main à la poche sans trop rechigner », mais aussi « le maître d’ouvrage qui, systématiquement, accepte de rallonger l’enveloppe alors qu’il devrait se retourner contre les maîtres d’oeuvre en attaquant leur devoir d’expertise, de conseil ». Il déplore que ce genre de faits se soit déjà produit sur Annecy. « L’agglo devrait se retourner contre ceux qui ont mandaté les travaux pour dire stop. Il y a un laxisme total de la part des financeurs ». Il regrette que la C2A « commence à desserrer les contrôles », expliquant que de tels faits étaient moins courants auparavant. « Peu importe le prix, du moment qu’on ait l’ouvrage », résume-t-il, en appelant à davantage de sévérité : « Il faut engager la responsabilité des maîtres d’oeuvre qui ne font pas leur boulot. » Denis Duperthuy, qui compte réagir à ce sujet lors du prochain conseil communautaire, déplore par ailleurs que les rallonges soient faites « en dehors de tout cadre juridique », et conclut : « d’un côté, il s’agit de serrer les vis partout, au niveau des associations, des rémunérations du personnel… Par contre, tout ce qui est travaux d’investissement, là, c’est la fête ! »

Règlement de comptes politique

Jean-Luc Rigaut accuse Lionel Tardy d’avoir remis des documents confidentiels à L’Essor Savoyard. Des allégations sans aucun fondement et qui ont déterré la hache de guerre entre les deux hommes. Ambiance…

Le retour de bâton du député ne s’est pas fait attendre… L’enquête sur les dysfonctionnements du chantier de la gare d’Annecy, a mis le feu aux poudres et ravivé les tensions entre Jean-Luc Rigaut et Lionel Tardy. En marge de ses voeux, le maire d’Annecy a clairement laissé entendre que ce dossier était une manipulation politique orchestrée par « un candidat aux législatives qui s’interroge sur sa campagne à venir et sa réélection ».

Il lui reproche d’avoir fait fuiter un document confidentiel de la Société d’équipement départementale dans lequel dysfonctionnements et retards sont montrés du doigt. Clairement mis en cause (« comme il y a deux députés sur Annecy et que je n’ose imaginer que le maire d’Annecy s’adressait à Bernard Accoyer, député de la première circonscription, Président de l’Assemblée nationale et par ailleurs premier vice-président de la C2A… je considère donc que ces propos s’adressaient à moi !… même si le maire n’aime pas “les attaques personnelles” » ), Lionel Tardy avoue avoir « sauté au mur » en lisant de telles allégations.

Jean-Luc Rigaut fait donc de ce dossier “technique“- document de travail à la clé – et pour lequel il a eu tout le loisir de s’expliquer dans nos colonnes, une affaire “politique“, se tirant par la même occasion une balle dans le pied.

Retour de bâton

La réponse du berger à la bergère ne s’est donc pas fait attendre. Lionel Tardy a publié sur son blog une tribune au vitriol, intitulée “Rendez-nous Bernard Bosson” et dans laquelle il habille le maire d’Annecy pour l’hiver. « Je ne m’engage pas comme ça je ne me grille pas », c’est ainsi que Lionel Tardy résume la stratégie de Jean-Luc Rigaut en marge de ses écrits, avant de reprendre ses habituels reproches contre l’édile : « Il n’a le temps de rien, il fait trop de choses. Je récupère tout ce qui ne donne rien » .

Dans sa tribune, il renvoie la balle dans le propre camp de Jean-Luc Rigaut : « Avant d’accuser le député de votre circonscription de tous vos maux, tournez-vous plutôt vers vos propres troupes, Monsieur le maire, que vous avez a priori du mal à tenir ». N’exerçant aucun mandat local, le député explique qu’il aurait ainsi eu bien du mal à accéder à un dossier interne à la SED. « Votre attaque est d’autant plus grossière, que je découvre la plupart des projets de la mairie d’Annecy et de la C2A lors des réunions publiques en mairie ou à la C2A… auxquelles j’assiste de façon assidue… dans le public ». Et d’ajouter : « Contrairement à vos affirmations, vous ne savez pas travailler en équipe, je ne suis a priori pas le seul à le souligner : le dossier de candidature aux JO 2018 a été à ce sujet particulièrement édifiant ! » Lionel Tardy défend par la même occasion un principe qui lui est cher : le non cumul des mandats et que devrait, selon lui, appliquer le maire d’Annecy : « Qui peut croire en 2012, en pleine crise, qu’un élu cumulant les activités d’ingénieur SNCF, de maire, de conseiller général, de président de la C2A et de toute une kyrielle d’autres responsabilités au sein de divers conseils d’administrations… puisse exercer correctement son travail. (…) Votre choix est préjudiciable à la collectivité et vous le savez : dans ce système, les fonctionnaires prennent vite le pas sur les élus… la concertation disparaît faute de temps… les dossiers de plus en plus mal ficelés s’enchaînent et au final c’est le contribuable qui paie, faute d’un maître d’ouvrage présent et capable de taper du poing sur la table.»

« Cela ne passe pas »

En ligne de mire : 2014. Et pour les municipales, le député a déjà fait son choix : « Si on a une solution, ça me va bien. Je suis prêt à donner un coup de main, mais pas avec Jean-Luc Rigaut, ça c’est clair ». Il en convient, et ce n’est pas un secret : avec le maire d’Annecy, « au-delà des partis politiques, ça ne passe pas ». « Je ne demande pas grand-chose. J’ai pas besoin de lui pour ma campagne. Qu’il ne m’associe à aucun dossier, ça sent de plus en plus mauvais ».

La fin de la tribune est très claire : « Cumulez vos mandats de maire, de conseiller général et de président de la C2A… mais laissez-moi exercer mon mandat de député en dehors de vos querelles internes. Et comme beaucoup d’Annéciens, faute de changements profonds d’ici 2014, je le dis clairement… rendez-nous Bernard Bosson ! »

(Avec L’Essor Savoyard).

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