L’ouverture de la LGV entre Figueras et Barcelone devait être le fait marquant du lancement du service 2013, le dimanche 9 décembre 2012. Mais cette date ne sera pas tenu en raison du retard pris dans la construction de cette ligne à grande vitesse en Espagne.
La conviction selon laquelle le TGV devait entrer en gare de Barcelone et de Madrid le 9 décembre 2012 a volé en éclats.
Pourtant, il ne manque pas grand-chose pour terminer la LGV. Mais le retard constaté dans l’appel d’offres pour deux tronçons fait dire aux experts qu’il est impossible de terminer ces chantiers dans les temps.
La mise en service de la LGV entre Perpignan et Barcelone constitue une arlésienne entamée depuis la décennie 1990.
Une livraison de la ligne au troisième trimestre 2013
La première réalisation manquante comporte le montage des rails et des dispositifs complémentaires sur 12,8 km, entre le centre d’aiguillage de Mollet del Vallès, au Nord de Barcelone, et la gare de La Sagrera, située dans cette dernière ville. La seconde concerne l’achèvement de la jonction TGV à l’intérieur de la gare de Girona.
Jeudi 12 avril 2012, le secrétaire délégué au Territoire et à la Mobilité du gouvernement catalan, Damià Calvet, a évoqué le prolongement du dernier contretemps, en annonçant une livraison de la ligne “au troisième trimestre” 2013, en raison d’un délai d’exécution incompressible de deux chantiers.
Ces réalisations, d’un coût de 33 millions d’euros, sont en cours de validation administrative entre la société publique espagnole Adif, délégataire, et le ministère espagnol des Travaux Publics. Mais l’accélération forcenée des travaux induits, brièvement envisagée par les décideurs politiques et économiques de la région de Girona, ne sera traduite par aucune réalité. La révélation de M. Calvet, qui ne constitue pas une réelle surprise dans ce dossier soumis à d’innombrables échéances aléatoires, a été effectuée lors d’une conférence prononcée à Girona dans le cadre de la fondation d’intérêt public Cercle d’Infrastructures.
En réalité, l’information officielle sur ce retard a été discrètement délivrée dès le mercredi 11 avril à l’occasion de la dernière réunion de la Commission de Suivi des travaux relatifs au TGV en Catalogne. Lors de cette rencontre, menée en présence des autorités gouvernementales espagnoles et catalanes, le directeur général des Transports et de la Mobilité de la Generalitat de Catalogne, Ricard Font, a pris connaissance du fait que que l’État espagnol n’envisageait pas une ouverture de la ligne avant le délai cité.
Appel d’offres manquant
Il s’agit des marchés concernant la mise en place des voies, du système électrique et de sécurité pour le tronçon situé entre la future gare de la Sagrera et l’échangeur de Mollet, et pour celui qui traverse Gérone. L’appel d’offres aurait dû être lancé en octobre dernier.
Jusqu’à présent, les autorités espagnoles ont assuré que les trains de voyageurs devraient commencer à circuler fin 2012. La nouvelle titulaire du ministère du ‘Fomento’ (Travaux et transports publics), Ana Pastor, ne s’est absolument pas prononcée sur le sujet. Elle est pourtant venue à Barcelone, où elle a rencontré le maire Xavier Trias qui lui a réclamé avec insistance la liaison de la LGV avec le port. Mais à aucun moment, la question des échéances de fin de travaux de la ligne n’a semble-t-il été abordée.
“Légère variation”
Seul le délégué du gouvernement de Mariano Rajoy à Gérone, Carles Jaume, récemment nommé dans cette ville, a lâché il y a quelques jours “qu’une légère variation de calendrier” risque de se produire…
Le maire de Figueras, Santi Vila, a déclaré à l’agence Europa-Press qu’il s’attendait à cette mauvaise nouvelle “même si on était confiant” parce qu’en haut lieu, on “semblait avoir vu que le projet était stratégique“. “Mais en réalité“, juge Santi Vila, le couloir méditerranéen et la connexion avec l’ Europe “n’intéressent guère l’Espagne“.
Les responsables des divers tronçons en chantier affirment néanmoins que les travaux de la ligne vont bon train, et qu’en principe aucun retard n’est à envisager…
Terminus Figueras
Avec les retards très probables dans la livraison de la LGV entre Barcelone et Figueras, les TGV devraient toujours être limités à Figueras.
Actuellement, SNCF n’assure que 2 allers-retours quotidiens entre Paris et Figueras. Il s’agit des TGV suivants :
- 6203 Paris 7h15 – Nîmes 10h06/09 – Montpellier 10h34/41 – Narbonne 11h32/35 – Perpignan 12h08/16 – Figueras 12h41.
- 6213 Paris 14h07 – Valence TGV 16h19/22 – Nîmes 17h06/09 – Montpellier 17h34/41 – Narbonne 18h32/35 – Perpignan 19h08/16 – Figueras 19h40.
- 6232 Figueras 10h20 – Perpignan 10h44/51 – Narbonne 11h24/27 – Montpellier 12h17/24 – Nîmes 12h49/52 – Valence TGV 13h38/41 – Paris 15h53.
- 6216 Q Figueras 14h20 – Perpignan 14h44/51 – Narbonne 15h24/27 – Montpellier 16h17/24 – Nîmes 16h49/52 – Valence TGV 17h38/41 – Paris 19h53.
Les dessertes envisagées au service 2013
Avec l’ouverture de la LGV Figueras – Barcelone, SNCF envisagerait de lancer les liaisons internationales suivantes :
- Paris – Barcelone – Madrid
- Genève – Barcelone – Madrid (via Bellegarde et Lyon Part-Dieu)
- Marseille – Barcelone – Madrid
- Lille – Barcelone (via Lyon Part-Dieu)
- Lyon Part-Dieu – Barcelone – Madrid
- Bordeaux – Barcelone
Tous les TGV desserviront Perpignan. Les arrêts à Figueras et Gérone ne seront pas systématiques.
Certaines informations plus précises commencent à être diffusées sur la future desserte TGV de Barcelone et Madrid :
- Un aller retour Lyon Part-Dieu – Madrid serait proposé. Le TGV partirait à 7h36 de Lyon. Le retour à Lyon se ferait à 22h24.
- Il devrait y avoir 4 allers-retours quotidiens entre Paris et Barcelone (avec un prolongement possible à Madrid). Certains desserviront Valence TGV, qui devrait bénéficier d’au moins 3 allers-retours avec Barcelone.
- Marseille devrait bénéficier de 2 allers-retours pour Barcelone (avec un possible prolongement jusqu’à Madrid).
- Aux derniers nouvelles, le prolongement à Barcelone des TGV Montpellier – Genève serait reporté à décembre 2013 (au lancement du service 2014).
- Le Barcelone – Bordeaux pourrait être limité à Toulouse.
- En revanche, les TGV existants Bruxelles – Pepignan ne seront pas prolongés à Barcelone. La desserte Lille – Barcelone pourrait ne pas voir le jour.
Dossier à suivre …
(Avec L’Indépendant, ville-rail-transports.com et la-clau.net).
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