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Et si les employeurs suisses payaient une partie des abonnements de transports publics des frontaliers ?

Posted by ardsl sur 18 octobre 2011

L’adjointe UMP au maire de Thonon-les-Bains lance un pavé dans la marre. Astrid Baud-Roche voudrait que la prise en charge de la moitié des abonnements de transports publics soit prise en charge par les employeurs en Suisse, à l’image de ce qui se pratique désormais en France.

Le Matin, 16 octobre

Astrid Baud-Roche veut faire payer les patrons suisses

Sur le modèle français, une élue de Thonon-les-Bains voudrait que les employeurs suisses financent la moitié de l’abonnement CGN de leurs salariés frontaliers. Les organisations patronales sautent au plafond. Mais en Suisse, certaines sociétés ont déjà pris des mesures.

Astrid Baud-Roche, l’ajointe au maire de Thonon-les-Bains (F), l’affirme: «La facture est salée pour les pendulaires, c’est pourquoi il serait judicieux d’inciter leurs employeurs à en payer les 50%.»

Voilà une idée pour le moins originale. Astrid Baud-Roche, ajointe au maire de Thonon-les-Bains (F), aimerait que les employeurs suisses aident leurs salariés frontaliers à financer leur abonnement auprès de la Compagnie Générale de Navigation (CGN). «Je m’inspire de la loi française, qui oblige les entreprises, depuis 2009, à payer la moitié des frais de transports à leurs collaborateurs, pour autant qu’il s’agisse de transports publics», explique cette élue UMP.

330 francs par mois

Tout est parti d’une étude récente du Groupement transfrontalier européen (GTE) sur les usagers de la CGN, qui relève que la majorité des 1600 personnes prenant le bateau chaque jour pour aller travailler en Suisse trouvent les tarifs trop élevés. A titre indicatif, un abonnement mensuel Evian-Lausanne revient à 270 francs en deuxième classe, tandis que le trajet Thonon-Lausanne coûte 330 francs. Avec les Transports lausannois en plus, l’addition augmente de près de 30 francs par mois. «La facture est salée pour les pendulaires, c’est pourquoi il serait judicieux d’inciter leurs employeurs à en payer les 50%, ajoute Astrid Baud-Roche. En plus, cela baisserait le nombre de personnes sur les routes et les inciterait à emprunter les transports en commun, ce qui est plus écologique !»

Même si elle fait partie du bureau du syndicat mixte de l’Agglomération franco valdo-genevoise, cette Française confie ne pas avoir beaucoup de moyens pour faire pression sur les autorités suisses. Pour ce «combat d’avenir», comme elle l’appelle, elle compte sur l’action du GTE. Problème : celui-ci ne voit pas comment procéder. Embarrassé, Michel Charrat, président de l’organisation, parle d’une «bonne idée, mais qui pourrait ne rester qu’un vœu pieux» et renvoie la balle dans le champ politique.

Côté suisse, les réactions sont bien plus catégoriques. «Je ne connais pas Astrid Baud-Roche, mais sa vision, très franco-française, montre une méconnaissance totale du système suisse, assène Jean-Hugues Busslinger, directeur du département de politique générale du Centre patronal vaudois. Si le niveau des salaires en Suisse était comparable à la France, on pourrait se poser la question. Mais les frontaliers ne sont pas à plaindre, sinon ils ne seraient pas 18 000 à passer la frontière chaque jour.»

Directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), Claudine Amstein trouve cette proposition «étonnante, alors même que les entreprises sont fragilisées par le franc fort». Et d’ajouter qu’il est important de maintenir le «principe d’égalité de traitement» entre les collaborateurs: pourquoi aider les frontaliers, et pas les autres? «On paie les gens par rapport au travail qu’ils effectuent et non pas par rapport à leur situation personnelle ou leur lieu de domicile», dit-elle.

«Une ségrégation entre résidents suisses et frontaliers est inacceptable », affirme Nathalie Hardyn, directrice adjointe de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG). « En outre, obliger une société à financer les trajets de ses pendulaires n’est pas possible, car la plupart sont des petites entreprises qui n’ont pas le budget pour.»

Mais en Suisse, tous ne partagent pas les réticences des organisations patronales. Alors que la Confédération débat du financement des transports, notamment du rail, syndicats et partis politiques cherchent tous des solutions pour ne pas faire payer l’entier de la facture aux usagers. Sans limiter sa réflexion aux frontaliers, Jean-Claude Hennet, secrétaire de la Conférence des transports de Suisse occidentale (CTSO), souligne que «les employeurs tirent aussi profit de la mobilité de la main-d’œuvre, donc on pourrait imaginer qu’ils contribuent aux frais de déplacement de leur personnel».

Bus transfrontaliers

Dans les régions frontalières, certaines entreprises n’ont pas attendu Astrid Baud-Roche pour mettre en œuvre de telles mesures, par le biais des «Plans de mobilité». Dans la vallée de Joux, Jaeger-LeCoultre a créé trois lignes de bus d’entreprise entre la France et la Suisse, que ses salariés empruntent sans verser un seul franc. Sur son site d’Orbe, Nestlé verse à chaque collaborateur 25% du montant de son abonnement de transports publics. Au Locle, Johnson & Johnson partage les coûts de bus transfrontaliers avec d’autres entreprises et offre un abonnement annuel à ceux qui renoncent à leurs voitures. A quand les mêmes projets sur les bords du Léman ?

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