ARDSL Association Rail Dauphiné Savoie Léman

Le blog des usagers

Accidents d’autocar : quel impact sur l’avenir de la libéralisation des lignes longue distance ?

Posted by ardsl sur 27 mars 2012

Après deux graves accidents d’autocar survenus mi-mars 2012 en Suisse et en France, et quelques jours après l’adoption en conseil des ministres du projet de loi en vue de libéraliser les lignes d’autocar longue distance, Michel Seyt, président de la Fédération nationale du transport de voyageurs (FNTV) pointe du doigt les obstacles verticaux sur les routes, et s’inquiète de la suite qui sera donnée à ce projet attendu par les transporteurs.

L’accident d’autocar survenu le 13 mars dans un tunnel autoroutier près de Sierre en Suisse et dans lequel 28 passagers ont trouvé la mort dont 22 enfants, pose le problème des obstacles verticaux sur les routes.

Pour une raison encore inconnue, le conducteur a perdu le contrôle du véhicule qui s’est déporté sur la droite sur une aire de stationnement d’urgence avant de s’encastrer dans un mur de béton qui délimite cette aire de secours. C’est ce choc frontal contre cet obstacle vertical, suivi d’une forte décélération, qui explique le bilan si lourd de cet accident.

Quatre jours après, un autre autocar avec des adolescents à bord sur la route des vacances, s’est renversé à l’approche de Quimper. Quatre passagers sur les 25 à bord ont été grièvement blessés, certains ont dus être amputés.

Avec cette triste actualité qui risque de dégrader l’image de l’autocar, et quelques jours après le conseil des ministres du 21 mars au cours duquel le ministre des Transports Thierry Mariani a déposé son projet de loi visant à autoriser les liaisons nationales par autocar tant attendue par les transporteurs. Comment Michel Seyt, patron de la FNTV, voit-il l’avenir ?

Les deux récents accidents de car, en Suisse et à Quimper, ne risquent-ils pas de ralentir l’élan politique en faveur de ce mode de transport collectif ?

« Forcément, cela a un impact. Le premier se fait ressentir au sein même de notre profession, très choquée par l’accident de Sierre, sans explication aucune. Le chronotachygraphe électronique obligatoire dans les autocars européens n’est pas comme une boîte noire dans un avion : il enregistre les données techniques (vitesse, temps de parcours, temps de conduite, temps d’arrêt etc.), mais il ne livrera aucun enregistrement sonore, aucune conversation permettant de comprendre ce qui s’est passé. Pour l’accident de Quimper, c’est aussi l’incompréhension, seules les expertises techniques pourront parler. Mais bien sûr, l’image de l’autocar en prend un coup. Cela dit, je constate que tout le travail que nous faisons depuis quatre ans pour expliquer aux médias, et donc au grand public, combien les constructeurs ont amélioré la sécurité des autocars n’est pas resté lettre morte. Depuis l’accident de Beaune en 1982, de nombreux dispositifs sont venus renforcer la sécurité des autocars. Depuis plus de dix ans, tous les véhicules neufs sont équipés de ceintures de sécurité et je peux vous dire que dans l’accident de Quimper, si les enfants ne les avaient pas portées, le bilan aurait été beaucoup plus lourd. Un accident, c’est toujours très mauvais pour nous, il va falloir un certain temps avant de retrouver une ambiance de travail apaisée. »

L’accident de Beaune en 1982 avait coûté la vie à 50 personnes, dont 40 enfants.

Le projet de loi de l’actuel gouvernement a été adopté le 21 mars en conseil des ministres, trop tard pour l’actuel législature. Quel est le calendrier le plus plausible maintenant ?

« Dès le redémarrage de la nouvelle législature en juillet 2012. Bien sûr, entre temps, il y a aura eu une élection présidentielle et des législatives… Nous allons profiter de cet entretemps pour continuer à faire de la pédagogie auprès des élus qui, j’ai l’impression, ont compris qu’il ne s’agit pas de faire moins de trains et plus d’autocars mais de s’appuyer sur la complémentarité de ces deux modes de transport régional et interrégional. Certains verrous ont sauté, l’Association des régions de France est moins en opposition qu’elle ne l’était, et avec les budgets très serrés des collectivités locales, les vertus économiques de l’autocar deviennent plus évidentes. Il permet de déployer plus d’offre de transport à un coût identique que le train. Le projet Speed de la SNCF va beaucoup nous aider… On est passé de l’image de l’autocar qui fume dans les côtes à un mode de déplacement performant dans la chaîne de mobilité, un peu comme quand la SNCF est passé de l’autorail au TER. Il ne faut surtout pas que ce élan retombe. »

(Avec mobilicites.com).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :