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La cession de Veolia Transdev se complique de plus en plus

Posted by ardsl sur 14 juin 2012

La vente des actifs de Veolia Environnement qui détient 50% du capital de Veolia Transdev à parité avec la Caisse des Dépôts, risque de prendre beaucoup plus de temps que ne l’espérait Antoine Frérot. Si le fonds d’investissement luxembourgeois, Cube Infrastucture, a déposé une offre ferme le 8 juin 2012, les négociations financières mais aussi sur la gouvernance du nouveau groupe reconstitué s’annoncent compliquées.

Lorsqu’il a officialisé la volonté de son groupe de se désengager de l’activité transport, le 6 décembre 2011, Antoine Frérot avait tout d’abord avancé un délai raisonnable de deux ans. Quelques jours plus tard, optimiste, le patron de Veolia Environnement (VE) espérait boucler le dossier d’ici à fin 2012.

Même si le fonds d’investissement luxembourgeois Cube Infrastructure, filiale de Natixis, a déposé début juin une offre ferme pour cette reprise. « Cela risque de durer un certain temps, c’est compromis pour la fin de l’année« , commente un proche du dossier. Cube de son côté, se refuse à tout commentaire.

L’offre du repreneur comporterait deux volets, selon Le Monde : tout d’abord, Cube s’engagerait à reprendre la partie de la dette de Veolia dans sa filiale de transport public, soit 900 millions d’euros (les 900 autres millions de dette sont à la charge de la Caisse des Dépôts et consignations (CDC), l’autre actionnaire à parité avec Veolia dans Veolia Transdev).

Cube proposerait aussi de verser une soulte de 175 millions pour devenir propriétaire de la totalité de la participation de Veolia dans sa filiale transport. Toujours selon Le Monde, cette somme serait inférieure de 75 millions d’euros à la valeur des actions Veolia Transdev inscrites dans les comptes de VE.

Deuxième essai de Cube

Pour rappel, début 2012, les dirigeants de VE étaient entrés en négociation exclusive avec Cube Infrastructure. À l’issue de ce délai, le 1er mai, rien ou presque. Cube n’avait pas mis sur la table les moyens financiers pour reprendre la totalité des actifs de VE dans Veolia Transdev.

Tout de suite après, un opérateur industriel allemand avait fait une offre. Selon les informations du Monde, ce deuxième candidat aurait finalement été éconduit. Information non confirmée par les intéressés qui se refusent à tout commentaire.

La CDC, l’autre actionnaire à 50% de Veolia Transdev, aurait-elle opposé son véto à l’arrivée d’un partenaire non pas financier mais industriel ? En effet, Rethmann est un opérateur de transport routier et de voyageurs outre-Rhin, et même l’ancien partenaire de Keolis dans Rhenus, entreprise ferroviaire régionale allemande.

« La Caisse des Dépôts a bon dos« , commente-t-on rue de Lille, où l’on est visiblement agacé. « Le fait que l’actuel dirigeant de la Caisse soit en intérim » (Augustin de Romanet a quitté ses fonctions avant l’élection présidentielle de mai, et son successeur définitif n’a pas encore été nommé par François Hollande), « n’a aucune influence sur le dossier Veolia Transdev« , se défend un porte-parole avant même que l’on ne pose la question de l’intérim.

Ménage à trois ?

Depuis l’annonce du désengagement de Veolia Environnement, la Caisse des Dépôts, sans doute furieuse de voir le partenaire avec lequel elle venait de signer un accord de fusion quitter si vite le navire, a posé, il est vrai, un certain nombre de conditions :

  • d’une part, le repreneur doit en priorité être un partenaire financier et pas un opérateur industriel,
  • d’autre part, les ambitions internationales de Veolia Transdev implantées dans 27 pays ne doivent pas être démenties.

Donc, pas question de démembrer l’entreprise ou de vendre les parts de Veolia par appartement. « Il est clair que le projet de l’entreprise n’est pas d’avoir une base géographique étriquée« , commente un proche du dossier.

Mais pour financer cet appétit mondial, il faut des moyens. Or, selon les informations du Monde, Cube Infrastructure préfèrerait céder une partie des activités internationales de Veolia Transdev pour se recentrer sur l’Europe. Cube s’est refusé également à toute explication.

Gouvernance

L’autre écueil, c’est la gouvernance du futur ensemble reconstitué. Avant son départ, le 7 mars 2012, Augustin de Romanet avait annoncé la détermination du bras armé de l’État de rester actionnaire majoritaire dans le groupe de transport public, voire de monter au capital. « Son successeur par intérim, Antoine Gosset-Grainville« , ne dit pas le contraire, assure un porte-parole de la Caisse.

Mais, au final, ce ne sera sans doute pas lui qui décidera du sort de Veolia Transdev, lequel sera forcément rebaptisé après le départ de Veolia ou la cession partielle de ses actifs. Et qui en prendra la tête ?

Selon un proche des négociations cité par Le Monde, « La CDC veut profiter du changement d’actionnaire pour imposer l’un des siens à la direction ou à la présidence de Transdev« . Ce qui « commence à faire beaucoup pour un repreneur« , poursuit-il.

Entre les aspects financiers et la bataille pour la gouvernance du nouvel ensemble, le bouclage du dossier semble encore bien loin.

(Avec mobilicites.com).

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