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Paris – Grenoble : un périple de 12h17 !

Posted by ardsl sur 30 juin 2012

Ils se rappelleront de leur départ en vacances ! Les 630 passagers ayant embarqué vendredi 29 juin à bord des TGV 6927 (Paris 19h37 – Grenoble 22h40) et 6197 (Paris 19h37 – Avignon 23h07) ont vécu un calvaire qui aura duré jusqu’à 12 heures pour certains. Ils ont notamment été bloqués pendant près de 4h30 en Saône-et-Loire.

Ils sont arrivés samedi 30 juin respectivement à 6h07 à Avignon centre et à Grenoble à 7h54 après être partis de Paris à 19h37 vendredi 29 juin.

En guise de consolation, SNCF offre aux infortunés voyageurs un aller-retour pour Paris en plus du remboursement intégral de leur billet de train accordé aux autres passagers.

Le ministre délégué aux Transports Frédéric Cuvillier a demandé samedi 30 juin au président de SNCF, Guillaume Pépy, des explications sur les incidents de la nuit et «un rapport dans les prochains jours». Dans un communiqué, le ministre annonce qu’il recevra le président de SNCF dès le 12 juillet, pour aborder «les actions évoquées par le rapport et les mesures plus générales que compte prendre la SNCF pour améliorer la qualité de service offert aux voyageurs».

Pour les 600 passagers des TGV 6197 et 6927, le voyage avait bien commencé jusqu’à ce que le train s’arrête brusquement vers 21 heures en rase campagne, en Saône-et-Loire à Curtil-sous-Burnand. L’arrêt a duré 4h30 dans une chaleur étouffante pour des passagers privés d’électricité, de climatisation et d’eau et parfois accompagnés d’enfants en bas âge fatigués et énervés. Seule explication donnée par un contrôleur : «le moteur a brûlé».

«On a marché en toute sécurité sur le bas côté des voies»

En pleine nuit, vers 0h30, les passagers ont quitté les rames en panne et ont été transbordés dans d’autres rames. Il a fallu pas moins de 1h30 pour mener l’opération à bien avec les 600 passagers. «On a marché en toute sécurité sur le bas côté des voies avec l’aide des pompiers et des gendarmes de Saône-et-Loire, c’était très pénible avec les valises, mais il n’y a eu aucune animosité», a précisé une passagère.

Les 600 passagers ont reçu des bouteilles d’eau lors d’un arrêt exceptionnel à Mâcon TGV.

Les voyageurs sont arrivés à Lyon Perrache à 3h11. Les passagers pour Valence, Montélimar et Avignon sont repartis dans la foulée vers Avignon. Mais, pour les autres, le calvaire était loin d’être fini. En effet, la ligne entre Lyon et Grenoble était fermée pendant la nuit pour des travaux. «Nous avons été accueillis dans une rame en 1ère classe avec des paniers repas, un kit nuit et des couvertures», a raconté une passagère.. «À 6 heures, ils nous ont réveillés avec du café et un petit déjeuner, on a encore changé de train», a-t-elle ajouté.

Le TGV n’a quitté Lyon qu’au petit matin (vers 6h25) pour repartir vers Grenoble où les passagers sont finalement arrivés à 7h54 (voie A), soit 12h17 après leur départ de Paris !

Un incident technique rare

Un porte-parole de SNCF a expliqué que les retards étaient dus à « une panne de motorisation« , a précisé un porte-parole de la compagnie. « Le train partant de Paris à 19h37 était composé d’une rame à destination de Grenoble, avec 310 voyageurs, et d’une autre à destination d’Avignon, avec 320 voyageurs« , ajoute SNCF, qui explique que « le train s’est arrêté à 21h00 (…) à la suite d’un dispositif de sécurité alertant sur un échauffement, privant les motrices d’une partie de leur capacité de tractionLe déclenchement de ce dispositif d’alerte est un événement rare« , a insisté SNCF, et « les experts de l’entreprise recherchent activement la cause de cet incident« , d’autant que « les deux rames étaient sorties d’une révision quelques heures avant leur mise en service« .

Plus de soixante cheminots ont été mobilisés « pour porter assistance aux voyageurs dans le train et dans les gares d’accueil, pour les orienter et pour distribuer des coffrets repas, des boissons, du café, des petits déjeuners« , a ajouté SNCF.

La rame où se trouvaient les voyageurs à destination de Grenoble a été « privée d’alimentation électrique, pendant un peu moins d’une heure« , selon SNCF. Celle-ci a dépêché une rame de secours depuis Lyon, pour y transborder les 630 voyageurs avec leurs bagages. « Cette opération, commencée à minuit quinze, qui a été réalisée avec l’aide des agents de la voie, des contrôleurs, des conducteurs, des cheminots volontaires à bord et de pompiers, a pris une heure et demie, compte tenu des contraintes de sécurité« .

Mais « les grands travaux menés la nuit sur le réseau ferroviaire entre Lyon et Grenoble ont empêché les 180 personnes à destination de Grenoble de réaliser la fin de leur trajet. Elles ont été prises en charge en gare dans les meilleures conditions possibles, compte tenu des circonstances, et acheminées à leur destination, peu après 6h00, par un train spécialement affrété« , a poursuivi la SNCF.

Jusqu’à 2h30 de retards pour d’autres TGV

Ces trains en panne, bloquant la voie impaire (sens Paris > Lyon), a obligé à faire circuler les trains vers Paris et vers le sud sur la voie paire en alternance, occasionnant d’autres retards. Ainsi sept TGV, qui se dirigeaient vers le Sud-Est et le Midi ont subi des retards. Dans la direction de Paris, une demi-douzaine de TGV ont connu des retards (lire notre relevé des retards constatés vendredi 29 juin).

(Avec leparisien.fr et AFP).

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5 Réponses to “Paris – Grenoble : un périple de 12h17 !”

  1. […] 9h14 de retard pour le TGV 6927 (Paris 19h37 – Grenoble 22h40) en raison d’une panne à Vaux-en-Pré, entre Le Creusot TGV et Mâcon TGV. Cette panne a nécessité le replacement des passagers dans une autre rame en gare du Creusot TGV. La circulation s’est faite en alternance sur une voie à partir de 21h dans ce secteur. Arrêt à Saint-Éxupéry supprimé. Train stationné à Lyon Perrache une grande partie de la nuit, en raison de la fermeture de nuit de la ligne Lyon – Grenoble en raison de travaux. (Lire Paris – Grenoble un périple de 12h17). […]

  2. Daniel ZORLONI said

    Bonjour,
    Pas vraiment d’accord avec le terme « calvaire » si on se réfère à l’origine étymologique de ce mot par rapport à la bible … On est loin d’un périple à pied dans les cailloux avec 200 kg sur le dos, flagellé sans arrêt avec une couronne d’épine sur la tête. Ce terme fait le jeux des meilleurs torchons français. D’autant plus que l’article parle d’une assistance au top pour transborder les passagers et d’une prise en charge aux petits oignons le soir à Lyon pour les naufragés de Grenoble et à leur réveil le matin … Grosse galère ou voyage laborieux mais pas un Calvaire si ce n’est le chaleur dans le train.
    Mais nul doute et je l’entends déjà que certains penseront tout de suite que les compagnie privées qui viront la SNCF à coup de pompe dans le cul sauront, elles, faire fonctionner des climatisations pendant plusieurs heures sans alimentation haute-tension, juste sur batterie … De toute façon à en croire les français, les sociétés privées n’auront jamais aucune panne de leurs trains, ne subiront jamais une avarie de caténaire, n’auront jamais quelqu’un qui se jettera sous leurs trains ou ne franchiront de PN fermés devant leurs rames et auront une personne par voiture pour les tenir les voyageurs au courant toutes les 5 min en situation dégradée … De grands rêveurs les Français.

    Quand à ça :
    « Le ministre délégué aux Transports Frédéric Cuvillier a demandé samedi 30 juin au président de SNCF, Guillaume Pépy, des explications sur les incidents de la nuit et «un rapport dans les prochains jours». Dans un communiqué, le ministre annonce qu’il recevra le président de SNCF dès le 12 juillet, pour aborder «les actions évoquées par le rapport et les mesures plus générales que compte prendre la SNCF pour améliorer la qualité de service offert aux voyageurs».

    Là on est dans l’hypocrisie avec un grand H ! Je serais G. Pépy je retournerais illico la question au ministre en lui demandant ce que l’État français compte faire pour améliorer la qualité du service public comme par exemple continuer à porter à bout de bras cette société que les gouvernements précédents ont démoli pierre par pierre pour la réduire à une société qui n’a plus la présence humaine suffisante pour assurer des services et des prestations qui ne souffrent pas le « minima à flux tendu » au risque de perdre totalement toute efficacité et de voir rabaisser son niveau de sécurité à celui de l’Inde, du Gabon ou du Vietnam … Régression quand tu nous guettes ! Et là encore on s’en sort pas mal, et ce n’est pas la route et ses sacro-saint autocars qui ont été capables de prendre le relais … Mais des cheminots qui se sont dévoués, certainement bien au-delà de leurs heures de service voir pendant des heures non travaillées.

  3. […] more here: Paris – Grenoble : un périple de 12h17 ! « ARDSL Association Rail … June 30, 2012   //   Travels   //   No Comments […]

  4. […] Deux TGV avec plus de 600 voyageurs, victimes d’un incident technique, étaient restés immobilisés dans la nuit du 29 au 30 juin en Saône-et-Loire, faisant vivre de longues heures d’attente aux passagers. Certains avaient mis plus 12 heures pour arriver à Grenoble. À la suite de l’incident, le ministère des Transports avait demandé un rapport à la SNCF. (Lire notre article). […]

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