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SNCF anticipe une perte de marché de 30% si les TER s’ouvrent à la concurrence

Posted by ardsl sur 25 juillet 2012

La compagnie ferroviaire pourrait perdre dans les dix prochaines années jusqu’à 30% de ses parts de marchés sur les trains régionaux (TER) et 40% sur les Intercités en raison de l’ouverture de ces activités à la concurrence, selon une information publiée par Les Échos le 20 juillet 2012.

« Selon le plan d’affaires 2013-2017 examiné par le conseil d’administration (de SNCF) fin juin 2012, l’entreprise anticipe des pertes de ses parts de marché importantes en 2017, et encore plus en 2022, sur les segments d’activité sur lesquels elle sera mise en concurrence« , indique le quotidien économique qui a visiblement pu consulter le document.

Sollicitée par l’AFP, SNCF n’a pas souhaité faire de commentaires.

Selon Les Échos, qui ne cite pas ses sources, la direction « anticipe dans son plan d’affaires une perte de 8% du marché des trains régionaux en 2017« , un pourcentage qui pourrait atteindre 30% en 2022.

Pour les Intercités, « la proportion des lignes captées par les nouveaux entrants est évaluée à 13% en 2017 et à 40% en 2022« , selon Les Échos qui précisent qu’il « ne s’agit pas là d’objectifs que se fixe l’entreprise, mais bien de la situation qu’elle s’attend à vivre ».

Le quotidien souligne que « ces projections à cinq et dix ans sont à prendre avec beaucoup de précautions (…) des paramètres cruciaux restant à préciser, « à commencer par la date de l’ouverture à la concurrence« .

À partir de 2015 ?

En décembre 2011, Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre de l’Écologie et des Transports, avait annoncé le lancement à partir de 2014 d’une « expérimentation » visant à ouvrir à la concurrence le marché des TER et des TET (lire notre article sur ce sujet).

Le nouveau gouvernement n’a pas encore indiqué s’il comptait ou non maintenir cette date mais le ministre des Transports Frédéric Cuvillier a indiqué qu’il allait examiner « avec la plus grande attention » les récentes propositions du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur ce dossier.

Dans un avis de fin juin 2012, l’institution suggère d’expérimenter à partir de 2015 la mise en concurrence des TER. Ces tests devraient être menés à échelle réduite, dans trois ou six régions et seulement sur certaines lignes, selon le CESE (lire notre article sur ce sujet).

Une réglementation européenne de 2009 impose aux États membres d’être en mesure de procéder à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional en 2019.

La Deutsche Bahn surfe sur la libéralisation ferroviaire

En Allemagne, la Deutsche Bahn AG affichait en 1993 un déficit de 8,2 milliards d’euros et ses dettes s’élevaient à 33,5 milliards d’euros.

Avec l’ouverture à la concurrence lancée en 1994 pour le fret puis les lignes régionales et longue distance, la compagnie ferroviaire publique a certes perdu son monopole – il existe aujourd’hui plusieurs dizaines d’opérateurs privés dont les Français Keolis et Veolia – mais elle est redevenue bénéficiaire depuis 2004. Tout en restant le principal opérateur ferroviaire outre-Rhin.

Dans les faits, la concurrence est faible, essentiellement à cause du coût élevé demandé par DB Netz, le gestionnaire des infrastructures ferroviaires, pour utiliser le réseau ferré.

(Avec mobilicites.com).

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