ARDSL Association Rail Dauphiné Savoie Léman

Le blog des usagers

SNCF expérimente les « anticipateurs d’aléas »

Posted by ardsl sur 30 juillet 2012

La direction régionale Centre de SNCF teste des procédures permettant de mieux répondre en cas d’incidents sur le réseau.

C’est la hantise de SNCF : un train bloqué en rase campagne en pleine canicule l’été… ou victime de fortes chutes de neige l’hiver. Les effets en cascade sont dévastateurs sur l’image de l’entreprise, confrontée à l’exaspération des usagers et de ses 168000 agents, de plus en plus stressés.

Pour répondre à cette épineuse problématique, la direction de l’opérateur ferroviaire mise sur une plus grande anticipation des risques, dans le but d’améliorer l’efficacité de ses réponses en cas de crise. S’appuyant sur l’exemple suisse, la direction préfère donc annuler un train susceptible d’être en retard – lié notamment au facteur climatique –, afin d’éviter d’entraîner tout le trafic dans une spirale infernale.

En région Centre, la direction régionale de SNCF a choisi de créer une nouvelle entité de veille. Déjà à la tête du centre opérationnel, Jörn Harms a vu ses prérogatives élargies avec la création de la première cellule pré-opérationnelle de France, dont il a pris la direction. Ce nouveau service composé d’experts « anticipateurs d’aléas » doit vérifier à J-7 « que tout est au bon endroit au bon moment ».

Tous les retards sont analysés à la loupe

Il s’agit en outre d’intégrer dans l’organisation de la circulation des trains « les nombreux travaux de maintenance sur les voies ». Tous les facteurs qui peuvent affecter le trafic sont étudiés : les trains spéciaux (une vingtaine traversent la région par semaine), affrétés pour les comités d’entreprise, les pèlerins ou les colonies de vacances, nécessitent, par exemple, l’intervention d’agents pour l’aide aux bagages, « sans quoi on prendrait le risque de faire attendre les autres départs ». Tous les retards sont analysés à la loupe. Par prévention, cette cellule vérifie que les stocks d’eau dans les gares et les trains sont en quantité suffisante en cas d’arrêt prolongé.

L’investissement n’est pas anodin. Depuis deux ans, le centre opérationnel a doublé son personnel. Si l’objectif premier est de tout faire pour que les trains arrivent en gare à l’heure, il s’agit en creux de redorer le blason d’une entreprise qui a vu son image se dégrader.

Une initiative qui fait tâche d’huile

D’autres directions régionales vont imiter l’initiative. C’est le cas à Lyon où l’équipe sera bientôt en place, Bordeaux, Marseille ou dans la région Nord. Thierry Abon, directeur régional circulation, d’astreinte une semaine sur deux, sept jours sur sept, voit dans ce déploiement progressif de cellules d’anticipation une chance pour la SNCF « de prendre de l’avance » sur ses futurs concurrents, quand la libéralisation du transport ferroviaire de voyageurs sera actée.

« Tout le monde sera confronté aux mêmes aléas », renchérit Jörn Harms. Les responsables de SNCF assurent ne pas « craindre cette concurrence » . Ils trouvent « injuste » que l’image de leur entreprise soit aussi rabaissée, que leur travail « ne soit pas reconnu à sa juste valeur » . Thierry Abon voit chez ÉDF un modèle à suivre. En période de crise, le fournisseur d’électricité arrive, selon lui, à « parfaitement faire savoir dans les journaux télévisés que ses agents travaillent au dépannage ».

(Avec La Croix).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :