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Rémi Walbaum, président de la CGN : « il est impératif de lancer de nouvelles lignes »

Posted by ardsl sur 4 août 2012

Le 16 mai dernier, Rémi Walbaum, 53 ans, a été élu président de la Compagnie générale de navigation (CGN). Entrepreneur suisse, le nouveau président de la CGN n’est pas issu du milieu. Il a été appelé pour « rénover » l’entreprise.

Il livre ses ambitions pour l’entreprise.

Quel a été votre parcours avant d’arriver à cette présidence ?

« Je suis entrepreneur de métier. Je suis le fondateur du site de vente en ligne leshop.ch (premier supermarché en ligne de Suisse), qui a été racheté par Migros. J’ai également lancé une chaîne de boulangerie, « Fleur de pains ». »

Comment êtes-vous arrivé à la CGN ? Aviez-vous déjà un pied dans l’entreprise ?

« Le conseiller d’État qui est venu me chercher a sûrement été intéressé parce que j’avais déjà rénové deux métiers traditionnels, l’épicerie et la boulangerie. En revanche, je n’avais pas du tout de pied à la CGN auparavant. Je suis également professeur à HEC Lausanne et directeur à l’école hôtelière. Je ne suis même pas marin… mais alpiniste ! »

Quel regard portez-vous sur cette entreprise ?

« Il y a beaucoup de passionnés à la CGN… Mais c’est bien d’avoir un peu de recul, d’apporter un autre regard, extérieur. Et puis : je suis binational (suisse et français). C’est important dans les relations avec les autorités françaises ! La CGN, c’est d’abord un magnifique patrimoine historique. J’aime dire que si on pouvait faire payer à chaque fois qu’un bateau de la compagnie est pris en photo sur le lac, ça rapporterait plus que la vente des billets ! »

Quel regard portez-vous sur la division de la flotte en deux entités distinctes : d’un côté une filiale pour le transport public, de l’autre pour les bateaux Belle-Époque et la flotte plus touristique ?

« Les choses sont plus simples : c’est le payeur qui commande. Il est normal que celui qui détient le capital détienne les droits de vote. Avant, les trois cantons n’étaient pas majoritaires, ce n’est plus le cas maintenant. Ils détiennent plus de 57 % des parts, avec en face un autre partenaire, l’ABVL (l’Association des bateaux à vapeur du Léman). Ce sera donc à travers la CGN Belle Époque que nous devrons trouver les fonds pour rénover les bateaux anciens. »

Reverra-t-on des bateaux Belle Époque sur les rives françaises ?

« Bien entendu, comme c’est déjà le cas actuellement avec des croisières vers Yvoire notamment. Six bateaux sur huit fonctionnent, les lignes ont peu de latitude à changer. »

Où en sont aujourd’hui les différentes liaisons transfrontalières ?

« Le transport public est une obligation pour la société. L’augmentation du nombre de frontaliers, la pression immobilière assez forte en France, tout ceci impacte durablement la CGN pour les années à venir. L’augmentation du trafic est déjà monumentale : plus 20 % entre 2011 et 2012. L’engorgement des routes, côtés suisse et français, est une réalité autour de ce lac dont nous sommes tous riverains : le bateau permet d’éviter cet engorgement. Nous avons tous le même problème : partout il y a des montagnes derrière les berges. Sur le peu d’espace qu’il reste, il faut caser les maisons et les routes. Si on peut se déplacer autrement pour accéder quelque part, ça évite la saturation générale ! »

Y aura-t-il de nouveaux bateaux, pour la ligne Thonon – Lausanne, par exemple ?

« Oui, sûrement. Mais le rythme ne sera pas celui auquel tout le monde s’attend. On n’augmente pas une flotte en cinq minutes. La société n’a pas les financements pour acheter seule des bateaux. »

Quel développement envisagez-vous pour ces liaisons ? De nouvelles destinations, à l’est notamment (Évian – Montreux, etc.) ?

« Cela fera partie des études. Mais nous ne sommes pas tout seuls, il faut aller voir les autorités françaises et suisses. L’idée c’est qu’il y ait une véritable étude pour comprendre les vrais besoins des uns et des autres, à terme. Ce n’est que seulement après que nous pourrons acheter des bateaux. Nous allons donc commencer par un grand tour de table, fin août. Il faut engager un gros travail de réflexion pour connaître les enjeux pour 2020. À l’avenir, il sera impératif de lancer de nouvelles lignes, d’abord parce que les relations transfrontalières ne font que s’améliorer et croître. Les collaborations sont de plus en plus intenses ; nous avons par exemple un élu français, Monsieur Denais (maire de Thonon-les-Bains) au conseil d’administration de la CGN. »

(Avec Le Messager).

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