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Accident de Bellecour : «cela aurait pu arriver à n’importe quel conducteur»

Posted by ardsl sur 21 août 2012

Au dépôt TCL de Perrache et dans les bus, l’heure était lundi 20 août à la consternation. Chaque agent se sent concerné par ce qui est arrivé à leur collègue samedi 18 août. Les chauffeurs soulignent la conduite très particulière des bus articulés, longs de 18 mètres et la difficulté de rouler à Lyon.

Une atmosphère de plomb pesait lundi 20 août sur le dépôt TCL de Perrache. Deux jours après le terrible accident qui a coûté la vie à un jeune Villeurbannais, les chauffeurs de bus ont repris le volant sans pouvoir évacuer de leur mémoire les événements de samedi 18 août. « Les gens sont très choqués par le décès de ce jeune et par la mise en cause de leur collègue« , témoigne un agent de maîtrise. « On connaît tous P., c’est un ancien de la boîte, il est expérimenté et faisait la ligne depuis un ou deux ans. Ce type d’accident peut arriver à n’importe quel conducteur. »

Un chauffeur vient de boucler sa journée : « percuter une personne, c’est le pire qui peut nous arriver. On y pense tout le temps ». Un autre va commencer sa tournée dans un bus du même type que celui impliqué dans l’accident. Il se dit bouleversé : « c’est terrible, ça me fait peur. On passe une bonne partie de la journée à éviter des accidents avec des scooters et des piétons et voilà, ça arrive. »

Le personnel roulant des TCL connaît les zones accidentogènes de Lyon, ces endroits où se croisent piétons, véhicules et deux-roues, et les appréhendent. Le couloir de Bellecour est réputé dangereux, car étroit et très fréquenté. « La conduite est très difficile à Lyon« , poursuit l’agent de maîtrise. « C’est du stress permanent. Le chauffeur doit être vigilant à l’intérieur de son bus et aussi à l’extérieur. Il doit gérer la route, les clients, la vente des tickets et son temps« .

Place Bellecour, à une centaine de mètres du lieu de l’accident, une jeune femme brune est au volant d’un bus articulé : « moi, je crois mon collègue. Il était vigilant sur ce qui se passait devant. Ce type de véhicule fait 18 tonnes à vide et 18 mètres de long. On ne sent pas ce qui se passe à l’arrière de la remorque. » Une de ses collègues, elle aussi conductrice d’un « articulé » ne s’étonne pas non plus que le chauffeur du C20 n’ait rien vu ni rien entendu. « L’accident s’est produit au niveau des ventouses. Une remorque, c’est compliqué à gérer : cela bouge tout le temps, on n’a pas la même visibilité surtout à l’arrière et on n’entend pas les bruits extérieurs. Pourtant, on a les yeux rivés sur les rétros. » La conduite d’un tel bus demande deux jours de formation supplémentaire.

(Avec Le Progrès).

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