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Baisse des taxes sur les carburants : et pourquoi pas un plan en faveur des transports collectifs ?

Posted by ardsl sur 27 août 2012

Tandis que l’Automobile Club de France se félicite de la baisse « modeste et provisoire » des taxes sur les carburants annoncée par le gouvernement le 22 août 2012, la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT) juge que cette mesure est « coûteuse » et lance « un message anti-pédagogique » aux Français. Elle préconise un vaste plan de développement des transports collectifs.

Une baisse « modeste » et « provisoire » de la TIPCE (taxe intérieure sur les produits énergétiques, ex-TIPP), c’est ce qu’a promis Jean-Marc Ayrault le 22 août sur RMC Info et BFM TV en réponse à la flambée du prix des carburants à la pompe en plein congés d’été : près de 1,46 euro le litre de gazole, près de 1,67 euro pour le SP95.

Une baisse des taxes donc, plutôt que qu’un blocage des prix promis par François Hollande, trop compliqué à instaurer, selon le gouvernement.

La mesure annoncée par le premier ministre ne devrait pas toutefois représenter plus de quatre à cinq centimes d’euro du litre à la pompe.

Quelques centimes de baisse provisoire qui n’empêchent pas les tractations à Bercy. Le ministre de l’Économie Pierre Moscovici et son collègue à la Consommation, Benoît Hamon, ont accueilli le 27 août dans l’après-midi les principales organisations de défense des consommateurs, et devaient négocier le 28 août avec les pétroliers et distributeurs de carburant la mise en œuvre de la baisse promise par Jean-Marc Ayrault.

Mesures de fond

Dans un communiqué qui ne s’est pas fait attendre, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) fustige la mesure gouvernementale . « Il est incohérent de chercher hier à réduire la consommation de pétrole en renforçant le dispositif du bonus-malus (lire l’article sur le rapport de la Cour des Comptes sur ce sujet) puis, aujourd’hui, de vouloir la pérenniser en la faisant subventionner par l’État« , estime Jean Sivardière, son président. qui juge cette mesure « sympbolique » avec des effets « provisoires et dérisoires« .

Alors que la présidente de la CLCV, estime qu' »il faut absolument arriver à baisser le prix de l’essence car c’est intolérable pour les ménages« , la FNAUT préconise plutôt des mesures de fond comme par exemple, un « vaste plan de développement des transports publics » entre les villes de banlieue, dans les zones périurbaines et rurales où vivent de nombreux automobilistes à faible pouvoir d’achat et obligés de prendre leur voiture pour se déplacer.

L’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) constate par la voix de son délégué général, Bruno Gazeau cité mi-août par Libération, qu' »une hausse durable du prix de l’essence amène plus de passagers dans les transports en commun« . À condition qu’il y en ait là où les besoins sont pressants.

Dans son interview sur RMC Info et BFM TV, Jean-Marc Ayrault a annoncé que son gouvernement proposerait des mesures pour développer les transports en commun, notamment dans les zones mal desservies.

Avec quel argent ?

L’éphémère ministre de l’Écologie, Nicole Bricq, avait annoncé début juin qu’un troisième appel à projets sur les transports collectifs en site propre (TCSP) serait lancé par le gouvernement. Mais dans les zones périurbaines et dans les campagnes, ce sont de nouvelles formes de transport et surtout, de nouvelles sources de financement des transports publics qu’il faut inventer.

(Avec mobilicites.com).

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La FNAUT attend du gouvernement des mesures plus efficaces qu’une baisse des taxes sur les carburants

Posted by ardsl sur 27 août 2012

Confronté au mécontentement des automobilistes, le gouvernement envisage une baisse « modeste et provisoire » des taxes sur les carburants : une telle mesure serait incohérente, inutile et dangereuse, selon la FNAUT.

Il est incohérent de chercher hier à réduire la consommation de pétrole en renforçant le dispositif du bonus-malus puis, aujourd’hui, de vouloir la pérenniser en la faisant subventionner par l’État.

Au moment où on augmente les impôts, il y a mieux à faire pour protéger les automobilistes que de gaspiller l’argent public par une mesure symbolique dont les effets, sauf à ruiner l’État déjà peu fortuné, ne pourraient être que dérisoires et provisoires.

Il est dangereux de nier ainsi que la hausse du prix du pétrole est un phénomène à la fois conjoncturel et structurel, et d’endormir le consommateur, au lieu de le responsabiliser, en validant un « droit acquis » au carburant bon marché, comme le fait le ministre de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici, quand il déclare : « il n’est pas question que les prix des carburants continuent d’augmenter ».

La FNAUT attend un effort d’information du public sur le prix des carburants en Europe et leur évolution en France

Le prix des carburants automobiles en France est un peu inférieur à la moyenne européenne : 1,42 € / litre de gazole le 13 août dernier contre 1,52 € dans l’Europe des 27. Le litre de gazole coûtait alors 1,54€ en Allemagne, 1,71€ en Italie et 1,77€ en Grande-Bretagne.

Suivant une étude de l’économiste Jean-Marie Beauvais réalisée pour la FNAUT et l’ADEME, contrairement aux idées reçues, le prix moyen réel d’un trajet de 100 km en voiture (chiffré en nombre de minutes de travail nécessaire pour payer le carburant) a été divisé par 2,5 depuis 1970, soit une baisse de 60% : le salaire minimum a augmenté 3 fois plus vite que le prix des carburants en monnaie courante ; depuis 2000, la fiscalité des carburants a fortement baissé (de 78% du prix de vente à 55% pour l’essence, et de 70% à 47% pour le gazole).

La FNAUT souhaite des incitations à réduire immédiatement la consommation de carburant

La FNAUT est favorable :

  • au lancement d’une grande campagne d’information sur l’éco-conduite, sur le modèle des campagnes de sécurité routière (2h de formation suffisent pour réduire la consommation de 10%)
  • à un abaissement des vitesses maximales autorisées à 120 km/h sur les autoroutes (comme en Belgique, Espagne, Finlande, Grèce, Irlande, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse et sur de nombreuses sections en Allemagne), 100 km/h sur les voies express et 80 km/h sur les routes ordinaires.

La FNAUT exige des mesures de fond permettant de réduire progressivement la dépendance automobile.

La FNAUT suggère 4 mesures :

  1. Favoriser l’intermodalité pour réduire la longueur des parcours automobiles.
  2. Faire connaître la prime transport, instaurée sur l’ensemble du territoire en 2009 mais dont l’existence est encore peu connue des salariés.
  3. Préparer un vaste plan, créateur d’emplois pérennes, de développement des transports collectifs entre banlieues des grandes villes et dans les zones périurbaines et rurales, où vivent de nombreux automobilistes à faible pouvoir d’achat captifs de leur véhicule.
  4. Encourager le télétravail et la densification de l’habitat autour des transports collectifs.

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La voiture coûte trois fois plus cher que les transports collectifs : le saviez-vous ?

Posted by ardsl sur 16 mars 2012

Se déplacer en transport en commun coûte trois fois moins cher que de prendre sa voiture. C’est ce que révèle une étude de la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT) qui propose d’augmenter le prix du stationnement, d’introduire le péage urbain, de réduire le bonus écologique, de supprimer la prime à la casse et de baisser le barème fiscal kilométrique pour bousculer le comportement des Français. Et bousculer peut-être la campagne électorale muette au sujet des transports, sauf sur le prix de l’essence.

« Alors que l’offre de transport collectif s’est considérablement améliorée ces deux dernières décennies, comment se fait-il que ce mode de déplacement n’assure en moyenne que 12% des déplacements de proximité ?« , s’interroge Jean Sivardière, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT), à l’origine d’une étude sur les coûts d’usage de la voiture et des transports publics.

« Apparemment, les efforts réalisés pour améliorer la fréquence, la qualité de service, le confort et la régularité des transports publics ne suffisent pas à convaincre les automobilistes. Parce qu’ils ignorent le coût réel d’usage de la voiture et des transports publics ?« , continue à s’interroger l’inlassable défenseur des transports collectifs.

La FNAUT a donc voulu disposer d’une « réelle analyse scientifique« , et confié l’entreprise à Jean-Marie Beauvais, expert en économie des transports. Les résultats ont été publiés le 16 mars 2012.

Prendre le TER est plus économique que la voiture. Un trajet en TER coûte 5 à 6 fois moins cher qu'un trajet en voiture.

0,09 euro au km contre 0,23 euro

Pour mener cette recherche, l’économiste n’a pris en compte que les déplacements de proximité de moins de 80 kilomètres, et retenu que l’année 2008 pour illustrer la situation actuelle. Année correspondant à la derrière enquête nationale transports et déplacements. Il a passé à la loupe 70 réseaux de transport urbain (y compris en Île-de-France), interurbains, ainsi que les TER.

Premier enseignement : se déplacer en transport public coûte trois fois moins cher en moyenne que de prendre sa voiture. Démonstration : le coût total d’usage de la voiture (englobant le carburant, les péages, le stationnement, l’entretien et les assurances) est de 23 centimes par kilomètre. « Il s’agit du ratio dépenses/voyageurs-km et non du ratio dépenses/véhicules-km« , précise l’économiste.

En province, la dépense moyenne s’élève à 13,1 centimes par kilomètre pour les transports urbains et à 4 centimes par kilomètre pour les autocars départementaux. Concernant les TER, la dépense moyenne se chiffre à 7,2 centimes par kilomètre.

« La moyenne des dépenses en transport public s’élève à 9 centimes par kilomètre« , précise l’expert. Autrement dit, le transport public est trois fois plus économique en province et cinq à six fois plus en TER qu’en voiture.

40 ans que ça dure

L’auteur de l’étude a par ailleurs analysé le niveau de dépenses par voyageur selon les modes de déplacement, entre 1970 et 2010.

En 40 ans, le coût d’usage de la voiture n’a pas augmenté plus vite que celui du transport urbain. « Le rapport de force entre la voiture et le transport public n’a pas changé sur cette période« , observe l’expert. Le coût des transports publics a augmenté de 27% en euros constants, celui de l’autocar de 37% et celui du TER de 8%. Le coût d’utilisation de la voiture a par ailleurs progressé de 26%.

Explications de Jean-Marie Beauvais : « les salaires ont augmenté plus vite que le prix des carburants, la consommation des véhicules a diminué en moyenne de 3 litres au 100 km, le poids de la fiscalité dans le prix du carburant est passé de 80% à 60% pour l’essence et à 50% pour le gazole« .

Deuxième enseignement : il est donc urgent de mener une démarche pédagogique en direction des automobilistes. « Ils sous-estiment le coût d’usage de leur véhicule. Par conséquent, le transport public leur semble moins attractif. Il font donc arriver à les convaincre du contraire« , insiste Jean Sivardière.

Et cet effort de pédagogie relève de la responsabilité de autorités organisatrices, des transporteurs, des associations d’usagers, des médias.

Baisser le prix des transports publics

Attirer les automobilistes vers le transport public passerait-il par une baisse des prix des modes collectifs ? Pas pour la FNAUT qui dénonce cette « fausse piste« .

La question de prix du billet de bus ou de métro étant en partie résolue par les tarifications sociales « déjà très développées » et par la prime transport. « Peu de personnes se plaignent du prix trop élevé des transports publics, à l’exception des familles. Globalement, les usagers ne veulent pas des prix plus bas mais une meilleure qualité de service« .

« Une tarification basse ne suffira pas à les attirer vers les transports collectifs« , affirme Jean Sivardière. « Réduire la part payée par les clients prive l’autorité organisatrice de moyens nécessaires pour combler les retards d’investissement, intensifier l’exploitation et améliorer la qualité« , ajoute-il.

Autre argument en faveur du maintien du niveau des prix actuels : la maîtrise de l’étalement urbain. « Des tarifs trop bas incitent beaucoup de gens à habiter très loin de leur travail« .

Toucher les automobilistes au portefeuille

Pour la FNAUT, les automobilistes n’opteront pour le transport public que s’ils sont contraints financièrement. C’est-à-dire lorsque l’usage de leur voiture sera encore plus onéreux : avec du stationnement plus cher et des péages urbains.

Et pour décourager les automobilistes de prendre leur voiture, la FNAUT préconise aussi de réduire le bonus écologique et d’augmenter le malus, de supprimer toute forme de prime à la casse, et de baisser le barème fiscal kilométrique.

Dernier outil incitatif, une hausse de la part de la TIPP régionale pour donner de nouvelles ressources financières aux collectivités locales. « Cette augmentation des coûts de l’usage de la voiture est légitime et nécessaire« , affirme Jean Sivardière. « C’est justifié par le fait qu’en milieu urbain, l’automobiliste ne paie ni les coût économiques liés à la congestion, ni ceux liés aux accidents, ni les coûts écologiques« .

Les candidats à la présidentielle qui semblent aborder la question des transports par le seul biais du prix de l’essence à la pompe vont-ils relever certaines conclusions de cette étude ?

L’étude sur les coûts d’usage de la voiture et du transport collectif dans les déplacements de proximité a été financée par le Gart, l’UTP, Keolis, Veolia-Transdev, RATP, CarPostal et SNCF-Proximités.

(Avec mobilicites.com).

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