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Le refus du TransRun interpelle la presse romande

Posted by ardsl sur 24 septembre 2012

La carte du vote du TransRun commune par commune. Infographie : RTS.

La presse romande commente abondamment les résultats des votations de dimanche 23 septembre. Pour la plupart des commentateurs, le rejet du TransRUN révèle une rupture entre autorités et électorat dans le canton.

La presse romande commente largement le refus du projet du TransRun dans le canton de Neuchâtel. Les éditorialistes évoquent le rendez-vous manqué des Neuchâtelois ainsi que la rupture entre population et autorités politiques.

Neuchâtel a tout jeté dimanche 23 septembre, l’eau du bain, le bébé et même la baignoire, constatent « 24 Heures » et « La Tribune de Genève« . Parlant de législature perdue, les deux quotidiens estiment que la population n’a plus confiance dans ses autorités, qu' »elle aurait refusé n’importe quel projet venant de ces politiciens qui étalent leurs dissensions au grand jour« .

« Neuchâtel a raté un train, d’un souffle« , relève « Le Quotidien jurassien« . « Le petit non neuchâtelois au TransRUN n’exprime pas moins la grande frilosité de ce canton qui a perdu son audace, sa confiance en lui et en ses autorités politiques. Neuchâtel continue à se déchirer entre ses montagnes et son littoral. »

« Le Courrier » parle de choix du repli. Malgré la courte victoire du non, pour moins de 400 voix seulement, « le canton a bel et bien perdu une occasion unique de se projeter dans l’avenir avec un projet qui devait permettre de rapprocher les différentes régions du canton mais aussi ce dernier du reste de la Suisse« .

« Le Temps » assimile la votation à une gifle, exprimant les doutes du peuple quant à la capacité de l’État à assumer les 560 millions de francs revenant au canton et aux communes avec le TransRun. Pour le quotidien, la réduction des salaires de la fonction publique en 2013 et l’assainissement de la caisse de pension publique ont pesé dans la balance.

Gueule de bois

Pour « L’Impartial » et « L’Express« , le non va bien au-delà du seul résultat et met à mal la cohésion cantonale, eu égard à un Haut qui a voté oui contre le reste du canton, à l’exception notable notamment de la ville de Neuchâtel. Les journaux neuchâtelois s’étaient activement engagés en faveur du projet de transport public.

L’éditorial commun aux deux titres s’intitule « Chambrelien capitale cantonale« , du nom de la gare où les trains devront continuer à rebrousser chemin entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds jusqu’à nouvel avis. Il mentionne encore le fait que « ce matin le canton de Neuchâtel se réveille avec une sacrée gueule de bois« .

« La Liberté » souligne la crise de confiance qui affecte Neuchâtel. « Effrayé par le gouffre des finances cantonales, le peuple a peut-être raté l’occasion de combler le fossé qui se creuse entre le Haut et le Bas« , note le quotidien fribourgeois en relevant aussi la baffe reçue par Claude Nicati, le conseiller d’État en charge du dossier.

(Avec ATS).

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Le TransRun enterré par une courte majorité des Neuchâtelois

Posted by ardsl sur 23 septembre 2012

Le réseau ferroviaire, qui était prévu dans le cadre de la réalisation du Transrun.

Après recomptage, il apparaît que 50,29% des Neuchâtelois rejettent le projet du TransRun reliant Neuchâtel à La Chaux-de-Fonds. Seules 392 voix ont fait la différence.

Les Neuchâtelois ont joué la prudence financière en disant « non » dimanche 23 septembre, de justesse, au projet TransRun qui devait relier le haut et le bas du canton. 50,29% des Neuchâtelois ont ainsi désavoué leurs autorités, contre 49,71% (33724 non contre 33332 oui). La participation s’est élevée à 51,5%.

Les districts du haut du canton ont été clairement minorisés. Celui de La Chaux-de-Fonds a dit oui à plus de 70% et celui du Locle à plus de 60%. Mais sur l’ensemble du canton, le non l’emporte pour 392 voix. Les résultats étaient serrés au point de justifier un recomptage des voix en ville de Neuchâtel, dont le résultat devait faire la différence.

Coût chiffré à près d’un milliard de francs

Le coût du projet était estimé à 919 millions de francs, dont 830 millions pour la liaison rapide. Avec les contributions fédérales, et en particulier la participation de 241 millions des CFF, le coût à la charge du canton (60%) et des communes (40%) serait passé de 919 à 560 millions. Le réseau devait voir le jour à l’horizon 2022.

Un sondage MIS trend effectué pour L’Express-L’Impartial et la radio régionale RTN il y a une dizaine de jours indiquait que plus de 47% des Neuchâtelois y étaient favorables, contre 33% contre. Mais la part des indécis restait importante, représentant près de 19% des sondés (lire).

« Investissement pharaonique »

La création du TransRun a suscité la polémique. À l’exception de l’UDC, tous les partis représentés au Grand Conseil avaient recommandé l’acceptation du projet. Le Grand Conseil avait pour sa part adopté le projet en juin à une très large majorité, par 87 voix à 16. Le projet était pourtant largement soutenu par le gouvernement neuchâtelois, les villes de Neuchâtel, de la Chaux-de-Fonds et du Locle, ainsi que par tous les principaux partis politiques, à l’exception de l’UDC. Certains membres du PLR s’y opposaient toutefois.

Selon les opposants, emmenés par les députés Raymond Clottu (UDC) et Philippe Bauer (PLR), ce projet était « ambitieux, trop ambitieux et [venait] trop tôt« . À leur avis, il faut d’abord faire le ménage, venir à bout de la réforme hospitalière, assainir les finances cantonales et la caisse de pensions de l’État avant de se lancer dans un investissement qualifié de « pharaonique pour le canton le plus endetté de Suisse« .

Un nouveau projet « devra être trouvé« 

Le projet aurait signifié à terme l’abandon de la ligne ferroviaire actuelle et de la desserte de six gares. Une certaine défiance envers le Conseil d’État, dont le fonctionnement et la personnalité de certains de ses membres ont fait l’objet de critiques, s’est aussi manifestée. Le conseiller d’État Claude Nicati, en charge du dossier, a toutefois exclu de démissionner et assuré qu’il se présentera pour un nouveau mandat en avril 2013.

Parmi les partis, PLR et PS souhaitent remettre l’ouvrage sur le métier. Un nouveau projet d’amélioration des transports publics devra rapidement être trouvé. Ceci est d’autant plus justifié que le résultat est « extrêmement serré« , selon les socialistes.

Le Conseil d’État déçu par le « non » neuchâtelois

Après le refus du TransRun, le Conseil d’État s’est déclaré « déçu » que les Neuchâtelois aient « préféré le statu quo à l’audace« . « Ils n’ont été ni convaincus par les qualités du projet, ni par la nécessité de le réaliser et ont aussi certainement douté de la capacité du canton à le porter financièrement« .

Le gouvernement cantonal entend « mettre au premier plan le rétablissement de la cohésion cantonale » et « souhaite s’engager sur tous les dossiers pour que soit trouvée une voie moyenne, qui garantisse le développement de la région« , a déclaré Philippe Gnaegi, président du gouvernement.

Le résultat du vote laisse irrésolu le problème de la rénovation du réseau des transports publics dans le canton. Chef du Département cantonal de l’économie, Thierry Grosjean a qualifié d' »autogoal » le net refus du TransRun dans les districts du Val-de-Travers et du Val-de-Ruz.

Grande perdante du scrutin, la ville de La Chaux-de-Fonds est « consternée » par le résultat. De l’avis de la conseillère d’État Gisèle Ory, elle-même chaux-de-fonnière, sa ville aurait pu faire pencher la balance en faveur du « oui » avec un taux de participation plus élevé que les décevants 46,3% enregistrés dimanche 23 septembre.

Pour le conseiller d’État Claude Nicati, en charge du dossier TransRun, le résultat du vote signifie que le « réseau ferroviaire neuchâtelois sera assaini mais pas transformé » dans le sens du projet d’agglomération soutenu par la Confédération. « Le problème des transports publics n’est pas résolu« , a-t-il ajouté.

La carte du vote du TransRun commune par commune. Infographie : RTS.

Clivage entre le Haut et le Bas

La ville de Neuchâtel a été la seule commune du district à dire « oui », à 53,8% des suffrages. Les districts du Haut du canton ont été clairement minorisés : celui de La Chaux-de-Fonds a dit « oui » à plus de 70% et celui du Locle à plus de 60%. Mais alors que toutes les communes du district de La Chaux-de-Fonds ont approuvé, celles du Locle ne sont pas unanimes : ainsi, La Brévine a dit « non » à 67,4% des voix.

Comme prévu, le district du Val-de-Travers a refusé le projet, par 72,5%. À La Côte-aux-Fées, ce pourcentage grimpe à 78%. Dans le district de Boudry, seule la commune de Saint-Aubin-Sauges a accepté le TransRun, de justesse. Le district a refusé par 59% des voix. Le district du Val-de-Ruz a pour sa part rejeté le projet par près de 60% ; seule Cernier fait exception avec près de 53% des voix.

Les CFF vont rénover la ligne ferroviaire existante

La liaison ferroviaire entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds se poursuivra sur la ligne existante, ont annoncé dimanche 23 septembre les CFF, prenant acte de la décision des Neuchâtelois.

« Nous allons désormais renouveler la ligne entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds pour la maintenir à un bon niveau et assurer aussi bien que possible le trafic ferroviaire du futur« , a indiqué Philippe Gauderon, chef de la division Infrastructure et membre de la direction des CFF.

Les CFF vont lancer les études nécessaires à l’entretien et au renouvellement de la ligne Neuchâtel – Chambrelien – La Chaux-de-Fonds dès ces prochains jours.

(Avec rts.ch et ATS).

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