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Lyon – Turin : le débat dérape sur d’étranges terrains

Posted by ardsl sur 13 octobre 2012

Le sommet franco-italien de Lyon, début décembre, approche. François Hollande et le président du Conseil italien, Mario Monti, devraient y confirmer la volonté des deux États et donner l’élan décisif à la mise en chantier de la nouvelle liaison ferroviaire Lyon – Turin.

Au niveau gouvernemental, il a été à plusieurs reprises rappelé que ce dossier n’entrait pas dans la catégorie des grands travaux menacés pour raisons budgétaires : il s‘agit d’une priorité européenne et, de plus, faisant l’objet d’un traité international, la France ne pourrait y renoncer seule.

Cela dit, les opposants font feu de tout bois pour faire valoir leurs arguments. Le débat semble tourner à la guérilla. Un entrepreneur mauriennais vient d’en faire les frais.

Roger Truchet a ainsi pu lire dans Le Canard Enchaîné, mercredi 3 octobre, qu’on le soupçonnait de tremper dans une affaire de conflit d’intérêts. Le rapport de la commission d’enquête sur les “accès français” invite Réseau Ferré de France à examiner la possibilité d’utiliser un terrain de 9 hectares dont il est propriétaire, dans la zone d’activités d’Arbin, pour entreposer des déblais issus des travaux d’excavation. Or, parmi les membres de la commission d’enquête figure Guy Truchet, son frère… L’entrepreneur s’étouffe : « je n’ai pas vu mon frère depuis des décennies ».

Roger Truchet a effectivement déposé un mémoire, remarqué par la commission, pour l’utilisation de ce terrain, mais parce qu’il ne sait trop qu’en faire. « Je l’ai acheté 360000€ en 2002 pour créer une zone industrielle. Et quelques mois après, un plan de protection des risques a été mis en place et il est devenu inconstructible. Certes, je l’exploite, mais pour moi la solution, aujourd’hui, c’est que quelqu’un me le rachète. Dire que je pourrais faire 20 à 50 millions d’euros de bénéfices avec, c’est risible ».

Le maire d’Arbin, Carlo Apprati, confirme l’ensemble. « Le Canard m’a appelé, ils croyaient que Truchet avait acheté le terrain pour faire une carrière. Moi, ce que j’ai, c’est un dossier de lotissement industriel qui n’a pas abouti à cause du PPR ».

Pierre-Yves Fafournoux, président de la commission d’enquête a été attaqué, par Politis. Le magazine lui reproche des relations avec Egis, cabinet qui a réalisé des études d’impact pour le Lyon – Turin. « Diffamation », clame Pierre-Yves Fafournoux : ingénieur-conseil libéral, il n’a jamais été « associé à Egis entre 2004 et 2009 », comme le prétend l’hebdomadaire. Il a accompli, en 2003, une mission dans l’Aisne pour le compte d’une agence d’architecture, Base, qui collabore par ailleurs, de temps à autre, avec Egis, mais n’en dépend pas. Egis a aussi réalisé l’étude d’impact sur l’aménagement de la Romanche, en Isère, dossier dont Pierre-Yves Fafournoux a dirigé l’enquête publique. Mais cela « n’implique aucun lien avec les membres de la commission », indique-t-il.

Noël Communod, conseiller régional EÉLV, naguère favorable au Lyon – Turin et qui a rejoint les rangs des opposants, est bien embêté : il a relayé ces accusations pour le moins légères et se trouve confronté à la réaction du mis en cause, par avocat interposé. Il promet un communiqué « davantage documenté dans les jours qui viennent ».

Le 2 juillet, la commission d’enquête a remis au préfet de la Savoie un rapport favorable, assorti de recommandations, au dossier des “accès français” présenté par Réseau Ferré de France.

(Avec Le Dauphiné Libéré).

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Pas de hausse de la TIPCE, pas de moyens supplémentaires pour les transports

Posted by ardsl sur 10 octobre 2012

Lors de son assemblée plénière du 4 octobre, la Région Rhône-Alpes a refusé de dégager des moyens supplémentaires pour les TER par l’intermédiaire d’une de la TIPCE. Explications.

La Région a décidé de maintenir en 2013 la modulation de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques (TICPE) au même niveau qu’en 2012. Elle sera donc de 1,77 centimes d’euros par litre pour le sans-plomb (y compris E 10) et de 1,15 centimes d’euros par litre pour le gazole.

Le PS, le Front de gauche, EÉLV et le PRG ont voté pour le maintien des taux actuels de la TICPE. L’UDC et le FN s’y sont opposés.

Une augmentation de la TICPE était possible par l’application d’une tranche de la TICPE, prévue par le Grenelle de l’Environnement, pour financer les grands projets d’infrastructures de transport.

Le PS a mis en avant un choix politique de ne pas amputer le pouvoir d’achat des ménages rhônalpins et de ne pas contredire la politique gouvernementale pour baisser les prix des carburants. (Lire l’intervention d’Aurélien Ferlay).

Il n’y aura donc pas de moyens supplémentaires pour les trains régionaux. Pourtant Jean-Jack Queyranne (président PS de la Région) avait déclaré en septembre que « le modèle actuel du financement du TER conduit à une équation insoluble » en pointant du doigt la baisse des recettes fiscales liées à la TICPE.

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Train de nuit Paris – Briançon : ouverture des ventes dès le 11 octobre pour les trajets à partir du 9 décembre

Posted by ardsl sur 25 septembre 2012

Une rame Lunéa

Comme en 2011, une réunion a été organisée lundi 17 septembre à la gare de Briançon entre SNCF, Réseau Ferré de France, les élus du département des Hautes-Alpes et des socio-professionnels. La situation n’est pas du tout la même que l’an passé. Si la réunion de l’automne 2011 ressemblait à une cellule de crise en raison du manque de visibilité sur la commercialisation des trains, il semble cette fois que l’hiver 2012-2013 soit assez bien engagé pour le train de nuit Paris – Briançon.

Environ 80 personnes ont assisté à cette réunion sur la desserte ferroviaire des Alpes du Sud, avec notamment Marc Doisneau (SNCF), Marc Sevtchine (directeur régional de RFF), une représentante de l’État, Jean-Yves Petit (vice-président EÉLV de la Région PACA), Pierre Bernard-Reymond (sénateur des Hautes-Alpes), Joël Giraud (député PRG des Hautes-Alpes et conseiller régional), le maire de Briançon et son adjointe en charge des questions de transport.

En 2011, les trains de nuit Paris – Briançon avaient été ouverts à la vente seulement 15 jours avant leur départ. La situation était inacceptable pour beaucoup, les séjours au ski, notamment, se préparant nettement plus en avance que ça.

Une belle avancée pour l’hiver 2012-2013

Les représentants de SNCF et de RFF l’ont admis lundi 17 septembre à Briançon. Les vacances, qu’elles soient de Noël ou de février, sont importantes pour l’économie du département des Hautes-Alpes et leur commercialisation doit se faire bien plus tôt. Mais pour Jean-Yves Petit, vice-président de la Région PACA délégué aux transports, la question est de savoir quand les places dans les trains seront mises en vente. Marc Doisneau, représentant du service des trains d’équilibre de territoire à SNCF l’a montré. À l’heure actuelle, il est possible d’acheter un billet jusqu’au 8 décembre. Il l’a promis, ceux de la période de Noël et de l’ensemble de l’hiver (jusque fin mars) seront mis en vente à la mi-octobre (en l’occurrence le 11 octobre).

Cette avancée dans la commercialisation des billets est le fruit d’un travail entre SNCF et RFF. Marc Sevtchine, directeur régional de RFF a toutefois expliqué que « pendant 40 ans, l’accent a été mis sur la voiture et le camion et le réseau ferré en a fait les frais. Aujourd’hui, il faut le remettre en état et de nombreux chantiers sont ouverts, qui ont un impact, notamment sur le train de nuit Paris – Briançon. Parce que ces travaux, il est bien évident qu’on les fait de nuit, afin d’acheminer un maximum de passagers dans la journée. »

Présent à la réunion, le sénateur Pierre Bernard-Reymond a cependant souligné que ce n’était pas tout à fait suffisant. « Les Parisiens sont en train de réserver leurs séjours d’hiver maintenant », remarque-t-il. Joël Giraud, vice-président de la Région PACA en charge de la montagne, le rejoint là-dessus, lui qui pense que « la vente de transport doit se faire en même temps que la vente de séjour ».

L’État rappelle son attachement au train de nuit  Paris – Briançon

Dans le public aussi, l’insatisfaction se fait entendre. « Je pense que le problème vient de ce que vous planifiez des travaux sans vous poser la question de savoir comment vous allez faire circuler les trains », note un utilisateur. « C’était flagrant l’an dernier. Des travaux ont été planifiés, les trains pas commercialisés. Les travaux n’ont pas été faits mais les trains ont été mis à la vente une semaine plus tard. »

Passons outre la question de la qualité dans les trains, la réunion s’est terminée sur une note positive. Celle pour les élus d’avoir à nouveau des interlocuteurs chez RFF et SNCF pour échanger sur l’organisation du trafic ferroviaire. Celle aussi de la représentante de l’État, qui a rappelé « l’attachement de l’État au service Paris – Briançon – Paris de nuit » et quant aux problèmes de qualité, elle a assuré « qu’ils remonteront et j’espère qu’ils trouveront une réponse au fil du temps. »

Parmi les points abordés, celui de la qualité du service offert aujourd’hui. Pierre Bernard-Reymond en est persuadé, « il faut de la qualité dans le train de nuit pour le pérenniser. »

Se pose aussi la question des locomotives obsolètes. La remarque de Marc Doisneau, consistant à dire que les trains arrivaient à Briançon avec deux locomotives au cas où une des deux lâcherait, a suscité la consternation. Avec les pannes que les machines rencontrent, le parc se réduit (certaines ne sont pas réparables). Pour autant, pas d’achat de matériel à l’horizon (une locomotive coûte entre 5 et 6 millions d’euros).

D’où la demande de Jean-Yves Petit. Adapter des locomotives de fret au transport de passagers. « La Région le fait. Ça coûte un million par machine. Je demande à la SNCF de se pencher sur cette solution de transition », remarque-t-il.

(Avec Le Dauphiné Libéré).

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PACA réinvente la carte de transport

Posted by ardsl sur 30 août 2012

L’abonnement offre la gratuité sur les transports pendulaires et de fortes réductions pour les autres.

Depuis septembre 2011, la Région PACA expérimente un système de tarification à prix unique sur les transports relevant de sa compétence : 16 lignes de TER dans six départements, 22 lignes de bus express et le tracé du chemin de fer de Provence reliant Digne-les-Bains à Nice. Contre 15 euros d’abonnement (30€ pour les plus de 26 ans, zéro € pour les sans-emploi), les usagers disposent d’une option parmi quatre : trajet gratuit ou réduit (- 75%) du domicile au lieu de travail ou d’étude, moitié prix sur tous les autres trajets, quasi-gratuité pour les titulaires les plus démunis. Selon les villes, des réductions supplémentaires sont également accordées pour les transports en commun, tramway, bus et métro. « Notre objectif est d’accroître l’attractivité financière des transports collectifs par rapport à la voiture en offrant au plus grand nombre la possibilité de passer d’un mode de transport à un autre », explique Jean-Yves Petit, vice-président (EÉLV) délégué aux transports.

Jusqu’à 300 euros d’économie

Plus de 100000 voyageurs empruntent quotidiennement les réseaux, la moitié dans le cadre de déplacements pendulaires (domicile travail ou étude), et un tiers dans le cadre d’activités de loisir et de tourisme. En quelques semaines, 40000 étudiants et presque autant d’employés ont adopté la carte baptisée de l’expression provençale qui commande de circuler, « Zou ! ». À la clef pour certains jusqu’à 300 euros d’économie par mois. L’assemblée a anticipé un budget annuel de 16 millions d’euros pour financer l’opération, soit environ 5% de la facture annuelle qu’elle acquitte à SNCF. « Notre ambition est d’étendre ce dispositif à une carte unique pour tous les transports collectifs, y compris départementaux », poursuit le représentant régional. Un premier pas sera conclu l’an prochain avec la commercialisation de la carte Pass MP2013 qui permettra aux visiteurs de « Marseille, capitale européenne de la culture », de voyager indifféremment dans les TER, le métro marseillais ou les cars des Bouches-du-Rhône avec le même ticket à tarif unique.

 (Avec Les Échos).

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La SITMB pour un second tube au tunnel du Mont-Blanc ; Éric Fournier farouchement contre

Posted by ardsl sur 22 août 2012

50 ans après le percement d’un premier tube au tunnel du Mont-Blanc, certains défendent avec plus ou moins de discrétion le percement d’un second tube. La SITMB (Societa Italiana per Azioni per il Traforo del Monte Bianco) a pris publiquement position pour un second tube le 14 août 2012. Le maire de Chamonix, Éric Fournier, annonce son opposition totale à un tel projet. Explications et décryptage de l’ARDSL.

Si l’idée de percer une voie sous le Mont-Blanc est née au 19e siècle, c’est le 14 août 1962, il y a tout juste 50 ans, que les travaux s’achevaient sous le plus haut sommet d’Europe. Le 14 août 1962 se terminait le percement du tunnel du Mont-Blanc. La galerie longue de 11,6 km reliant Chamonix, en Haute-Savoie, à Courmayeur, dans la Vallée d’Aoste en Italie, n’a été ouverte aux automobilistes que trois ans plus tard, en 1965.

Jusqu’à l’ouverture du tunnel du Fréjus, en Savoie, en 1980, le tunnel du Mont-Blanc était la seule voie praticable l’hiver entre la France et l’Italie, en-dehors de la Côte d’Azur. L’idée d’un tunnel avait fait l’objet de plusieurs projets depuis le XIXe siècle. Bien que situé au pied du sommet le plus élevé des Alpes, ce site permettait de relier deux vallées de faible altitude, celles de Chamonix et d’Aoste.

Après plusieurs tentatives avortées, la France et l’Italie signent une convention en 1953. Les travaux débutent en janvier 1959. Les Italiens et les Français se rejoignent le 14 août 1962, avec un écart d’axe de seulement 13,5 mètres.

Fort de ses 11,6 km, le tunnel du Mont-Blanc a détenu le record mondial jusqu’en 1978, année de l’ouverture du tunnel d’Arlberg, en Autriche (13,972 km). Il a été également dépassé en 1980 par ceux du Fréjus (12,901 km) et du Saint-Gothard (16,918 km).

Le tunnel du Mont-Blanc est géré par un groupement européen d’intérêt économique formé par la SITMB et la société française ATMB (Autoroutes et Tunnel du Mont Blanc).

Drame de 1999

Le 24 mars 1999, un poids lourd transportant de la farine et de la margarine prend feu dans le tunnel. L’incendie se propage aux véhicules derrière lui. Il faudra deux jours pour le maîtriser. Trente-neuf personnes perdent la vie. Suite à cette tragédie, 380 millions d’euros ont été investis pour reconstruire totalement le tunnel, rouvert à la circulation en 2002 seulement.

Les véhicules légers représentent les deux tiers du trafic. En 2010, quelque 3300 voitures empruntaient le tunnel chaque jour, contre 1560 poids lourds et 44 autocars. Le chiffre d’affaires du tunnel, à péage, était de 162 millions d’euros en 2011, pour des charges d’exploitation de 85 millions d’euros.

La SITMB réclame un second tube routier pour le tunnel du Mont-Blanc

Au tunnel du Fréjus, la galerie de sécurité en cours de construction pourrait être transformée en un second tube de circulation (lire). Le trafic routier pourrait alors considérablement augmenter sur cet axe, au détriment du tunnel du Mont-Blanc et du fret ferroviaire.

Pour éviter une perte de trafic pour le tunnel du Mont-Blanc, certains défendent la construction d’un second tube routier au Mont-Blanc. C’est la position défendue publiquement le 14 août 2012 à Courmayeur, par la société italienne du tunnel du Mont-Blanc, la SITMB. Des paroles claires pour un projet de longues dates, mais apparemment enterré après la catastrophe de mars 1999. La SITMB a également attaqué le PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère) de la vallée de l’Arve, qui vise à réduire la pollution constatée sur France.

Dans un communiqué diffusé mercredi 22 août, la Société italienne pour le tunnel du Mont-Blanc (SITMB) a réitéré sa proposition de « lancer une étude de faisabilité sur la réalisation d’un second conduit » sous le Mont-Blanc « afin de renforcer les normes de sécurité« .

« L’objectif (…) ne serait pas de doubler la capacité du tunnel mais de séparer les flux de circulation (…) et de permettre la régularité sur le long terme du trafic international« , ajoute la SITMB, qui affirme que « les grands tunnels routiers transalpins bougent déjà dans cette direction« , en citant les tunnels franco-italiens du col de Tende et du Fréjus et le tunnel suisse de Saint-Gothard.

Pour le versant italien du dossier, le prix colossal des travaux réalisés sur les ouvrages autoroutiers menant au tunnel est sans aucun doute un moteur de poids. En effet, le doublement du tunnel – et donc la possibilité d’augmenter très sensiblement la circulation des poids lourds –, pourrait accélérer le remboursement des emprunts contractés pour lesdits travaux. Une donnée non négligeable en cette période de crise, et quand on sait le prix de passage d’un poids lourd (jusqu’à 300,50€ l’aller simple et 472€ l’aller-retour) dans l’ouvrage transfrontalier, on peut sans crainte penser que les Italiens voient d’abord dans ce projet une rentrée d’argent importante à moyen terme.

Il faut une décision gouvernementale selon ATMB

Interrogé sur la position française sur le sujet, le président d’Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc (ATMB), Hugues Hourdin, répond : « si la Société italienne du tunnel du Mont-Blanc s’interroge sur un éventuel doublement du tunnel du Mont-Blanc, ATMB ne s’est pas associé à cette démarche. Cette décision relève des gouvernements français et italien, voire de la commission européenne, car elle concerne la politique européenne des transports. »

Néanmoins, ATMB n’est pas contre un accroissement du trafic au tunnel du Mont-Blanc. La société française mène des investissements en ce sens. Les travaux du passage à 3 voies de la rampe entre Chamonix et le tunnel du Mont-Blanc vont d’ailleurs prochainement démarrer.

Dominique Martin (FN) pour

Lors de la campagne électorale pour les élections législatives, deux candidats ont défendu la construction d’un second tube au Mont-Blanc : Dominique Martin (Front National, conseiller régional et conseiller municipal de Cluses) et Romain Fromaget (Debout La République). Ils ont obtenu respectivement 14,55% et 0,34% des voix lors du premier tour dans la sixième circonscription de Haute-Savoie.

Le maire de Chamonix, Éric Fournier

Éric Fournier (NC) farouchement contre

Pour Éric Fournier (Nouveau Centre), maire de Chamonix, président de la communauté de communes de Chamonix et conseiller régional, la création d’un second tube au tunnel du Mont-Blanc est intolérable. Il évoque une « pure provocation« . Il dénonce en bloc ce projet. « Pour la vallée de Chamonix, vouloir entreprendre un tel projet, c’est ignorer, voire bafouer, les attentes de notre territoire et de ses habitants comme celles de tous les amoureux du massif ! À l’heure où ce territoire subit déjà de manière récurrente des pollutions atmosphériques inacceptables principalement liées aux circulations routières transfrontalières que nous avons entrepris de réduire via la mise en œuvre d’un Plan de Protection de l’Atmosphère, l’hypothèse d’un doublement des capacités du tunnel relève de la pure provocation ! C’est en effet la santé même de la vallée et de ses habitants qui est en jeu et que la réalisation de ce « projet » compromettrait irrémédiablement ».

Éric Fournier a sollicité un entretien téléphonique dans les plus brefs délais avec Delphine Batho, la ministre de l’Écologie.

Un « argument fallacieux » selon Sophie Dion

Sophie Dion, la députée UMP de la sixième circonscription de Haute-Savoie a exprimé son intention de rencontrer les représentants italiens avec le maire de Chamonix, Éric Fournier, et a affirmé que « c’est une mauvaise solution, une mauvaise idée. Elle n’est voulue ni par la société française du tunnel, ni par l’État francais. L’argument de dire que c’est pour la sécurité est totalement inopérant et fallacieux. D’autant qu’on ne peut contester que cela apporterait un trafic plus important« .

Où en est-on du dossier du second tube dans le tunnel du Mont-Blanc ?

« J’y suis en opposition totale, en accord d’ailleurs avec Éric Fournier le maire de Chamonix. Il y aura la rencontre de la conférence intergouvernementale en octobre à Rome, la question va se reposer. Aujourd’hui, la société française est contre, le gouvernement plutôt contre aussi, les élus également. Je ne sais pas s’il y aura un avis aussi explicite qu’on pourrait le souhaiter de la part du gouvernement, mais il n’y aura pas de démarche en faveur de cela en tout cas. »

Le Plan de pollution de l’atmosphère, contre lequel l’Italie a déposé un recours, devrait aussi y être abordé…

« Oui. C’est un recours de principe de droit : un moyen de légalité sur le respect de la procédure, la hiérarchie des normes et une atteinte au principe de libre circulation. Aujourd’hui, les sociétés française et italienne discutent et je pense qu’elles vont s’entendre pour que cela ne se termine pas à la barre du tribunal. Je souhaite vraiment qu’il y ait un terrain d’entente entre la France et l’Italie. L’idée consistera à engager des discussions sur la régulation journalière des poids lourds en transit de manière à concilier la protection de l’environnement et l’activité de nos entreprises notamment celles de la Vallée de l’Arve. Mon espoir, c’est qu’on débouche sur un accord en liaison avec le préfet. Ce n’est pas un problème de quotas. L’idée d’une sorte de contingentement, une régulation par jour et par catégorie est une idée qui me paraît raisonnable. Mais c’est une discussion qu’il faut engager, pas une position déjà tranchée. »

Jean-Jack Queyranne (PS) : « la priorité est au ferroviaire, pas au routier »

Pour le président socialiste de la Région Rhône-Alpes, « la priorité n’est pas au routier mais au ferroviaire, particulièrement au TGV Lyon – Turin. J’attends d’ailleurs du sommet franco-italien à la fin de l’année à Lyon, une confirmation de l’engagement ferme des deux gouvernements sur ce sujet. »

EÉLV monte au créneau

Les militants locaux du parti écologiste ont sauté sur leur plume la plus affûtée pour écrire à qui de droit, au gouvernement. Pas moins de trois lettres à trois ministres. Une pour la ministre de l’Écologie, une deuxième pour la ministre de la Santé et une troisième pour celle de l’Égalité, des Territoires et du Logement.

À la première, Delphine Batho, ils rappellent que “l’État français est inculpé par l’Union européenne pour non-respect des directives européennes de qualité de l’air, et risque d’avoir à verser une amende de 10 millions d’euros par année de dépassement et de 240000 euros par jour de dépassement.”

Pour la deuxième, Marisol Touraine, ils soulignent que “le coût des effets de la pollution atmosphérique sur la santé est encore largement supérieur puisqu’il est estimé à 35 milliards d’euros par an pour la France, dont 20 milliards seraient imputables à la pollution générée par le transport routier« .

À la troisième, Cécile Duflot, ils assurent sur le “report systématique des camions TIR vers le rail grâce à la ligne ferroviaire historique du Mont-Cenis et de son service de ferroutage entre Aiton, en France, et Orbassano, en Italie, est immédiatement réalisable”.

Et à tous, ils préviennent : ”nous ne comprendrions pas une autre position ou un silence du gouvernement sur ce sujet, nous attendons une rupture par rapport à la politique du tout routier“.

Voilà qui a le mérite d’être clair.

(Avec ATS, Le Dauphiné Libéré, lemessager.fr, AFP, La Tribune de Genève et Le Messager).

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Guillaume Pépy à la tête d’ÉDF ?

Posted by ardsl sur 17 août 2012

De source bien informée, Guillaume Pépy, l’actuel patron de SNCF et ancien directeur de cabinet de Martine Aubry au ministère du Travail, serait pressenti pour prendre la place d’Henri Proglio à la tête d’ÉDF.

Réputé proche de Nicolas Sarkozy, « HP », comme l’appelle familièrement son entourage, est sur la sellette depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir.

Ennemi juré des alliés écologistes du PS, le PDG d’ÉDF est visé par la limitation à 450000 € par an de la rémunération des dirigeants d’entreprises publiques instaurée fin juillet. Résultat : avec un salaire annuel de 1,3M€ divisé par trois, il n’aurait même pas de quoi payer ses impôts l’année prochaine. HP pourrait se voir proposer comme lot de consolation la présidence de Thalès, ex-Thomson-CSF, groupe d’électronique spécialisé dans l’aérospatial, la défense et les technologies de l’information.

(Avec Le Parisien).

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Le PS maintient les niches fiscales anti-écologiques

Posted by ardsl sur 25 juillet 2012

La majorité a rejeté, mardi 16 juillet dans la soirée, plusieurs amendements proposés par les écologistes lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative. Ces dispositions, destinées à supprimer des dispositions fiscales jugées « anti-écologiques » par le groupe EÉLV, auraient permis de rapporter plus de 1,6 milliard d’euros.

L’assemblée à majorité socialiste a d’abord rejeté la taxation du kérosène sur les vols intérieurs.

Proposée à la fois par les députés écologistes et le député UMP Lionel Tardy, cette mesure aurait rapporté 1,3 milliard d’euros. De fait, le carburant des avions n’est pas soumis à la taxe intérieure de consommation (TIPCE), qui s’applique pourtant à l’essence consommée par les particuliers. La députée écologiste Éva Sas y a vu « une aberration écologique, une injustice sociale, et une distorsion de concurrence au détriment du rail ». « Les compagnies aériennes et en particulier Air France ne sont pas dans une situation florissante », a justifié le rapporteur général socialiste du budget, Christian Eckert. Le gouvernement l’a rejeté, le ministre du budget Jérôme Cahuzac évoquant de « très grandes difficultés d’application ».

« C’est pourtant très simple« , a rétorqué la députée écologiste. « Il s’agit de taxer les vols qui partent et qui arrivent, cette mesure est d’ailleurs en place aux Pays-Bas et en Norvège. »  La droite s’y est également opposée, mettant en garde contre « une chute du trafic, une augmentation du déficit d’Air France » si la mesure était adoptée.

Deux autres amendements avancés par les écologistes, présentés par le vice-président EÉLV de l’Assemblée nationale Denis Baupin comme des « niches fiscales anti-économiques », ont été rejetés : la suppression de dégrèvements fiscaux profitant aux raffineries, ainsi que les exonérations d’impôt sur les flottes automobile d’entreprises équipées de moteur diesel. « Il s’agit de la plus caricaturale des niches fiscales écologiques », a défendu Denis Baupin, rappelant qu’à cause de cette exonération qui coûte chaque année 350 millions d’euros à l’État, 96% des flottes d’entreprises roulent au diesel. « Notre parc automobile est le plus diésélisé du monde », a rappelé le député écologiste, pointant les conséquences sanitaires des particules diesel, carburant classé cancérogène par l’OMS en juin dernier. « Si PSA a des problèmes, c’est qu’il continue de vendre trop de voitures qui marchent au gasoil », a rappelé le député UMP Jean-Pierre Gorges, qui a soutenu l’amendement.

Les députés écologistes estiment que les niches fiscales anti-écologiques avoisinent 33 milliards d’euros par an.

(Avec mediapart.fr).

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Les Régions ont du mal à instaurer le « TER à 1€ »

Posted by ardsl sur 27 juin 2012

Deux ans après les élections régionales, les exécutifs éprouvent des difficultés à instaurer les trajets TER à 1 euro. Les dispositifs visent surtout les abonnés domicile-travail. Seul le Languedoc-Roussillon veut généraliser la démarche à tous les déplacements.

Le train à 1 euro ! La formule fait penser à un slogan. Pas étonnant. Lors de la campagne pour les élections régionales de 2010, cette proposition faisait partie de la plate-forme électorale des candidats socialistes. Deux ans plus tard la promesse s’est concrétisée, mais pas partout. Surtout, elle revêt des réalités très différentes.

Il y a d’abord les régions qui utilisent ponctuellement la formule en proposant des billets à 1 euro sur une période très limitée (le week-end), sur des destinations bien précises ou à l’adresse d’une population spécifique. La Région Nord-Pas-de-Calais, par exemple, le fait depuis 2003, 4 week-ends l’été vers la côte. C’est l’opération « TER mer ». Au total près de 650000 personnes en ont profité.

D’autres régions, en nombre encore limité toutefois, détournent la formule en proposant, non pas des billets à 1 euro, mais des trajets à 1 euro sur les déplacements domicile-travail. Poitou-Charentes fut sans doute la première à généraliser ce type d’offre sur son réseau. Le mécanisme est simple. Il s’appuie sur la législation en vigueur depuis 2008 sur la prise en charge à 50% par l’employeur du coût d’un abonnement. La collectivité, elle, offre le coup de pouce sur les 50% restant à la charge de l’usager du TER. En Poitou-Charentes l’abonné ne paie ainsi plus que 40 euros par mois pour deux trajets quotidiens sur vingt jours. Soit en effet 1 euro par trajet… Un millier de ces abonnements ont été vendus, une dépense raisonnable pour la région, mais un nombre de personnes touchées finalement assez réduit.

Favoriser le pouvoir d’achat

Après réflexion, la Région Pays de la Loire va se jeter à l’eau en septembre. « Il s’agit de favoriser le pouvoir d’achat des salariés dans une région très étendue », souligne Gilles Bontemps, vice-président (PC) chargé des transports au conseil régional. Ses promoteurs pensent que ce type d’offre devrait bénéficier à plus de 40% des abonnés de travail. Le coût du dispositif est estimé à 600000 euros en année pleine auquel s’ajouteront les coûts de gestion du service, de l’ordre de 200000 euros. La Région Centre évoque, elle, une dépense de 6 millions d’euros par an. Mais son offre équivaut à un trajet à 4 euros par jour pour l’aller-retour. Mise en œuvre depuis janvier, cette offre s’applique aux trajets infra et interrégionaux, y compris à destination de l’Île-de-France.

Beaucoup d’autres régions n’éprouvent pas la nécessité de telles offres, car, de facto, les trajets courts se situent déjà en dessous de 1 euro pour les abonnés domicile-travail. « Nous nous sommes aperçus que cette mesure n’était pas nécessaire dans la mesure où le prix moyen acquitté par un salarié pour son trajet domicile-travail est déjà en effet de 1 euro si l’on tient compte de la part payée par l’employeur », argumente-t-on au Conseil régional d’Aquitaine. Un constat toutefois seulement valable pour les employés d’entreprises de plus de 9 salariés.

En Rhône-Alpes, on est beaucoup plus réticent, même si l’engagement en 2010 de Jean-Jack Queyranne, le président PS du conseil régional, que les trajets en TER ne coûteraient pas plus de 2 euros aux abonnés domicile-travail et aux abonnés étudiants, est tenu. « Nous sommes réticents à l’idée du TER à 1 euro. Nous partons du constat que ce qui favorise le report modal massif, ce n’est pas le tarif mais le niveau de service », insiste Jean-Charles Kohlhaas, président (EÉLV) de la commission transport. Précisément, pour améliorer ce service « nous ne pouvons pas nous priver de recettes ». D’après l’élu écologiste, le passage à 1 euro entraînerait un manque à gagner de quelque 100 millions pour un peu plus de 180 millions de recettes billettiques.

Un objectif pas seulement social

L’objectif social de ces offres est clair. Mais ce n’est pas le seul. Le but consiste aussi à obtenir un effet d’entraînement sur la fréquentation des TER. « La finalité est de reporter une part du trafic automobile sur les transports en commun. C’est un objectif partagé avec la SNCF », affirme l’élu des Pays de la Loire, Gilles Bontemps.

Le Languedoc-Roussillon est seul à vouloir pousser le système jusqu’à son extrême

Seule à ce jour la Région Languedoc-Roussillon veut pousser la démarche jusqu’à l’extrême avec l’instauration du billet à 1 euro sur toutes les lignes. L’expérience est suivie avec attention mais non sans une certaine incrédulité, notamment sur les capacités financières de la région à soutenir une telle ambition sur le long terme.

Quatre lignes de TER à 1 euro fonctionnent à ce jour dans la région. Une cinquième est prévue en décembre.

La Région Languedoc-Roussillon et SNCF viennent tout juste de démarrer la quatrième expérience du TER à 1 euro en Lozère sur la ligne La Bastide-Saint-Laurent – Mende – Marvejols. Un vrai billet à 1 euro, qui porte sur les déplacements occasionnels ! Sur Mende – Marvejols, SNCF mise sur une hausse de la fréquentation de 10% à très court terme. Une première expérience avait été lancée il y a un an sur la ligne Nîmes – Le Grau-du-Roi en bord de mer avec une hausse de fréquentation de 196 % sur les deux mois d’été. Entre septembre et la fin de l’année dernière, la hausse de la fréquentation a encore été de 71 %. Auparavant près d’un tiers des usagers faisait le trajet en voiture sur cette ligne.

Généraliser le dispositif

Lancée en décembre dans les Pyrénées-Orientales, la ligne Perpignan – Villefranche-sur-Mer – Vernet-les-Bains a enregistré, elle, une progression de 222 % du trafic passagers. Une troisième ligne a été ouverte en mars dans l’Aude, entre Carcassonne et Quillan, qui sera suivie en décembre prochain de la ligne Béziers – Bédarieux. « Nous ne sommes pas très loin du point d’équilibre, ce qui est l’objectif recherché par la Région. Nous serons entre 0 et 5% de déficit sur une année d’exploitation avec peu de dépenses supplémentaires », assure Jean Ghédira, directeur régional de SNCF.

In fine, le conseil régional souhaiterait généraliser le dispositif du TER à 1 euro. Selon Christian Bourquin, président PS de la Région, « c’est un moyen de redonner du pouvoir d’achat aux habitants ». En 2013, il souhaiterait mettre en place une sorte de « Métro Express Régional » reliant le chapelet des villes côtières entre Nîmes et Perpignan. « Aujourd’hui notre dépense totale en faveur des TER s’élève à 106 millions d’euros. Puisque nous payons l’addition, autant que ça marche et que les trains soient remplis ! Selon nos calculs, la généralisation du train à 1 euro pourrait occasionner un surcoût d’exploitation entre 5 et 6 %, mais guère plus », explique Christian Bourquin.

Tensions avec SNCF

Les négociations avec SNCF sont toutefois tendues car, selon la Région, le transporteur national se montre très gourmand et voudrait multiplier par trois ou quatre le montant de la contribution régionale ! À tel point que Christian Bourquin aurait menacé de faire appel à un opérateur privé… « Les expérimentations se poursuivent et il n’y a pas de réticences au sein de la compagnie. Nous avons même le sentiment de participer à une aventure révolutionnaire. Notre souci, c’est d’offrir à nos clients et à la région les meilleures conditions d’exploitation », assure SNCF.

Mais avant de généraliser le « Métro Express Régional », il sera nécessaire de remédier aux heures de pointe à la saturation de la ligne Perpignan – Nîmes. Or le contournement Nîmes-Montpellier ne devrait voir le jour qu’en 2016 et la ligne nouvelle entre Montpellier et Perpignan n’entrera pas en service avant 2020.

Chiffres clés du TER en France

  • 800000 voyageurs par jour
  • 5700 trains quotidiens
  • 299000 abonnés
  • 2000 services réguliers par autocar TER
  • 260 lignes assurées par trains TER
  • 240 lignes d’autocars TER
  • 91 % de régularité à 5 minutes (en 2009)
  • Matériels roulants : 90% du parc renouvelé en 2010, dont 700 Autorails à Grande Vitesse (AGC) et 220 TER à Deux Niveaux nouvelle Génération (TER 2Nng).

(Avec Les Échos).

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Bernadette Laclais : «Comment des écologistes peuvent-ils contester le Lyon – Turin ?»

Posted by ardsl sur 17 juin 2012

Bernadette Laclais

Bernadette Laclais, députée-maire socialiste de Chambéry et première vice-présidente de la Région Rhône-Alpes, chargé des Transports prêche toujours pour le Lyon – Turin ferroviaire.

À l’instar de son mentor Louis Besson, Bernadette Laclais est une farouche partisane de ce projet ferroviaire qui suscite aujourd’hui nombres d’interrogations quant à sa faisabilité et son utilité. Un sujet qui est devenu un point de discorde entre les socialistes et leurs alliés écologistes, à la Rhône-Alpes. Une situation incompréhensible pour elle qui a fait de la défense du Lyon – Turin une sorte de profession de foi écologiste.

Elle a accordé une longue interview à La Voix des Allobroges. Extraits.

Le PS a accordé aux écologistes un grand nombre de circonscriptions en raison des résultats électoraux qu’ils ont pu avoir ces dernières années, mais ils n’ont pas pesé grand-chose à la présidentielle. Après coup, regrettez-vous cet accord ?

« Il ne faut pas se tromper. Les élections nationales ne sont pas très favorables aux idées écologistes, et même les écolos le disent. D’où l’accord sur les législatives. Reste que le score d’Éva Joly n’est pas représentatif du vote écologiste, on le voit bien aux élections intermédiaires avec des résultats très différents. Ce serait une erreur de considérer le score d’Éva Joly comme une référence, de même que les régionales représentent aussi un contexte particulier. Et puis les écologistes sont des gens avec qui nous travaillons, alors je ne remets pas du tout en cause les conditions de l’accord qui va leur permettre d’avoir une représentation à l’Assemblée nationale. Je soutiens donc Alain Caraco dans la 1ère circonscription et je le suis dans sa campagne sur les transports, notamment le Lyon – Turin. »

Sur ce sujet, il n’est pas représentatif d’Europe Écologie car il défend le Lyon – Turin, ce qui n’est plus le cas d’un grand nombre de militants et surtout du groupe d’élus qui siège à la région Rhône-Alpes.

« C’est un sujet un peu complexe, car j’ai constaté que, chez Europe Écologie, ceux qui connaissent le réseau ferroviaire en Savoie sont favorables au Lyon-Turin, y compris à son volet voyageur. C’est qu’on a un grand problème avec 43 km de voie unique entre Saint-André-le-Gaz et Chambéry. Alain Caraco partage cette analyse, mais les élus écologistes de Savoie ont une vision qui n’est pas celles de ceux qui connaissent les difficultés du réseau ferroviaire. »

En gros, Alain Caraco a dit qu’il fallait faire le Lyon – Turin pour qu’il y ait des TER en Savoie. Mais est-ce qu’il faut nécessairement un chantier international coûtant des dizaines de milliards pour arriver à avoir des TER dans nos vallées ?

« C’est sûr que pour ça, il n’y a pas besoin d’un terminal pour l’Italie. Mais le projet prévu dans l’enquête d’utilité publique prévoit bien un itinéraire destiné aux marchandises qui a besoin d’un double tunnel, et de l’autre côté un volet voyageur. »

Ce projet dépasse largement le sujet des TER savoyards, car il est d’abord international. Est-ce forcément lié ?

« Oui, dans la mesure où le projet a toujours été celui-ci, avec deux dimensions marchandises et voyageurs. Et aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi des élus régionaux s’opposeraient à la desserte des deux départements. »

Il y en a des raisons de s’interroger sur le Lyon – Turin, et peut-être d’abord parce que ce projet apparaît par les temps qui courent comme pharaonique et infinançable…

« Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est qu’on puisse se satisfaire de la situation. Même si l’on me dit que le trafic n’a pas augmenté autant qu’on le dit. »

Ça fait un moment que le trafic n’augmente plus…

« Peut-être, mais vous parlez d’un projet pharaonique, et moi je vous parle de report modal. »

D’autres parlent aussi beaucoup de développer le report modal sur la ligne actuellement sous-utilisée qui passe par le Mont-Cenis.

« Adapter la ligne historique, c’est l’analyse des opposants. Ils croient pouvoir tout faire à l’air libre. Moi, je pense que l’avenir est à des voies en partie couvertes. »

Mais au niveau de l’argent, comment ça se passe ?

« Ça fait l’objet d’une discussion concernant un plan de relance européen essentiel pour les infrastructures européennes. Il faut essayer d’avoir le maximum. N’oublions pas qu’on a eu à vivre cette année un accident qui a coûté la vie à cinq personnes. Cela traduit un trafic trop important. Alors pourquoi essayer de remettre en cause un projet qu’on défend depuis vingt ans et qui a fait un consensus ? D’ailleurs, l’opposition est plus extérieure que savoyarde. La vallée de la Maurienne n’est pas défavorable au Lyon – Turin. »

Il y a des éléments qui ont changé depuis les origines du projet. Là, vous parlez d’un accident bien sûr terrible, mais les chiffres du trafic routier ne sont pas du tout ceux prévu il y a vingt ans quand on annonçait qu’il y aurait deux fois plus de camions. Certains constatent au contraire aujourd’hui que le trafic a plutôt stagné.

« Le trafic n’est pas stable depuis vingt ans, mais c’est vrai qu’il y a eu la crise économique. Alors peut-on dire sur la base des chiffres que certains avancent qu’il y a eu stagnation ? Je ne sais pas. Mais quand bien même ça aurait stagné, reste pour la population le risque concernant la santé et l’environnement. Cela justifie une infrastructure dédiée. »

En tout cas, c’en est fini du consensus.

« Il y a un consensus avec la droite sur la desserte voyageur. Et il n’y a pas de projet où il ne faille se battre au niveau des États, alors si à chaque fois qu’il y a une difficulté on arrête… Il faut aller de l’avant. Nous savons très bien que nous sommes dans une période difficile pour le financement, mais on ne peut pas avoir voté le texte du Grenelle et refuser ça. D’autant que l’Europe a repéré le Lyon – Turin comme le maillon manquant et a confirmé qu’il fallait le faire. La question qui est posée au niveau européen, c’est le pourcentage du financement. Alors il faut discuter, mobiliser. »

C’est quand même étonnant qu’on ne sache toujours pas comment pourrait être financé ce grand chantier dont on nous parle depuis vingt ans.

« Aujourd’hui, il y a un accord France – Italie avec des engagements économiques. C’est déjà pas mal. Sauf qu’il y a beaucoup de méconnaissance et de sottise. On ignore qu’il y a eu cet accord le 30 janvier entre la France et l’Italie. »

Dans le Val de Suze, où on est particulièrement concerné par le projet, il y a une opposition très forte comme on l’a vu l’année dernière aux abords du chantier.

« C’est une majorité de groupes extrêmes qui sont contre le Lyon-Turin, une grande minorité pour le gouvernement italien. »

Dans le Val de Suze, l’opposition n’était pas le fait de groupes extrêmes mais de l’ensemble de la population.

« Il y a là-bas des élus qui ont exprimé leur soutien depuis que le projet a été modifié. Et s’il peut toujours y avoir des oppositions ponctuelles, la majorité des partis se sont prononcés pour le Lyon – Turin. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de contestations légitimes. »

Une des contestations du projet les plus courantes repose sur ce fait que les données ont changé depuis vingt ans, notamment en raison de l’avance prise par la Suisse avec ses tunnels et sa politique ferroviaire. Cela a impacté la répartition du trafic nord-sud et remettrait en cause l’utilité du Lyon – Turin.

« Je ne suis pas d’accord. L’évolution climatique comme les accidents qui ont eu lieu doivent nous inviter à être aussi ambitieux que la Suisse pour avoir un nouveau système de transport qui soit moins polluant et qui préserve la vie humaine. Comment des gens qui se revendiquent des mouvements écologistes peuvent-ils contester cela ? Je suis pour une ambition du ferroviaire, comme la Suisse a su le faire. »

En insistant sur les accidents ou sur les effets de la pollution, vous vous appuyez davantage sur l’émotion que sur la réalité des chiffres du trafic.

« On sait qu’un certain nombre d’accidents surviennent en fonction des risques du trafic. Et aucun scientifique n’a pu remettre en cause l’impact de la pollution sur les Alpes. »

La pollution est d’abord et très largement émise par les voitures.

« Et alors ? Est-ce qu’il faudrait dire pour autant que le trafic routier n’a pas d’impact ? Ce n’est pas comme ça qu’on va régler le problème. Mais il y a quand même des gens qui se battent depuis vingt ans à tous les niveaux dans tous les pays, et il n’est pas raisonnable de penser qu’il faudrait abandonner ce projet parce que le trafic augmente un peu moins que prévu. J’aimerais qu’on ait la même ambition que nos voisins suisses. »

Le chemin est aussi difficile pour l’environnement en ce moment, mais avec le niveau atteint par la crise, l’écologie semble être devenue le cadet des soucis des responsables politiques.

« Je ne pense pas. C’est un élément d’appréciation des politiques mais pas l’apanage d’un parti. Chez moi, c’est viscéral. Défendre le Lyon – Turin, c’est défendre l’environnement. Un plan ambitieux en matière de logement, c’est à la fois une dimension humaine et une dimension écologiste. Et quand je parle d’industrie, il y aussi des pistes industrielles et environnementales. Il y a une crise économique, sociale, financière, mais aussi environnementale. On a donc l’intention de mettre en œuvre un projet qui arrive à combiner tout ça.« 

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Alain Caraco : « la ligne nouvelle du Lyon – Turin est un instrument qui nous permettra de faire de la desserte régionale moyenne distance rapide et attractive »

Posted by ardsl sur 15 juin 2012

Les électeurs de la première circonscription de la Savoie (centrée sur Aix-les-Bains) devaient départager dimanche 17 juin Alain Caraco (EÉLV, soutenu par le PS, candidat de la majorité présidentielle) et Dominique Dord (UMP, sortant). Le député sortant a été réélu avec 59% des voix. Les questions de transports étaient au cœur des enjeux électoraux. Dominique Dord et Alain Caraco sont favorables au projet de ligne nouvelle entre Lyon et Turin.

Le député réélu, l’UMP, Dominique Dord (qui cumule cette fonction avec son poste de maire d’Aix-les-Bains et de président de la Communauté d’agglomération du lac du Bourget) mettait en avant dans ses documents de campagne (où ne figure aucune référence à son appartenance à l’UMP, parti dont il est le trésorier) sa mobilisation sur des « dossiers stratégiques comme le Lyon – Turin marchandises« . Dominique Dord veut donner la priorité aux marchandises pour « enlever un million de camions de nos autoroutes savoyardes« .

Il s’oppose aux aménagements prévus pour les trains de voyageurs. « La ligne nouvelle pour les voyageurs peut et doit attendre. Une dizaine de minutes gagnées par les voyageurs entre Lyon et Chambéry ne justifie pas la dépense extravagante« , avance le député sortant. Il poursuit en estimant que « les trains de marchandises doivent disparaître au plus vite de la ligne historique qui passa au bord du lac du Bourget« .

Dominique Dord propose un réaménagement « à moindre frais la ligne Lyon – Saint-André-le-Gaz – Chambéry pour gagner quelques minutes« . Le candidat UMP est opposé au contournement autoroutier de La Motte-Servolex et Chambéry.

Son adversaire, Alain Caraco défendait le Lyon – Turin dans sa composante fret, mais aussi dans sa composante voyageurs. Il a livré sa vision des transports dans une interview à La Voix des Allobroges. Extraits.

N’est-ce pas antinomique de défendre un projet de société écologiste en faisant cause commune avec un PS productiviste pour qui la croissance économique est la seule solution pour sortir de la crise ?

Alain Caraco : « Si les écologistes et les socialistes étaient absolument d’accords sur tout, il n’y aurait qu’un parti. Reste que les écologistes sans les socialistes resteront marginaux encore assez longtemps, et que les socialistes sans les écologistes ne feront jamais de majorité. On a besoin de s’entendre et, fort heureusement, ce qui nous rapproche est bien plus important que ce qui nous sépare. La croissance du stress, des déchets, je n’en veux pas. Par contre, la croissance de la production des énergies renouvelables, du réseau de transport en commun, d’un service public qui assure l’éducation et la sécurité, je suis pour tout en étant écologiste. Cela ne me pose aucun problème. »

La croissance voulue par le PS fait plutôt référence à la relance d’une politique industrielle…

« Il faut une politique industrielle. On a besoin d’un appareil productif pour les énergies renouvelables. Par exemple, il n’y a quasiment pas de vélo à assistance électrique produit en France, alors qu’il y aurait un marché extraordinaire. Donc il y a beaucoup de choses à concilier. Quand une région veut acheter des nouvelles rames de TER, le temps d’attente est de trois ans entre la commande et la livraison, parce que l’appareil productif est sous dimensionné en France. Parallèlement, l’industrie de l’automobile est surdimensionnée et en surproduction. Il y a une reconversion à faire qui profitera à tout le monde. »

Si vous êtes élu, quel serait votre premier geste de député ?

« C’est le transport du quotidien : il nous faut une communauté de transport, c’est-à-dire une offre unifiée en matière d’itinéraire, de tarifs et d’informations. »

Et au niveau du projet TGV Lyon – Turin, quelle est votre position ?

« Aujourd’hui, on a un vrai problème de transport de voyageurs et de marchandises entre la région lyonnaise et les Alpes du Nord. Les infrastructures ferroviaires existantes sont insuffisantes pour gérer l’ensemble du trafic, donc on ne fera pas l’économie d’une infrastructure nouvelle. C’est la nécessité du projet. »

Pourtant, dans l’avant-pays savoyard, la contestation du projet prend de l’ampleur depuis quelques semaines…

« Il faut écouter les habitants concernés et aller plus loin dans les études d’impacts pour trouver des solutions aux pollutions. Ensuite, il y aura forcément des expropriations, et elles doivent se faire de façon humaine. Enfin, ce projet ne doit pas rester isolé du reste du réseau ferré : il doit permettre d’augmenter la cadence des trains TER entre Lyon et Chambéry et permettre aux gens de ne plus prendre leur voiture. »

Donc pour vous, il n’est toujours pas question de remettre en cause le Lyon – Turin ?

« Cela fait 20 ans que ce projet est dans les cartons. Cela fait 20 ans qu’on dit que c’est pour dans 20 ans. On a laissé passer plein d’occasions. Alors est-ce que le projet actuel est parfait ? Sûrement pas. Mais si on le laisse encore passer, est-ce qu’on aura une chance faire un meilleur projet dans un délai raisonnable ou plutôt le risque élevé de faire circuler des voitures ? Avec ensuite le besoin d’aller chercher les gaz de schistes parce qu’il faudra bien les alimenter, et de faire le contournement autoroutier de Chambéry parce qu’il faudra bien les faire passer quelque part… À mon avis, le risque de ne pas le faire est plus important que de le faire le Lyon – Turin. »

Ce n’est pas l’avis du groupe EÉLV à la Région qui ne soutient plus ce projet depuis quelques semaines…

« Le projet est desservi par son nom. Il n’y aura pas beaucoup de trajets voyageurs entre Lyon et Turin. En revanche, il sera indispensable pour améliorer les liaisons inter-cités régionales, on n’a pas le choix. Elles sont bien plus importantes pour l’avenir de notre région que le bout en bout Lyon – Turin ou Paris – Milan. C’est pour cela que je défends le projet. »

Justement, pourquoi ne pas se concentrer tout de suite sur le développement de la desserte régionale ferroviaire ?

« La ligne nouvelle du Lyon-Turin est un instrument qui nous permettra de faire de la desserte régionale moyenne distance rapide et attractive. Elle libérera les lignes classiques pour faire de la desserte régionale courte distance. »

Alain Caraco est notamment soutenu par la maire socialiste de Chambéry. Bernadette Laclais, par ailleurs première vice-présidente de la Région Rhône-Alpes, a déclaré dans un entretien à La Voix des Allobroges : « je soutiens donc Alain Caraco […] car il défend le Lyon – Turin, ce qui n’est plus le cas d’un grand nombre de militants et surtout du groupe d’élus qui siège à la région Rhône-Alpes. C’est un sujet un peu complexe, car j’ai constaté que, chez Europe Écologie, ceux qui connaissent le réseau ferroviaire en Savoie sont favorables au Lyon – Turin, y compris à son volet voyageur. C’est qu’on a un grand problème avec 43 km de voie unique entre Saint-André-le-Gaz et Chambéry. Alain Caraco partage cette analyse, mais les élus écologistes de Savoie ont une vision qui n’est pas celles de ceux qui connaissent les difficultés du réseau ferroviaire. »

France Bleu Pays de Savoie avait organisé un débat avant le premier tour. Dominique Dord avait décliné l’invitation de la radio publique. Alain Caraco avait défendu la mise en place d’une autorité organisatrice de la mobilité durable pour gérer les questions de transport sur le secteur de Chambéry et Aix-les-Bains. Cet idée figure dans le programme de François Hollande pour les transports en septième position (lire). Il avait indirectement critiqué Dominique Dord en pointant du doigt la politique transports de la CALB. Pour Alain Caraco : « le mauvais élève c’est CALB, avec un versement transport trop fois plus faible qu’à Chambéry« . Et le candidat écologiste n’a pas manqué de citer un exemple très significatif : la desserte de l’université et de Technolac sur la commune du Bourget-du-Lac, avec un bus toutes les 10 minutes vers Chambéry (réseau STAC) et seulement toutes les 40 minutes vers Aix-les-Bains (réseau Ondéa).

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