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SNCF se fixe l’objectif de baisser ses prix en réduisant ses coûts

Posted by ardsl sur 25 septembre 2012

Dans un contexte de crise, SNCF affiche l’ambition de baisser ses tarifs à l’horizon 2020 en diminuant ses coûts, notamment énergétiques, en renouvelant sa gamme de réductions et en élargissant, parallèlement au rail, son offre routière.

« On doit aujourd’hui produire le service public moins cher. Nous devons être capables de baisser nos prix et pour baisser nos prix, il faut baisser nos coûts« , a souligné le président de SNCF Guillaume Pépy en clôturant un séminaire de presse organisé à Berlin.

« C’est un chantier essentiel dans les années de crise qui sont devant nous« , a-t-il résumé.

Depuis dix ans, les dépenses de consommation des ménages en transports ont progressé de 31%, et de 60% pour les services de transports collectifs, souligne l’entreprise publique.

« Cette forte demande de mobilité survient à un moment où les pouvoirs publics ont moins d’argent pour financer les politiques de transports et où les individus ont un budget de plus en plus contraint« , analyse Sophie Boissard, directrice générale déléguée de SNCF.

Pour la dirigeante, SNCF doit donc « produire de la mobilité à un meilleur prix sous peine d’avoir à réduire son offre« . Pour y parvenir, elle prévoit de refondre sa gamme d’offres avec notamment le lancement de produits Éco.

Ce travail a déjà commencé avec la branche SNCF Voyages et le programme grande vitesse Éco qui donnera accès, chaque année, à un million de places à moins de 25€ sur TGV. « Nous l’avions fait avec le Corail, nous allons le faire sur le TGV et nous le ferons sur les TER si les régions le souhaitent« , a annoncé Guillaume Pépy.

SNCF va aussi engager une réflexion sur la bonne combinaison, « le bon mix« , entre les différents modes de transports : trains, bus ou transport à la demande, a expliqué Sophie Boissard.

Pas d’impact sur l’emploi

Le groupe a lancé cet été des lignes d’autocars low cost iDBUS vers Londres et le nord de l’Europe, via son hub situé à Lille (un second hub doit être mis en service à Lyon en novembre).

Une première étape qui pourrait le conduire à transférer vers la route des liaisons ferroviaires nationales ou régionales peu rentables.

La politique de réduction des coûts ne devrait pas affecter l’emploi. Le groupe SNCF (250000 salariés) a prévu d’embaucher en 2012 10000 personnes, dont plus de la moitié (5300) pour l’établissement public (ÉPIC), l’entreprise historique SNCF (156000 cheminots).

Quelque 500 jeunes seront aussi recrutés, dans le cadre des emplois d’avenir mis en place par le gouvernement.

« Les effectifs sont désormais stables« , a assuré le directeur des ressources humaines François Nogué, ajoutant que « dans l’avenir, le levier de productivité ne passera pas par des suppressions de postes« .

Le groupe, qui veut porter son chiffre d’affaires de 34 à 40 milliards d’euros en 2017, entend tirer ses économies du déménagement en 2013 du siège de Paris-Montparnasse vers Saint-Denis, censé épargner 10 millions d’euros de loyer par an, ainsi que d’une politique d' »optimisation des achats« .

SNCF prévoit aussi d’être moins gourmande en énergie, alors qu’elle anticipe une hausse de 7% par an du prix de l’électricité, et veut « doubler la part des énergies renouvelables (…) de 12 à 24% » dans sa consommation énergétique, largement dominée actuellement par le nucléaire (65%).

Guillaume Pépy a aussi réaffirmé les priorités du groupe depuis cinq ans : le réseau existant et la remise à niveau des trains de la vie quotidienne, « qui répond à la question que 100% des clients nous posent : pourquoi tout n’est pas comme le TGV ?« .

« Nous sommes des militants du réseau existant par rapport à l’extension des nouvelles lignes, que cela soit en Île-de-France ou à grande vitesse« , a insisté Guillaume Pépy.

(Avec AFP).

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Rail-concurrence : le coup de poker de Guillaume Pépy

Posted by ardsl sur 21 juin 2012

Dans un courrier au Premier ministre, le patron de SNCF interpelle le gouvernement sur le double cadre social dans le secteur ferroviaire qui naîtrait de la signature d’une convention collective fret, avant celle du transport de voyageurs. Elle devait être soumise à la signature des organisations syndicales le 28 juin 2012. Parfait timing pour semer le doute chez les cheminots et tenter d’influencer Matignon.

Ce devait être pour le 28 juin 2012. Après trois années de négociations entre l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) et les organisations syndicales, la signature finale de la convention collective du fret devait être bouclée juste avant l’été.

Patatras, le 1er juin, Guillaume Pépy, président de SNCF, envoie un courrier au Premier ministre Jean-Marc Ayrault et à son ministre du Travail, Michel Sapin.

Objet de la missive : « Recours gracieux contre le décret du 27 avril 2010 instituant un double cadre social dans le secteur ferroviaire« . Recours gracieux, pour ne pas dire abrogation.

Ce décret a entériné l’accord paritaire conclu sous l’égide de l’UTP : il fixe la durée de travail des salariés des entreprises privées de fret ferroviaire (ils sont environ 2000) qui relèvent du droit du travail. À l’inverse, l’organisation du travail des agents de SNCF (congés, repos, récupération, temps de service etc.) découle d’une loi de 1940 et est formalisée par des textes internes à la compagnie ferroviaire publique, les « RH ».

Signature de la convention collective reportée

Avant de soumettre à la signature des organisations syndicales l’ensemble de la convention collective du fret ferroviaire s’appliquant aux salariés du privé, l’UTP attendait de conclure avec elles le dernier volet, celui sur la prévoyance (la CFDT voulant se prononcer sur le texte global, et non pas accord par accord).

La date du courrier de Guillaume Pépy n’est donc pas anodine : juste avant la signature de cette convention collective qui servira de base à celle du transport ferroviaire voyageurs en vue de l’ouverture à la concurrence des lignes TER et des Trains d’équilibre de territoire imposée par Bruxelles d’ici à 2019.

L’UTP préfère rayer la date du 28 juin de son agenda, « dans l’attente de la réponse du gouvernement aux questions soulevées par Guillaume Pépy« , avance prudemment Bruno Gazeau, délégué général de l’organisation patronale qui compte parmi ses adhérents à la fois SNCF et les entreprises ferroviaires privées (Euro Cargo Rail, Europorte, VFLI, EuRailCo, Colas Rail).

« Les autres accords sont signés, étendus et ils s’appliquent« , observe toutefois Sylvette Mougey, directrice du département des affaires sociales à l’UTP.

« Dumping social »

Selon Guillaume Pépy, la démarche des pouvoirs publics sous la présidence de Nicolas Sarkozy a consisté à « retenir un périmètre excluant les personnels de la SNCF, conduisant à faire coexister deux régimes sociaux concurrents au sein d’un même secteur d’activité (…). Le volet fret va donc entériner des écarts considérables de situation et de conditions d’emploi entre les salariés, selon qu’ils relèvent du privé ou de l’opérateur historique« , poursuit le patron de la compagnie publique.

Guillaume Pépy considère que le risque de « dumping social » hypothèque l’avenir de Fret SNCF, lequel n’est déjà très rose avec plus de 400 millions de pertes en 2011.

« Dumping social« , l’expression a toutes les chances de résonner aux oreilles d’un gouvernement de gauche, a peut-être pensé le patron de la compagnie ferroviaire publique qui prône un « cadre social harmonisé » pour le secteur ferroviaire.

Du côté des organisations patronales, UTP et AFRA (Association française du rail), on s’accorde sur la nécessité d’une loi pour encadrer la négociation d’une convention collective du transport ferroviaire de voyageurs. Pour que cette fois, SNCF et les entreprises privées se retrouvent autour de la même table des négociations.

Fin août 2011, dans la foulée des Assises du ferroviaire, le gouvernement Fillon avait justement chargé le président de la section sociale du Conseil d’État, Olivier Dutheillet de Lamothe, de mettre en place un groupe de travail pour imaginer l’harmonisation de l’organisation du travail dans toutes les entreprises ferroviaires, SNCF et privées.

L’enjeu, c’est de définir clairement les conditions de transfert des agents de SNCF si l’entreprise publique perd un marché contre un nouvel entrant, mais aussi de s’assurer que l’organisation du travail soit la même pour les cheminots du public et du privé. Sans toucher au fameux statut des agents SNCF. Difficile exercice d’équilibre.

Dans son courrier, Guillaume Pépy évoque un rapport de Dutheillet-Lamothe et affirme que les modalités techniques d’un cadre social harmonisé y sont instruites. Ce rapport n’a pas été rendu public.

Matignon goûte peu l’initiative

La démarche déplaît évidemment aux autres acteurs du rail, ils la considèrent comme un coup de force du président de la SNCF. Mais surtout, elle a été très mal ressentie par le gouvernement – et notamment par Matignon – tant sur la forme que sur le fond, selon une source proche du dossier.

À l’évidence, Guillaume Pépy a court-circuité ses ministres de tutelle et cherché à dicter sa ligne ferroviaire au nouveau gouvernement.

Bis repetita

Ce n’est pas la première fois que Guillaume Pépy cherche à remettre à plat l’organisation du travail dans le rail. Il s’y était déjà essayé fin 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Ne souhaitant pas que SNCF agisse directement, il avait alors tenté de convaincre un syndicat cheminot, la CFDT, d’attaquer devant le Conseil d’État la convention collective fret, en cours de négociation.

Cette approche pour actionner un syndicat n’a jamais été niée par le président de SNCF ni par François Nogué, alors DRH du groupe. Elle avait suscité une crise profonde au sein de la fédération FGTE CFDT, une partie des troupes étant tentée de franchir le pas. Après analyse juridique des implications d’un recours, suivi d’un vif débat interne, le syndicat avait finalement refusé d’agir

« Si nous avions conduit ce recours gracieux, en tant que syndicat, nous nous serions tiré une balle dans le pied. Car cela aurait pu conduire au final à faire tomber les fondements juridiques – le décret-loi de 1940 – dont découle l’organisation du travail qui s’applique aux agents roulants de la SNCF« , indique un responsable de la fédération. « Le Conseil d’État aurait alors pointé l’existence impossible de deux réglementations du travail, et conduit à remettre en cause celle de 1940« .

(Avec mobilicites.com).

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