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Aix-les-Bains : le réseau Ondéa perturbé par une grève

Posted by ardsl sur 8 octobre 2012

Une partie des conducteurs du réseau Ondéa a débuté lundi 1er octobre un mouvement de grève. Ils veulent une augmentation des salaires et une amélioration des conditions de travail.

Le trafic est assuré à 100% samedi 6, dimanche 7 et lundi 8 octobre.

Liste des courses supprimées vendredi 5 octobre :

  • ligne 1 : Lafin 7h30 – Lycée Marlioz 7h55.
  • ligne 2 : Pont-Rouge 7h15 – Centre commercial de Marlioz  7h43.

Liste des courses supprimées mercredi 3 octobre :

  • ligne 1 : Lycée Marlioz 7h05 – Collège Grésy 7h40 et Collège Grésy 7h45 – Lafin 7h55.
  • ligne 2 : Pont-Rouge 7h15 – Centre commercial de Marlioz  7h43.
  • ligne 3 : Collège Garibaldi 705 – Lycée Marlioz 7h42.
  • ligne 12 : Mouxy 7h22 – Lycée Marlioz 7h46.

Liste des courses supprimées mardi 2 octobre :

  • ligne 1 : Laffin 7h30 – Lycée Marlioz 7h55 et Lycée Marlioz 19h26 – Lafin 19h45.
  • ligne 2 :  Centre commercial de Marlioz  7h13 – Pont-Rouge 7h35.
  • ligne 3 : Lycée Marlioz 7h22 – Collège Garibaldi 8h00.
  • ligne 4 : Les Confins 7h42 – Lycée Marlioz 8h24.
  • ligne 7 : Grésy mairie 7h25 – Collège Grésy 7h47 et Grésy mairie 7h55 – Collège Grésy 8h17.
  • ligne 11 : Sérarges 7h05 – Gare SNCF 7h30 .
  • ligne 17 : Grésy Mairie 7h05 – Lycée Marlioz 7h46.

15 conducteurs sur 34 ont suivi ce mouvement lundi 1er octobre. Il se traduit par un débrayage. Certains conducteurs n’assurent pas la première course prévue à leur service. En conséquence, les courses suivantes ont été supprimées :

  • ligne 1 : Laffin 6h30 – Plage du Bourget 7h10
  • ligne 2 :  Pont-Rouge 6h15 – Centre commercial de Marlioz 6h40, Centre commercial de Marlioz 6h40 – Pont-Rouge 7h02, Centre commercial de Marlioz  7h13 – Pont-Rouge 7h35, Centre commercial de Marlioz 18h03 – Pont-Rouge 18h27 et centre commercial de Marlioz 18h40 – Pont-Rouge 19h04.
  • ligne 4 : Les Confins 7h00 – Lycée Marlioz 7h46.
  • ligne 6 : Massonats 7h05 – Lycée Marlioz 7h38.
  • ligne 8 : Gare SNCF 7h05 – Méry Forunet 7h25 et Méry Fournet 7h25 – Gare SNCF 7h50.
  • ligne 12 : Lycée Marlioz 11h10 – Mouxy Angolet 11h34.
  • ligne 17 : Grésy Mairie 7h05 – Lycée Marlioz 7h46.
  • ligne 18 :  Collège Garibaldi 15h50 – Lycée Marlioz 16h07.

Une réunion entre la direction de Keolis et les grévistes a eu lieu mardi 2 octobre.

Le préavis de grève court jusqu’au 31 décembre.

(Avec France Bleu Pays de Savoie).

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T3 et Rhônexpress à l’arrêt jusqu’au 11 novembre

Posted by ardsl sur 5 octobre 2012

Rhônexpress (à gauche) et T3 (à droite) cohabitent sur la même voie entre Part-Dieu et Meyzieu ZI.

En raison de travaux d’aménagement sur les voies, entrepris par le SYTRAL , les lignes T3 (Part-Dieu – Meyzieu) et Rhônexpress (Part-Dieu – Saint-Éxupéry) ne circulent pas entre le samedi 6 octobre et le dimanche 11 novembre inclus.

Des bus et des cars de remplacement sont mis en place.

T3

La desserte des stations est assurée par des bus relais entre Meyzieu ZI et Gare Part-Dieu Villette aux arrêts provisoires à proximité des stations du tramway T3.

Fréquences des Bus Relais

Du lundi au vendredi

  • de 4h à 6h30 toutes les 30 minutes
  • de 6h30 à 9h et de 16h30 à 19h toutes les 5 minutes
  • de 9h à 16h et de 19h à 21h toutes les 10 minutes
  • de 21h à 0h30 toutes les 20 minutes

Les samedis

  • de 4h à 7h30 toutes les 30 minutes
  • de 7h30 à 14h30 et de 19h à 21h toutes les 12 minutes
  • de 14h30 à 19h toutes les 7 minutes
  • de 21h à 0h30 toutes les 20 minutes

Les dimanches et jours fériés 

  • de 5h20 à 9h toutes les 30 minutes
  • de 9h à 21h toutes les 12 minutes
  • de 21h à 0h30 toutes les 20 minutes

Premiers et derniers départs

De Gare Part Dieu Villette

  • du lundi au samedi : 4h30 et minuit.
  • dimanche et jours fériés : 5h50 et minuit.

De Meyzieu ZI

  • du lundi au samedi : 4h et 23h40
  • dimanche et jours fériés : 5h20 et 23h40

La station GARE DE VILLEURBANNE est reportée à l’arrêt MONTCHAT PLACE RONDE de la ligne C9. La station BEL AIR LES BROSSES est reportée à l’arrêt VILLEURBANNE BEL AIR de la ligne C17. La station DECINES GRAND LARGE est reportée à l’arrêt DECINES ESPLANADE de la ligne 57.

Rhônexpress

Afin d’acheminer les voyageurs jusqu’à l’aéroport, le SYTRAL met en place une liaison directe Lyon Part-Dieu – Saint-Éxupéry par autocars.

Cette liaison par autocars de substitution est totalement indépendante du service Rhônexpress.

Le service est assuré par Keolis.

Horaires

Au départ de Part-Dieu

  • Un car toutes les 15 minutes de 4h30 à 21h aux min 00, 15, 30 et 45.
  • Un car toutes les 30 minutes de 21h à 0h aux min 00 et 30.

Accès à la station Lyon Part-Dieu : Gare routière Place de Francfort, Lyon 3ème.

Au départ de Saint-Éxupéry

  • Un car toutes les 15 minutes de 5h à 21h aux min 00, 15, 30 et 45.
  • Un car toutes les 30 minutes de 21h à 0h aux min 00 et 30.
  • Un dernier car à 0h40.

Accès à la station Aéroport Saint-Exupéry : Parvis de la gare TGV.

Le temps de trajet est de 45 minutes en heures creuses et de 60 minutes en heures de pointes, soumis aux aléas des conditions de circulation.

Les stations Vaulx-en-Velin La Soie et Meyzieu ne sont pas desservies.

Tarifs

  • Aller simple : 9€.
  • Supplément billet TCL avec aller simple : 1,40€.
  • Gratuité pour les moins de 12 ans accompagnés et l’accompagnateur d’une PMR.

LES BILLETS RHÔNEXPRESS NE SONT PAS VALABLES A BORD DES AUTOCARS. VOUS DEVREZ PAR CONSÉQUENT ACQUÉRIR UN TITRE SPÉCIFIQUE A CE SERVICE DE SUBSTITUTION.

Les billets sont en vente près des stations de départ des autocars, à Lyon Part-Dieu et  à Saint-Éxupéry.

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Exercice de sécurité civile à la gare de Lyon Part-Dieu

Posted by ardsl sur 2 octobre 2012

Le mardi 2 octobre 2012, un exercice de sécurité civile a été réalisé en soirée au sein de la gare de Lyon Part-Dieu.

Le scénario envisagé était un incident sur un wagon transportant des matières dangereuses.

L’exercice a démarré à 20h15. Il a nécessité l’évacuation de la gare à 21h. Elle a été remise en exploitation dès 21h15.

Les objectifs de cet exercice étaient :

  • de mettre en œuvre le plan ORSEC de la zone Part-Dieu,
  • de tester la procédure d’évacuation de la gare,
  • d’effectuer fictivement le bouclage de la zone afin d’estimer le temps nécessaire à sa réalisation
  • de vérifier la coordination des différents services : préfecture, SDIS, SNCF, police, DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), ARS (agence régionale de santé), ville de Lyon et Keolis.
  • d’activer partiellement le plan communal de sauvegarde de la ville de Lyon.

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iDBUS débarque en Rhône-Alpes

Posted by ardsl sur 24 septembre 2012

Les cars Starshipper (ici à Chambéry) qui relient Lyon à Turin depuis le 6 juillet 2012 devraient bientôt être concurrencés par des cars iDBUS. Photo : Alain Caraco.

SNCF annonce le lancement d’une nouvelle plateforme d’autocars low-cost IDBUS à Lyon. Les premiers autocars iDBUS pourraient circuler en Rhône-Alpes dès novembre 2012. Sur quelles destinations ? Mystère pour l’instant. Décryptage de cette annonce par l’ARDSL.

iDBUS fonctionne depuis le 23 juillet 2013 en reliant Londres, Bruxelles ou Amsterdam à Paris et à Lille.

« En deux mois de fonctionnement, nous avons vendu 27000 billets, c’est à dire touché 16000 voyageurs« , annonce Barbara Dalibard, la directrice générale de la branche SNCF Voyages. La plupart des clients ont donc effectuer un trajet aller et retour. Le taux de remplissage s’élève en moyenne à 79%. « C’est une surprise de constater que plus de 50% des clients n’utilisaient jusqu’alors pas les transports collectifs« , commente Barbara Dalibard. Autrement dit, un client d’iDBUS sur deux n’était jamais monté dans un autocar, ni à bord d’un train.

Dans la foulée de ce démarrage encourageant, SNCF qui se découvre des talents d’autocariste confirme la poursuite de la montée en cadence d’iDBUS, avec à partir du 15 octobre, une augmentation du nombre de liaisons vers les capitales d’Europe du Nord (Londres, Amsterdam et Bruxelles), soit 19 rotations quotidiennes, contre 9 actuellement.

Cap sur l’Italie

« Fin 2012, nous ouvrirons un deuxième hub à Lyon« , indique Barbara Dalibard. Mais concurrence oblige, motus et bouche cousue sur les destinations envisagées. La Suisse, l’Italie, l’Espagne ? Réponse sans doute dans le courant de l’automne.

Des destinations en Suisse, cette hypothèse parait pour le moins farfelue. Cela reviendrait en concurrencer directement la relation TER Lyon – Genève, largement subventionnée par la Région Rhône-Alpes.

Des destinations en Italie, cette hypothèse parait quasi certaine. La Région Piémont s’est désengagée du financement des cars TER Lyon – Chambéry – Turin. La Région Rhône-Alpes pourrait en faire de même. Ainsi la desserte TER Lyon – Chambéry – Turin assurée par autocars pourrait disparaître à compter du 9 décembre 2012. L’exploitant de cette relation, Les Courriers Rhodaniens (membre de Réunir et donc concurrent direct de Keolis), n’a même pas attendu cette date pour lancer des relations Lyon – Chambéry – Turin à ses risques à périls. Il s’agit des cars Starshipper, qui roulent depuis le 6 juillet 2012 (lire). Cette relation connaît un démarrage délicat, selon nos informations (lire).

Visiblement, le groupe SNCF n’entend pas laisser la route libre à Starshipper. Elle devrait donc lancer ses iDBUS entre Lyon, Chambéry et Turin.

Cette offre iDBUS ne concurrencerait pas directement l’offre ferroviaire de SNCF. En effet :

  • il n’existe aucune offre ferroviaire directe entre Lyon Part-Dieu et Turin. Les voyageurs lyonnais voulant se rendre en train à Turin doivent emprunter un TER jusqu’à Chambéry, puis un TGV.
  • les TGV Paris – Milan ne desserviront pas Saint-Éxupéry pendant plusieurs mois en 2013 en raison de travaux entre Grenay et Saint-André-le-Gaz (lire). Ils seront détournés par Bourg-en-Bresse, Culoz et Aix-les-Bains.
  • l’offre ferroviaire entre Chambéry et Turin ne comprend que 3 allers-retours quotidiens.

Autrement dit, le lancement d’iDBUS sur la relation Lyon – Turin ne devrait pas entraîner de report modal du rail sur la route, mais une diminution du transport individuel motorisé au profit d’un développement du transport collectif routier. Pour remplir ses iDBUS Lyon – Turin, le groupe SNCF pourra s’appuyer sur la force de vente de voyages-sncf.com, qui ignore les offres concurrentes.

Une telle stratégie du groupe SNCF en dit long sur l’absence d’ambitions ferroviaires de SNCF sur les relations Lyon – Chambéry – Turin. Ce qui n’est pas une surprise pour l’ARDSL qui s’est heurté aux refus de Guillaume Pépy (président de SNCF) et Josiane Beaud (directrice SNCF en Rhône-Alpes) en la matière.

Il s’agit aussi pour le groupe SNCF de prendre une longueur d’avance sur Veolia Transdev et Trenitalia qui annoncent leur volonté de mettre en place de 2 à 3 allers quotidiens entre Lyon, Aix-les-Bains, Chambéry, Modane, Bardonecchia, Oulx et Turin depuis plusieurs années. Des annonces qui jusqu’à présent sont restées sans lendemain !

Et l’Espagne ?

Les seules relations ferroviaires directes entre Rhône-Alpes et l’Espagne sont actuellement assurées par l’intermédiaire des TGV Paris – Figueras desservant Valence TGV. Autrement dit, bien peu de Rhônalpins prennent le train pour se rendre en Espagne. La route et les compagnies aériennes sont ultra-dominantes sur ce marché.

Le lancement d’une desserte iDBUS Lyon – Barcelone serait avant tout pour l’instant au moyen pour le groupe SNCF de concurrencer Eurolines.

Mais l’ouverture de la LGV Figueras – Barcelone courant 2013 devrait changer la donne. SNCF et RENFE ont constitué une filiale commune, Gala, chargée d’exploiter les nouvelles dessertes transfrontalières. Deux allers-retours en AVE sont prévus entre Lyon et Barcelone. Un aller-retour sera même proposé entre Genève et Madrid. Valence TGV disposera de plusieurs relations quotidiennes avec Barcelone et Madrid. (Lire à ce sujet notre article complet sur la future desserte Genève – Lyon – Valence TGV – Barcelone). Cette LGV mettra Lyon à moins de 4h30 de Barcelone, rendant le train plus concurrentiel face à l’avion ou à la route.

iDBUS pourrait éventuellement proposer des dessertes Milan – Barcelone et Genève – Barcelone alors que les trains hôtels Élipsos (opérés par SNCF et RENFE) vont disparaître (lire).

Des cars construits par Irisbus

Le constructeur Irisbus, l’un des fournisseurs d’iDBUS, doit d’ailleurs dévoiler dans les prochains jours à Annonay (Ardèche) les autocars qu’il livrera à SNCF pour accompagner la croissance de son client.

(Avec AFP, mobilicites.com et rhone-alpes.france3.fr).

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Keolis lorgne sur Grenoble

Posted by ardsl sur 18 septembre 2012

Après un jeu de chaises musicales suite au départ de David Azéma au milieu de l’été, Jean-Pierre Farandou a finalement été nommé à la tête de Keolis, filiale de SNCF. Une entreprise qu’il connaît bien, lui qui a dirigé Keolis-Lyon, la société exploitante du réseau TCL de 2005 à 2006 avant de prendre les commandes des TER. Interview.

Vous prenez les rênes d’une entreprise en forte croissance depuis quelques années, + 8% de chiffre d’affaires en 2011. Pensez-vous pouvoir poursuivre à ce rythme et quelle est votre stratégie pour y parvenir ?

« Notre chiffre d’affaires a en effet été multiplié par trois ces dix dernières années : 4,4 milliards en 2011, environ 4,8 milliards en 2012. Keolis, c’est l’histoire d’un petit qui est devenu discrètement grand, mais ça commence à se voir parce que les succès sont importants, notamment à l’international. Il y a dix ans, nous réalisions 80% de notre CA en France et 20% à l’international. Aujourd’hui nous en sommes presque à 50/50. Une croissance qui nous met à peu près à la hauteur du groupe RATP. Va-t-on continuer à croître à ce rythme ? Le développement ça ne se décrète pas. Premier objectif, conserver la confiance de nos clients, petits ou grands, français ou internationaux. Ce qui passe par la qualité de service et la relation avec les autorités organisatrices. La concurrence est rude, c’est déjà un challenge que de conserver ses positions. Nous regardons aussi avec attention l’évolution du débat sur les régies ou les Sociétés publiques locales, tout en respectant le choix des élus. »

À Nice justement, comment expliquez-vous le revirement de Christian Estrosi début juillet en faveur d’une régie des transports ? À quoi vous attendez vous le 21 septembre, lors du prochain conseil de la Métropole ?

« Je ne commenterai pas la décision des élus. On peut parfois être surpris parce que le processus avait été engagé dans une logique de délégation de service public et que nous avions joué le jeu le plus honnêtement possible. Les élus ont souhaité revenir sur leurs positions. Nous en prenons acte. »

Vous aviez gagné semble-t-il…

« Je ne peux pas dire si nous avions gagné mais ce que je sais c’est que nous avions joué le jeu. Nice est un très beau réseau. Nous aurions été ravis de l’avoir dans notre portefeuille parce qu’il y avait plein de synergies possibles avec nos autres grands réseaux : Lyon, Lille, Bordeaux. Nous avions des tas d’idées de développement. Nous regrettons que le processus se soit arrêté et que nous n’ayons pas pu jouer notre chance jusqu’au bout. »

Quelles pourraient être les conséquences pour la profession du passage en régie d’une ville comme Nice ?

« C’est une question à laquelle je ne peux répondre qu’en ma qualité de membre de l’Union des transports publics, pas en tant que président de Keolis. Mon point de vue, c’est qu’il faut essayer de conserver l’équilibre qui s’est installé en France entre DSP et régies. On le retrouve à l’UTP d’ailleurs où se côtoient le groupement des indépendants Agir et les grands groupes. Cet équilibre peut ne pas rester figé et peut osciller en fonction des années. Si cela reste marginal, il n’y a pas de problème. Mais si cela devenait un mouvement de fond, alors oui, ce serait plus problématique parce que c’est le fondement même de notre activité qui serait questionné. Les Français avaient inventé le concept de DSP, c’est un modèle qui fonctionne bien pour l’intérêt des collectivités et des opérateurs. Il n’y a qu’à voir la qualité des réseaux de transport français qui n’a rien à envier aux européens. C’est aussi un élément d’exportation de la filière et du savoir-faire français. C’est paradoxal de remettre en question la base française de nos activités alors que, par ailleurs, on essaie de promouvoir ce modèle à l’étranger. »

Vous dites que votre premier objectif est de garder la confiance de vos clients. Quels sont les autres objectifs du groupe que vous dirigez maintenant ?

« On peut les décliner par zones, ou par grands métiers. En France, nos positions sont bien établies. On pourrait faire un peu mieux dans l’interurbain où je souhaite que nous soyons plus ambitieux. Il faut gagner des appels d’offres et la confiance de nouveaux clients, c’est la mécanique de notre métier en France, comme à l’international. Nous avons prouvé que nous pouvions conserver nos contrats et que nous avons une vraie capacité à en remporter d’autres. Nous sommes aussi un grand opérateur de métro automatique. En France, avec Lyon, Rennes et Lille, nous exploitons 64 km de métro automatique. Et c’est grâce à ça que nous avons gagné l’exploitation du métro automatique d’Hyderabad en Inde, une ligne de 77 km. Cette capacité à exploiter des modes lourds est l’un de nos facteurs de croissance et l’un de nos meilleurs atouts. Nous sommes sans conteste le leader mondial du tramway en DSP. Le récent exemple de Dijon où Keolis a pu aider la collectivité à lancer deux lignes de tramway en à peine deux ans et demi et à les ouvrir avec six mois d’avance est une sacrée performance. Nos savoir-faire en matière de tramway et de métro sont des actifs précieux pour assurer notre développement à l’international. »

Quel est le taux de renouvellement de vos contrats en France ?

« En 2011, nous avons renouvelé 89% de nos contrats urbains en France exprimé en chiffre d’affaires. »

Gagnés contre qui ?

« En France, nous nous retrouvons toujours face aux même concurrents, principalement Veolia Transdev et Ratp Dev. A l’international, la palette est plus large et dépend un peu des zones géographiques. Il ne faut pas réduire l’approche de la concurrence aux seuls groupes français. En Asie, nous retrouvons souvent MTR, Serco ou le métro de Singapour. Dans l’univers anglo-saxon, nous sommes plutôt confrontés aux grands opérateurs privés britanniques comme FirstGroup, National-Express, Stagecoach ou Arriva. »

Vous êtes engagés dans plusieurs appels d’offres offensifs dont certains vont aboutir dans les prochains mois : le réseau urbain de Grenoble par exemple. Vos espoirs sont bons ?

« Si l’on se présente, c’est que l’on a un espoir. Grenoble est l’illustration d’une inflexion récente dans notre stratégie : nous nous intéressons de plus en plus aux sociétés d’économie mixte (SEM), alors que jusqu’à présent, même si nous sommes partenaires de SEM dans des villes comme Pau ou Le Mans, nous sommes plutôt orientés vers la DSP. Je compte confirmer cette évolution. Nous pouvons apporter aux élus notre savoir-faire, notamment dans les modes lourds. Le meilleur exemple de cette stratégie d’ouverture, c’est Metz que nous venons de remporter avec son formidable projet de bus à haut niveau de service, Mettis. Je suis très fier que le groupe Keolis puisse accompagner ce projet là. »

Vous profitez aussi du flottement de Veolia Transdev…

« Je n’ai pas à me prononcer sur le flottement de Veolia, mais peut-être que le jeu est plus ouvert qu’avant en matière de SEM… »

Les collectivités locales françaises sont confrontées à des équations budgétaires de plus en plus difficiles. Quel impact cela-peut-il avoir sur l’activité du secteur ?

« Deux courants s’opposent, d’un côté le besoin croissant de mobilité collective dans les grandes agglomérations, accentué par des phénomènes comme la congestion ou la flambée du prix du carburant. De l’autre, les difficultés budgétaires évidentes des collectivités. État, régions, départements, aucun n’échappe à des tensions budgétaires très fortes. Quels arbitrages feront les politiques qui font les lois et la fiscalité, et les élus locaux qui doivent gérer des budgets transport ? À nous, entreprises de transport, de réfléchir à notre capacité de produire du transport public moins cher, et d’attirer plus de monde dans les transports publics pour accroître les recettes commerciales. Mais n’oublions pas que le transport public est une activité fortement créatrice d’emplois, non délocalisables. C’est aussi une filière industrielle très importante. L’euro qu’on met dans le transport public a une multitude d’effets directs ou indirects. »

Renaît un mode de transport un peu oublié, l’autocar, qui pourrait être un bon complément aux TER par exemple ?

« Vous parlez de choix de l’autocar plutôt que du train pour les dessertes régionales. Il ne faut pas poser le problème en ces termes. Bien sûr, cela peut avoir un effet non négligeable sur les contributions des collectivités, mais la vraie clé c’est l’efficacité et le verdict de l’usager. Si c’est pour décevoir l’usager, pour régresser, ce n’est pas très porteur. Les élus ne feront pas ce choix uniquement à cause de contraintes budgétaires. Il faut qu’ils aient la conviction que le service proposé sera à la hauteur. Il faut démontrer, notamment dans les zones d’habitat diffus, que l’on peut apporter un meilleur service avec des autocars. Le train, par définition, ne passera pas partout, le mode routier est plus souple. J’ai toujours pensé que la combinaison d’un transport à la demande au départ d’une gare qui irrigue toute une zone, est plus performante qu’un train que l’on prolonge de 20 ou 30 kilomètres alors qu’à partir de cette gare là, les taux de remplissage sont faibles. »

Celle qui fait bouger les lignes, c’est la SNCF avec ses iDBUS, et elle fourbit ses armes dans la perspective de lignes routières interrégionales. Comment Keolis, bras armé de la SNCF, se prépare-t-il à ce nouveau marché ?

« iDBUS c’est une initiative de la SNCF. Quant aux lignes interrégionales, s’il s’agit de lignes en délégation de service public, oui, ça nous intéresse. En revanche, s’il s’agit d’exploiter des lignes aux risques et périls, nous serons plus réticents parce que nous considérons que nous n’avons pas forcément les compétences et l’expérience pour se lancer dans cette activité. »

Pierre Mongin, PDG du groupe RATP, considère que les groupes français de transport de voyageurs qui sont tous peu ou prou à capitaux publics, ne doivent plus aller à l’export en ordre dispersé. Qu’en pensez-vous ?

« Je ne vais pas parler de la stratégie des autres mais de celle de mon groupe. D’abord il faut être précis, Keolis n’est pas un groupe 100% français. Nous avons dans notre actionnariat, à hauteur de 30%, la Caisse des dépôts et des consignations du Québec. Il est évident que cet actionnaire attend d’être traité d’une manière équilibrée. Pour le reste, je ne vois pas comment on peut contraindre une société à brider son développement. Il se trouve, et c’est une chance pour la France, qu’on a trois opérateurs de niveau mondial. Ils ont tous trois légitimement envie de se développer. Les zones de développement se rejoignent forcément, et parfois nous nous retrouvons en concurrence. Moi, ça ne me choque pas. Il faut laisser à chaque groupe sa liberté de déterminer ses zones de développement. »

(Avec mobilicites.com).

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Pourquoi les usagers veulent de la concurrence dans les TER ?

Posted by ardsl sur 14 septembre 2012

Pour la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT), il n’y a pas meilleure recette que l’ouverture à la concurrence des lignes TER aujourd’hui sous monopole de SNCF. Le marché en forte croissante est porteur, les Régions feraient des économies, pas forcément les usagers mais ils y gagneraient en offre et en qualité de service. Le vrai gagnant de cette libéralisation sera peut-être un ancien outsider : l’autocar.

Il y a quelques années, Jean Sivardière qui préside la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT), laquelle sait se faire entendre des gouvernements, n’était pas franchement pour l’ouverture du rail à la concurrence. L’exemple de la libéralisation sauvage en Grande-Bretagne faisait office de repoussoir. Insécurité ferroviaire, piètre qualité de service, tout était bon pour préserver le monopole de SNCF sur les lignes régionales, nationales et internationales.

Oui, mais voilà, Bruxelles pousse les États membres à la roue et impose l’échéance de 2019, nos voisins britanniques ont mis fin à la débâcle ferroviaire et surtout, l’Allemagne affiche un exemple vertueux d’ouverture à la concurrence. Outre-Rhin, la Deutsche Bahn sort même gagnante de l’affaire (meilleure productivité, hausse de l’offre, baisse des subventions publiques de 25%, hausse de la fréquentation de 38%).

Une rame TER en gare de Bellegarde.

Donc aujourd’hui, le représentant des usagers des transports appelle de ses vœux l’ouverture des TER à la concurrence, dans le cadre de délégations de service public par appel d’offres. Car si les trafics connaissent une forte croissance, l’état du réseau ferré se dégrade et les travaux menés par Réseau Ferré de France vont mettre un certain temps. La pression budgétaire sur les régions qui financent les TER les contraignent à limiter le développement de l’offre, voire à fermer certaines lignes ou à les basculer sur l’autocar. Selon la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), 20% des services TER se font déjà à bord d’autocars.

« Ils veulent du train, pas des autocars »

L’équation est impossible : d’un côté, les régions cherchent à faire des économies, de l’autre, les gens veulent des TER. « Ils veulent du train pas des autocars« , croît savoir Jean Sivardière citant l’exemple des Pays-de-Loire où le transfert de lignes ferroviaires sur route a fait chuter les trafics de 30% en moyenne. Seulement le train, ça coûte plus cher que l’autocar (15 à 18 euros du kilomètre).

« Nous estimons que l’ouverture à la concurrence permettrait d’amorcer un cercle vertueux« , avance Jean Sivardière qui présentait le 12 septembre 2012 à la presse une étude réalisée par trois cabinets de conseils spécialisés (Beauvais Consultants, KCW et Rail Concept) dans le cadre du programme de recherche gouvernemental sur les transports.

Télécharger cette étude

Cette étude souligne les avantages d’une ouverture à la concurrence du rail en France en démontrant que « les coûts d’exploitation de la SNCF ne sont pas forcément ceux des coûts intrinsèques du TER« , a observé Jean Sivardière.

Deux scénarios sont envisagés :

  • une réduction de 10% des charges d’exploitation par un transporteur concurrent de SNCF. Dans ce cas, les TER permettraient de dégager plus de 100 millions de recettes en plus, qui pourraient être réinvestis dans l’augmentation de l’offre, qui elle-même permettrait de faire progresser le trafic. Et ainsi de suite.
  • une réduction de 30% de ces charges qui permettrait de dégager 367 millions d’euros supplémentaires, toujours réinvesties dans l’offre avec pour effet une poussée de trafic de 50%. Et ainsi de suite.

Comment réduire les coûts du TER ?

Cercle d’autant plus vertueux qu’avec la hausse des déplacements en TER, il y aurait moins de voitures sur les routes, donc moins de pollution et plus d’économies d’énergie.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes sauf que pour réduire de 10 à 30% les coûts d’exploitation, il faut du personnel polyvalent et augmenter les temps de conduite : autant de sujets qui fâchent et qui nécessiteraient une réforme des conditions de travail des cheminots…

2019, c’est dans six ans, le gouvernement pourrait jouer la montre plutôt que de devoir affronter un dossier aussi épineux que celui du statut social des cheminots. »Nous avons rencontré le cabinet de Frédéric Cuvillier et nous n’avons pas senti beaucoup d’enthousiasme pour l’ouverture des TER à la concurrence« , confie Jean Sivardière. On le croit volontiers.

« Le sujet, c’est l’optimisation des modes de transport, pas la concurrence entre le train ou l’autocar« , commente l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) qui compte SNCF parmi ses adhérents et Sophie Boissard, n°2 de SNCF, siège depuis peu à son conseil d’administration.

SNCF est déjà sortie de ses rails pour se positionner sur le marché des autocars, sur les lignes internationales d’abord avec ses iDBUS qui ont fait un sacré coup de pub à l’autocar, hier décrié. Demain, si les lignes nationales par autocar sont autorisées, la compagnie ferroviaire publique n’aura qu’à appuyer sur le bouton de sa machine de guerre, sa filiale Keolis, spécialisée dans le transport par bus et car.

Si elle voit le jour, la libéralisation des lignes nationales d’autocars décomplexera peut-être aussi les présidents de régions qui, aujourd’hui, sont tous opposés à l’ouverture des lignes TER à la concurrence. « Alors qu’ils disent beaucoup de mal de l’exploitation de ces lignes par la SNCF. C’est incohérent !« , lâche Jean Sivardière.

(Avec mobilicites.com).

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L’autorité de la concurrence autorise la SNCF à monter à 70% au capital de Keolis

Posted by ardsl sur 11 septembre 2012

L’autorité française de la concurrence vient d’autoriser la prise de contrôle exclusif du groupe de transport public Keolis, et de sa filiale Effia, par SNCF. Cette autorisation est soumise à un certain nombre d’engagements de l’opérateur ferroviaire.

SNCF a annoncé, en avril 2012, qu’elle montait au capital de Keolis à hauteur de 70% au lieu des 56,7% qu’elle détenait depuis février 2010. Saisi par la Commission européenne, l’autorité française de la concurrence après « un examen attentif de cette opération, qui concerne le secteur du transport public de voyageurs ainsi que les activités connexes de conseil, d’audit et de gestion de gares routières« , vient de rendre un avis positif, sous réserve que SNCF respecte les engagements qu’elle avait pris en 2010, quand sa participation dans Keolis était passé de 45% à 56,7.

À cette époque, l’autorité de la concurrence avait en effet considéré que le rapprochement SNCF, Keolis, Effia « entrainait différents risques d’atteinte à la concurrence« . Dans son communiqué du 11 septembre 2012, elle explique que la « prise de contrôle exclusif du groupe Keolis par SNCF, qui en détenait déjà le contrôle conjoint depuis 2010, ne remet pas en cause le caractère nécessaire et suffisant des engagements« .

Même cause mêmes effets

En clair les engagements pris en 2010 sont toujours d’actualité et la décision de l’autorité de la concurrence un simple copié-collé de celle prise à l’époque.

Par exemple, depuis quelques années la SNCF passe des conventions de correspondances garanties avec les opérateurs urbains et interurbains (le dernier bus attend le dernier train). Pour éviter que SNCF ne favorise Keolis au détriment de ses concurrents, SNCF s’est engagée à répondre « de manière transparente et non discriminatoire » à toute demande de ce type. SNCF s’est également engagé à fournir les horaires prévisionnels de ses trains pour l’année à venir à tout transporteur qui en ferait la demande. Même obligation de transparence en cas de changement d’horaires ou pour ce qui concerne les services en gare utilisés par les opérateurs urbains.

(Avec mobilicites.com).

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Jacques Damas prend la direction générale déléguée de l’Épic SNCF

Posted by ardsl sur 10 septembre 2012

Guillaume Pépy, président de SNCF, a nommé Jacques Damas directeur général délégué de l’Épic SNCF. Il remplace Jean Pierre Farandou, président du directoire de Keolis depuis le 7 août 2012, date du départ de David Azéma pour l’Agence des participations de l’État. Alain Krakovitch prend la direction générale sécurité et qualité du service ferroviaire.

Jacques Damas, 55 ans, est entré à SNCF comme chef de gare à Melun puis a a exercé différentes responsabilités opérationnelles au sein de la compagnie ferroviaire. En 1998, il est nommé directeur général de CNC, filiale de transport de containers industriels. En 2001, il rejoint Eurostar en tant que directeur général exploitation. Il rejoint le comité exécutif SNCF en septembre 2005 en tant que directeur des opérations industrielles. En septembre 2009, il est nommé directeur général chargé de la Sécurité et de la qualité du service ferroviaire.

C’est Alain Krakovitch, directeur des lignes D et R du RER et directeur de la région de Paris Sud-Est de SNCF depuis 2008, qui remplace Jacques Damas.

(Avec mobilicites.com).

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Dijon s’offre un tramway et un préavis de grève

Posted by ardsl sur 31 août 2012

La cité des ducs de Bourgogne s’est dotée à une vitesse record de deux lignes de tramway. La première est inaugurée samedi 1er septembre, la seconde début décembre 2012. Indispensable pour accélérer le développement urbain de cette agglomération de 250000 habitants qui ne pouvait plus se passer d’un mode de transport lourd même si le réseau de bus était déjà musclé. Seul ombre au tableau, le préavis de grève déposé par la CGT le jour de l’inauguration.

Vingt kilomètres de ligne de tramway en trente mois ! Le Grand Dijon (252000 habitants et 22 communes) a mis le turbot. Et la première, longue de 8,5 kilomètres, est inaugurée samedi 1er septembre 2012. La suivante, 11,5 kilomètres, le sera le 8 décembre.

Avec ce nouveau mode, 95% de la population est à moins de 300 mètres d’un arrêt de transport public. Et c’en est fini des tickets papier, tous les voyageurs, abonnés et occasionnels circulent depuis juin avec une carte magnétique sans contact.

Coût des deux lignes de tramway, 399 millions d’euros dont près de 100 millions consacrés aux aménagements urbains. Financés par le Grand Dijon, la Banque européenne d’investissement (286,9 millions), l’État (47M€), le Conseil régional de Bourgogne (40M€), le Département de la Côte d’Or (20M€) et le FEDER (5,5M€). Le taux du versement transport a été porté à 2%, qui rapportera 52 millions d’euros en 2012.

Un investissement conséquent justifié par la hausse de la fréquentation dans les bus du réseau Divia (exploité par Keolis) et la volonté politique d’avoir une ville « douce à vivre« . Ce qui passait par une circulation automobile apaisée et un report modal de la voiture vers les transports collectifs. « Dijon est une ville embouteillée, surtout aux heures de pointe. Sur les boulevards intérieurs nous pouvions avoir entre 20000 et 25000 voitures par jour. Pour un Parisien, ce n’est rien du tout, mais pour nous c’est énorme« , affirme André Gervais, élu communiste du Grand Dijon, délégué au tramway et aux modes doux au Grand Dijon.

Autre impératif justifiant la construction d’un mode lourd, le contrat d’agglomération qui prévoit de créer des zones d’activités, de construire mille logements par an, un Zénith, une piscine olympique, un nouvel hôpital et d’étendre le campus universitaire. « Sans transport structurant, tous ces projets ne tiendraient pas le coup« .

Des Lianes et un plat de spaghettis

« Nous avions un bon réseau, mais vieillissant. Il était radio-concentrique, toutes les lignes passaient par le centre-ville. C’était un plat de spaghettis avec des lignes qui n’en finissaient plus« , décrit André Gervais. Le réseau de bus Divia a donc été hiérarchisé avec la création de six « Lianes », des lignes à haut niveau de service.

Le succès a été immédiat occasionnant des points de saturation. Notamment dans la rue de la Liberté (axe principal de Dijon) où transitaient plus de 1100 bus par jour. Conséquence : des conflits avec les piétons et un centre-ville qui était tout sauf apaisé. « En observant la fréquentation des Lianes dont l’une transportait plus de 20000 passagers par jour, l’étude d’opportunité a démontré qu’il fallait franchir une nouvelle étape, laquelle passait par un mode lourd. Le projet était financièrement réalisable car l’agglomération n’était pas endettée« .

Désenclavement

En 2008, le tramway était inscrit au programme des élections municipales. « Une fois élus, nous avons immédiatement lancé la consultation publique portant sur le choix du mode (tramway ou bus à haut niveau de service BHNS) et sur les tracés« . Le tramway l’a remporté. Et les tracés des deux Lianes principales retenus car les plus fréquentés.

« Nous avons étudié les corridors où étaient concentrés les principaux trafics et superposé les potentiels d’habitation et d’emplois actuels et futurs« , explique André Gervais. « Dans la partie sud de T2, il est prévu de construire 6000 logements sur d’anciens terrains militaires. Cette ligne offrira un temps de parcours de 34 minutes, deux fois moins que la Liane. Précédemment, il fallait une heure pour aller de Chenôve (la deuxième ville de l’agglomération dijonnaise) jusqu’à Valmy. Cela ne favorisait pas le développement des transports, ni les conditions d’accès aux grands services publics« .

Déployées sur trois communes (Dijon, Chenôve et Quetigny), les deux lignes de tram desserviront à terme la gare SNCF, le centre-ville, les grandes administrations, les pôles d’emplois de l’est dijonnais. Il doit « entrer » dans le CHU et traverser le campus universitaire. Il relie aussi l’auditorium, le palais des congrès, le parc des expositions, le conservatoire régional, la cité judiciaire, le grand stade, la piscine, le CREPS, le Zénith.

Et désenclave au passage trois quartiers prioritaires de la politique de la ville : le Mail, les Grésilles et le centre de Quetigny. Au total, il dessert un tiers de la population et des emplois et deux tiers des étudiants de l’agglo.

« On peut se faire plumer avec une DSP comme avec un PPP »

Autre première, le recours aux partenariats public privé (PPP) pour « maîtriser les coûts et partager les risques. Actuellement la problématique des autorités organisatrices de transport est bien d’équilibrer leurs investissements« , argumente André Gervais. Le premier, signé en juillet 2010 avec Ineo concerne la conception, la construction, la maintenance et le financement de l’ensemble des équipements électriques et les systèmes de commande des deux lignes de tramway. Le contrat sur 26 ans porte également sur la gestion de l’approvisionnement en énergie avec, entre autres, l’installation de 6200 modules photovoltaïques sur les toits et les ombrières du centre de maintenance des tramways et des bus. Ces unités produiront annuellement 1,3 gWh et permettront d’éviter l’émission de 120 tonnes de Co².

Le second PPP conclu en mai 2012 avec Heuliez et Barclays porte sur l’achat de 102 bus hybrides dont 61 articulés et 41 standards. Un contrat de 15 ans de 88 millions d’euros. C’est quasiment la moitié du parc qui sera renouvelé. « La qualité est essentielle pour gagner de nouveaux clients et sortir de l’image que le transport public est le transport du pauvre. Or le bon matériel coûte cher. Tout comme l’énergie« , observe André Gervais.

L’élu communiste affirme « vendre sans état d’âme » ce type de partenariat. « Il est tout aussi possible de se faire plumer dans une DSP que dans un PPP. Ce qui compte, c’est de savoir ce que l’on inscrit au cahier des charges et comment on négocie. Dans les deux PPP, nous avons défini des clauses de garantie. On sait qu’il n’y aura pas de dérive de coûts horrible« .

Préavis de grève le jour de l’inauguration

Autre solution pour réaliser des économies d’échelle, l’achat des rames de tramways avec Brest (20 pour Brest, 32 pour Dijon) qui a permis d’économiser 20% sur un marché de 126 millions d’euros avec Alstom et le regroupement sur le nouveau centre de maintenance du siège social de Divia, des dépôts de bus et de tramway. Une gestion, « en bon père de famille« , selon l’élu.

Tout était donc prêt pour l’entée en scène du tram de Dijon le 1er septembre, mais la moutarde est montée au nez de la CGT qui profite de la belle occasion d’une inauguration pour déposer un préavis de grève de 24h. Le syndicat dénonce la « dégradation des conditions de travail » des conducteurs de bus et tramway, qui seront à l’avenir obligés « de commencer leur service plus tôt et de le terminer plus tard« , selon Frédéric Pissot, délégué syndical CGT, cité par l’AFP. « La direction a fait des petites avancées mais on maintient notre préavis de grève car les salariés sont en colère« , a ajouté le syndicaliste. Les syndicats FO et CFDT ont eux, levé leur préavis de grève.

« L’amplitude de fonctionnement de notre réseau a été élargie à l’occasion de l’arrivée du tramway« , reconnaît Gilles Fargier, directeur de Keolis Dijon. (Il dirigea par le passé la Sibra à Annecy). « On peut considérer qu’il s’agit d’une dégradation des conditions de travail, on peut aussi considérer que cela fait partie de nos missions de service public« , relève-t-il. Ces changements visent notamment à desservir le CHU « dès 6h du matin pour que le personnel puisse s’y rendre en tramway« , précise le directeur du réseau.

Keolis prévoit des perturbations essentiellement sur son réseau de bus, mais « pas de difficultés majeures » sur la ligne de tramway.

Le réseau Divia en chiffres

  • 2 lignes de tram : T1 entre Dijon gare – Quetigny centre (8,5 kilomètres, 16 stations) et T2 entre Valmy – Chenôve centre (11,5 kilomètres, 21 stations, dès le 8 décembre).
  • 32 rames de tramway pour les lignes T1 et T2
  • 5 lignes de bus « Lianes »
  • 13 lignes de bus urbains
  • 3 lignes de bus de proximité
  • 2 navettes Flexo
  • 1 ligne de centre-ville
  • 1 ligne de quartier
  • 1 ligne express
  • 230 bus
  • 11 millions de km
  • 143000 voyages par jour
  • 750 salariés
  • 400 vélos en libre-service.

(Avec mobilicites.com).

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Tramway de Dijon : les pompiers se testent à blanc

Posted by ardsl sur 22 août 2012

Lundi 20 août dans l’après-midi, une simulation d’incendie à l’hôtel Campanile de Dijon a permis aux sapeurs-pompiers de Dijon et au service de secours de l’exploitant Keolis de coordonner et tester l’efficacité de leurs actions.

Avant la mise en marche de l’exploitation commerciale programmée au 3 septembre, aucun point de sécurité ne sera laissé au hasard. Lundi 20 août, dans le quartier de la gare, centre névralgique où se croiseront les deux lignes de tramway, un exercice technique et de secours a été mis en place afin de tester les procédures et les méthodes de coordination entre les sapeurs-pompiers et le service de secours de Keolis Dijon, exploitant du tramway.

Manœuvrer la grande échelle entre les lignes aériennes

Thématique du jour : la simulation d’un incendie à l’hôtel Campanile de Dijon, situé au pied de l’arrêt Foch-Gare. Les problèmes d’accessibilité et de sécurité étaient au centre des préoccupations. En effet, dans certaines zones du centre-ville, l’accès est façade est rendue compliqué par la présence de la ligne aérienne de contact alimentée par un courant de 750 volts. « C’est un obstacle qui nous oblige à réaliser des mouvements d’échelle différents. Nous rencontrons des obstacles analogues sur les lignes SNCF ou dans certains sites industriels. Nous devons jongler dans la manœuvre de l’échelle pour éviter les lignes » explique le lieutenant-colonel Moutard.

La gestion de l’électricité est un élément majeur dans ce type d’intervention, pour garantir la sécurité des hommes en mission. « La coordination entre les deux centres opérationnelles – les pompiers et le service de secours de Keolis Dijon – doit être parfaite. Il faut s’assurer qu’il n’y ait plus de risque. Nous avons dû couper l’électricité pour intervenir. » Une perche de vérification d’absence de tension est utilisée pour garantir une totale sécurité. 250 pompiers ont été formés depuis le printemps pour intervenir sur ce type d’incident.

La totalité du réseau de tramway paralysé ?

Évidemment, sans électricité, le tramway est paralysé. Seulement, tout est prévu pour garantir la poursuite du fonctionnement du réseau. « Nous n’isolons qu’une partie de la ligne. Tout le réseau n’est pas interrompu » rassure André Gervais, adjoint au maire délégué à l’équipement urbain. Dans le cas de figure d’un incendie à l’arrêt Foch-Gare, seul le tronçon Dijon-Gare – République est paralysé. « Là, sur la ligne T1, il n’y aurait eu qu’un tramway bloqué à Darcy. Un plan B est prévu pour acheminer les voyageurs en bus. Les informations seront communiquées soit par affichage sur les « bornes infos », soit par message sonore » explique Nathalie Geerearts, responsable sécurité à Keolis Dijon. En cas de manifestation sociale, le même procédé sera par exemple répété.

Mardi 28 août, à quelques jours de l’inauguration de la ligne T1, les services de secours effectueront un nouvel exercice, mettant en scène un accident entre une rame de tramway et une voiture.

(Avec gazette.info).

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