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Posts Tagged ‘Maurienne’

Lyon – Turin : le débat dérape sur d’étranges terrains

Posted by ardsl sur 13 octobre 2012

Le sommet franco-italien de Lyon, début décembre, approche. François Hollande et le président du Conseil italien, Mario Monti, devraient y confirmer la volonté des deux États et donner l’élan décisif à la mise en chantier de la nouvelle liaison ferroviaire Lyon – Turin.

Au niveau gouvernemental, il a été à plusieurs reprises rappelé que ce dossier n’entrait pas dans la catégorie des grands travaux menacés pour raisons budgétaires : il s‘agit d’une priorité européenne et, de plus, faisant l’objet d’un traité international, la France ne pourrait y renoncer seule.

Cela dit, les opposants font feu de tout bois pour faire valoir leurs arguments. Le débat semble tourner à la guérilla. Un entrepreneur mauriennais vient d’en faire les frais.

Roger Truchet a ainsi pu lire dans Le Canard Enchaîné, mercredi 3 octobre, qu’on le soupçonnait de tremper dans une affaire de conflit d’intérêts. Le rapport de la commission d’enquête sur les “accès français” invite Réseau Ferré de France à examiner la possibilité d’utiliser un terrain de 9 hectares dont il est propriétaire, dans la zone d’activités d’Arbin, pour entreposer des déblais issus des travaux d’excavation. Or, parmi les membres de la commission d’enquête figure Guy Truchet, son frère… L’entrepreneur s’étouffe : « je n’ai pas vu mon frère depuis des décennies ».

Roger Truchet a effectivement déposé un mémoire, remarqué par la commission, pour l’utilisation de ce terrain, mais parce qu’il ne sait trop qu’en faire. « Je l’ai acheté 360000€ en 2002 pour créer une zone industrielle. Et quelques mois après, un plan de protection des risques a été mis en place et il est devenu inconstructible. Certes, je l’exploite, mais pour moi la solution, aujourd’hui, c’est que quelqu’un me le rachète. Dire que je pourrais faire 20 à 50 millions d’euros de bénéfices avec, c’est risible ».

Le maire d’Arbin, Carlo Apprati, confirme l’ensemble. « Le Canard m’a appelé, ils croyaient que Truchet avait acheté le terrain pour faire une carrière. Moi, ce que j’ai, c’est un dossier de lotissement industriel qui n’a pas abouti à cause du PPR ».

Pierre-Yves Fafournoux, président de la commission d’enquête a été attaqué, par Politis. Le magazine lui reproche des relations avec Egis, cabinet qui a réalisé des études d’impact pour le Lyon – Turin. « Diffamation », clame Pierre-Yves Fafournoux : ingénieur-conseil libéral, il n’a jamais été « associé à Egis entre 2004 et 2009 », comme le prétend l’hebdomadaire. Il a accompli, en 2003, une mission dans l’Aisne pour le compte d’une agence d’architecture, Base, qui collabore par ailleurs, de temps à autre, avec Egis, mais n’en dépend pas. Egis a aussi réalisé l’étude d’impact sur l’aménagement de la Romanche, en Isère, dossier dont Pierre-Yves Fafournoux a dirigé l’enquête publique. Mais cela « n’implique aucun lien avec les membres de la commission », indique-t-il.

Noël Communod, conseiller régional EÉLV, naguère favorable au Lyon – Turin et qui a rejoint les rangs des opposants, est bien embêté : il a relayé ces accusations pour le moins légères et se trouve confronté à la réaction du mis en cause, par avocat interposé. Il promet un communiqué « davantage documenté dans les jours qui viennent ».

Le 2 juillet, la commission d’enquête a remis au préfet de la Savoie un rapport favorable, assorti de recommandations, au dossier des “accès français” présenté par Réseau Ferré de France.

(Avec Le Dauphiné Libéré).

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Jean-François Carenco : « on sera prêt » pour le Lyon – Turin

Posted by ardsl sur 13 octobre 2012

Jean-François Carenco, préfet de la région Rhône-Alpes, est en pleine tournée d’automne. L’occasion de garder le contact avec le terrain et les grands sujets d’actualité qui agitent les différents départements rhônalpins.

Vendredi 12 octobre, c’était en Savoie, et plus particulièrement en Maurienne, qu’il était en visite. Le Lyon – Turin et l’avenir de Rio Tinto Alcan ont été, assez logiquement, les principaux dossiers « évoqués en toute vérité avec les principaux élus ». Il a cependant banni toute annonce d’ampleur.

Comment vous positionnez-vous aujourd’hui face au projet du Lyon – Turin ?

« Il n’y a pas encore de feu vert absolu de l’État. Mais si une réponse positive devait être prise dans ce dossier, on sera prêts à engager les différentes procédures, on s’exécutera le plus vite et le mieux possible. Vous dire à quelle échéance, c’est impossible. Maintenant, il y a un sommet franco-italien en décembre où il devrait forcément ressortir quelque chose. »

(Avec Le Dauphiné Libéré).

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Baisse des tarifs des cars entre Saint-Éxupéry et les stations alpines

Posted by ardsl sur 10 octobre 2012

La Région Rhône-Alpes a décidé de baisser les tarifs des cars reliant Saint-Éxupéry aux stations alpines. Cette mesure est mise en place pour tenter d’enrayer la baisse de la fréquentation.

Tous les groupes politiques (sauf le FN) de l’assemblée plénière de la la Région Rhône-Alpes a voté jeudi 4 octobre la poursuite de l’organisation par délégation de service public des dessertes des stations de la Tarentaise et de la Maurienne en saison hivernale, depuis l’aéroport Saint-Éxupéry.

Le délégataire assurera les risques industriels et commerciaux liés à la fréquentation, mais percevra les premières années une contribution financière dégressive de la Région, en contrepartie des contraintes de service public. Afin de lutter contre la baisse de fréquentation de ces liaisons, il s’engagera à mettre en place un tarif plus attractif et lisible pour le voyageur, plafonné à 60€ pour un aller-simple et 90€ pour un aller-retour, à proposer une vente par Internet et à promouvoir activement le service. Pour assurer la continuité du service, une prolongation d’un an du contrat actuel a été adoptée.

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Le maire de Fourneaux demande à SNCF de choisir la Maurienne pour délocaliser ses services

Posted by ardsl sur 30 septembre 2012

Le maire de Fourneaux, François Chemin aimerait que SNCF délocalise ses services en Maurienne, plutôt qu’à l’étranger. Une démarche approuvée par son homologue de Modane, Jean-Claude Raffin.

SNCF qui délocalise des services en Espagne, au Maroc, en République tchèque et en Pologne (lire) … Une annonce qui passe mal pour le maire de Fourneaux et conseiller régional PS, François Chemin. « En vingt ans, les villes de Modane et de Fourneaux ont vu partir à la retraite 400 cheminots, sans être remplacés. Depuis deux ans, la SNCF taille “dans le gras” et supprime encore des postes. Pour cette vallée qui commence à sentir les effets de la crise, c’est beaucoup », affirme-t-il.

Alors, pour convaincre le président de SNCF, Guillaume Pépy, de préférer la Maurienne aux pays étrangers, François Chemin lui a adressé une lettre pour lui présenter les atouts du secteur. « Les bâtiments sont déjà construits et vous appartiennent, nous sommes prêts à raccorder la fibre optique dans les meilleurs délais et le logement du personnel embauché ne posera aucun problème », écrit-il.

« C’est vrai que je lui demande de faire jouer la préférence nationale », admet l’élu. Mais, à la porte de l’Italie, l’ouverture des frontières en 1992 a déjà été une catastrophe économique. Alors depuis, les communes tentent de s’en sortir. « Pour faire venir les services de la SNCF, les collectivités locales comme Fourneaux ou Modane sont prêtes à faire des efforts, mais il faut une création d’emplois en face. L’installation d’un des services de la SNCF serait une contrepartie à tous les emplois supprimés depuis vingt ans », affirme François Chemin.

Dans sa lettre, ce dernier tente un dernier coup de poker en rappelant que « le climat est parfois un peu rude, mais le ciel bleu visible 300 jours par an fera oublier le reste ». Fera-t-il pencher la balance de SNCF vers Fourneaux et Modane ?

(Avec Le Dauphiné Libéré).

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Avis favorable au Lyon – Turin ferroviaire

Posted by ardsl sur 1 août 2012

Les 13 commissaires enquêteurs ont rendu un avis favorable à la réalisation de la partie française des accès au tunnel de base du projet de Lyon – Turin ferroviaire. Cet avis favorable est assorti de nombreuses réserves.  L’enquête publique portait sur la liaison entre Grenay (Rhône) et l’entrée du tunnel de base en Maurienne (Savoie).

Après avoir recueilli les avis des habitants, la commission d’enquête publique a publié son rapport avec des réserves.

Entre janvier et mars 2012, les habitants des 71 communes, traversées par la future ligne Lyon-Turin, pouvaient donner leur avis en mairie ou ailleurs. Cette première phase de consultation terminée, une commission d’enquête publique a compilé les commentaires afin de présenter un rapport et de donner, à son tour, son avis.

Bilan, dans son rapport publié sur le site internet de la préfecture de la Savoie, la commission donne son feu vert mais avec quelques réserves.

Sur les 5700 observations faites par des habitants du Rhône, de l’Isère et de la Savoie,- issus des communes qui s’alignent en direction du tunnel franco-italien-, plus de 3700 sont parvenues aux enquêteurs via des pétitions.

La commission s’en est inspirée pour retenir 3 réserves ou plutôt pour donner 3 conseils essentiels :

  1. La nécessité de travailler en concertation avec le monde agricole et les acteurs locaux.
  2. La nécessité de réétudier la question des sites de dépôts des déblais impropres.
  3. La nécessité de mettre en place des commissions territoriales de concertation et de suivi

Avant cette conclusion, la commission rappelle les bienfaits de cet axe ferroviaire mais aussi les inconvénients.

En premier lieu, c’est l’impact sur l’agriculture qui est pointé du doigt. 680 hectares vont être pris sur les terres agricoles pour mener à bien ce projet. C’est beaucoup, juge les commissaires-enquêteurs qui estiment qu’une bonne étude pourrait permettre de ramener cette surface à 480 hectares.

Autre inconvénient, la traversée des zones urbanisées qui va créer des nuisances supplémentaires aux habitants, comme le bruit ou les vibrations, tant pendant le chantier qu’après. Des nuisances qui ne seront pas sans dévaloriser les biens immobiliers des riverains. Enfin, toujours au rang des méfaits, les expropriations d’habitants ou d’entreprises sont notées dans la colonne des « moins ».

La balle est à présent dans le camp de Réseau Ferré de France.

(Avec alpes.france3.fr).

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Bilan de l’autoroute ferroviaire alpine à fin juin 2012

Posted by ardsl sur 29 juillet 2012

L’autoroute ferroviaire alpine (AFA) relie Aiton à Orbassano par le tunnel du Mont-Cenis. Elle permet le transport international des marchandises par le rail.

Du 1er janvier au 30 juin 2012, 998 trains ont circulé (soit 499 allers-retours) avec un remplissage de 71%.

Détails mensuels :

  • En juin, 184 trains ont circulé (soit 92 allers-retours) avec un remplissage de 84%.
  • En mai, 172 trains ont circulé (soit 86 allers-retours) avec un remplissage de 75%.
  • En avril, 158 trains ont circulé (soit 79 allers-retours) avec un remplissage de 67%.
  • En mars, 176 trains ont circulé (soit 88 allers-retours) avec un remplissage de 66%.
  • En février, 158 trains ont circulé (soit 79 allers-retours) avec un remplissage de 66%.
  • En janvier, 150 trains ont circulé (soit 75 allers-retours) avec un remplissage de 63%.

Le gabarit B1 est disponible sur la liaison Orbassano – Aiton de l’AFA depuis le 6 juin 2012. 18 nouveaux utilisateurs (9 italiens, 8 français et un autrichien) sont donc apparus, dont Jacquemmoz.

Le trafic à l’ancien gabarit stagne, avec moins de 100 voyages par jour. Cela s’explique par l’absence de trafic de sidérurgie en provenance d’Italie  et la crise qui frappe la chimie lyonnaise.

Avec l’ouverture au gabarit B1, le trafic mensuel a dépassé les 500 voyages et le trafic journalier progresse de 24 voyages en moyenne.

Un cinquième aller-retour a été mis en place les mercredis, jeudis et vendredis, jours où le trafic est le plus important. Des pics de fréquentation sont observés sur les trains de soirée et de nuit. En revanche, le trafic reste très faible le lundi.

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Hydroélectricité : un groupe suédois, candidat à la reprise des barrages français

Posted by ardsl sur 25 juillet 2012

En France, d’ici 2015, une dizaine de concessions de barrages hydroélectriques arriveront à terme et devront être renouvelées.

Celle des barrages “Bissorte-Super Bissorte”, en Maurienne, prendra fin le 31 décembre 2014 et celle du “Doron de Beaufort”, comprenant La Girotte, Belleville, Hauteluce, Beaufort et Villard, fin 2015. Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité, ÉDF ne sera pas le seul candidat à postuler. Le groupe suédois Vattenfall, associé dans le cadre d’un partenariat avec des industriels français gros consommateurs d’électricité (Solvay, SNCF et ArcelorMittal), vise 2000 mégawatts (MW) sur les 5300 MW, concernés par les renouvellements de concession. Des ambitions qui s’accompagnent d’une véritable campagne de terrain en cours dans le département de l’Isère et à venir en Savoie. Rencontre avec Dorothée Coucharrière, directrice des affaires publiques et communication pour Vattenfall France et Claire Gabarrou, directrice de projet Vattenfall pour la région.

Qui est le groupe Vattenfall ?

« Il a été créé en 1909, en Suède, pour exploiter une centrale hydroélectrique. Le capital est détenu à 100 % par l’État suédois. Aujourd’hui, Vattenfall est le sixième énergéticien européen, mais son cœur de métier reste l’hydroélectricité

Quelle est votre stratégie en France ?

«Nous sommes présents depuis 2000 par la vente d’électricité aux grands industriels et au secteur tertiaire. Mais nous ne produisons pas d’électricité en France, alors que notre portefeuille de clients augmente. Il y a deux ans, nous avons décidé d’investir dans la production en France. Notre ambition est de produire 2000 MW

Où en êtes de vous de vos candidatures ?

«Même si les appels d’offres n’ont pas encore été lancés, nous travaillons déjà sur les dix concessions remises en jeu d’ici 2015. Nous n’avons pas accès aux installations mais nous faisons un travail de terrain en allant à la rencontre des parties prenantes, des élus, des associations de protection de l’environnement. Les nouvelles concessions seront signées pour environ 35 ans, c’est dans notre intérêt d’avoir de bonnes relations locales, d’instaurer un climat de confiance

Comment êtes vous reçus par les acteurs locaux ?

«L’histoire est longue avec ÉDF, le concessionnaire actuel. Les gens ne connaissent pas autre chose. Il y a parfois des craintes. Les élus nous réservent en général un accueil favorable. Ils nous questionnent sur l’emploi…»

(Avec Le Dauphiné Libéré).

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Bilan de l’autoroute ferroviaire alpine à fin mai 2012

Posted by ardsl sur 19 juin 2012

L’autoroute ferroviaire alpine (AFA) relie Aiton à Orbassano par le tunnel du Mont-Cenis. Elle permet le transport international des marchandises par le rail.

Du 1er janvier au 31 mai 2012, 814 trains ont circulé (soit 407 allers-retours) avec un remplissage de 69%.

Détails mensuels :

  • En mai, 172 trains ont circulé (soit 86 allers-retours) avec un remplissage de 75%.
  • En avril, 158 trains ont circulé (soit 79 allers-retours) avec un remplissage de 67%.
  • En mars, 176 trains ont circulé (soit 88 allers-retours) avec un remplissage de 66%.
  • En février, 158 trains ont circulé (soit 79 allers-retours) avec un remplissage de 66%.
  • En janvier, 150 trains ont circulé (soit 75 allers-retours) avec un remplissage de 63%.

Le gabarit B1 est disponible sur la liaison Orbassano – Aiton de l’AFA depuis le 6 juin 2012. La fréquentation de l’AFA devrait donc bondir dans les prochains mois.

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Bernadette Laclais : «Comment des écologistes peuvent-ils contester le Lyon – Turin ?»

Posted by ardsl sur 17 juin 2012

Bernadette Laclais

Bernadette Laclais, députée-maire socialiste de Chambéry et première vice-présidente de la Région Rhône-Alpes, chargé des Transports prêche toujours pour le Lyon – Turin ferroviaire.

À l’instar de son mentor Louis Besson, Bernadette Laclais est une farouche partisane de ce projet ferroviaire qui suscite aujourd’hui nombres d’interrogations quant à sa faisabilité et son utilité. Un sujet qui est devenu un point de discorde entre les socialistes et leurs alliés écologistes, à la Rhône-Alpes. Une situation incompréhensible pour elle qui a fait de la défense du Lyon – Turin une sorte de profession de foi écologiste.

Elle a accordé une longue interview à La Voix des Allobroges. Extraits.

Le PS a accordé aux écologistes un grand nombre de circonscriptions en raison des résultats électoraux qu’ils ont pu avoir ces dernières années, mais ils n’ont pas pesé grand-chose à la présidentielle. Après coup, regrettez-vous cet accord ?

« Il ne faut pas se tromper. Les élections nationales ne sont pas très favorables aux idées écologistes, et même les écolos le disent. D’où l’accord sur les législatives. Reste que le score d’Éva Joly n’est pas représentatif du vote écologiste, on le voit bien aux élections intermédiaires avec des résultats très différents. Ce serait une erreur de considérer le score d’Éva Joly comme une référence, de même que les régionales représentent aussi un contexte particulier. Et puis les écologistes sont des gens avec qui nous travaillons, alors je ne remets pas du tout en cause les conditions de l’accord qui va leur permettre d’avoir une représentation à l’Assemblée nationale. Je soutiens donc Alain Caraco dans la 1ère circonscription et je le suis dans sa campagne sur les transports, notamment le Lyon – Turin. »

Sur ce sujet, il n’est pas représentatif d’Europe Écologie car il défend le Lyon – Turin, ce qui n’est plus le cas d’un grand nombre de militants et surtout du groupe d’élus qui siège à la région Rhône-Alpes.

« C’est un sujet un peu complexe, car j’ai constaté que, chez Europe Écologie, ceux qui connaissent le réseau ferroviaire en Savoie sont favorables au Lyon-Turin, y compris à son volet voyageur. C’est qu’on a un grand problème avec 43 km de voie unique entre Saint-André-le-Gaz et Chambéry. Alain Caraco partage cette analyse, mais les élus écologistes de Savoie ont une vision qui n’est pas celles de ceux qui connaissent les difficultés du réseau ferroviaire. »

En gros, Alain Caraco a dit qu’il fallait faire le Lyon – Turin pour qu’il y ait des TER en Savoie. Mais est-ce qu’il faut nécessairement un chantier international coûtant des dizaines de milliards pour arriver à avoir des TER dans nos vallées ?

« C’est sûr que pour ça, il n’y a pas besoin d’un terminal pour l’Italie. Mais le projet prévu dans l’enquête d’utilité publique prévoit bien un itinéraire destiné aux marchandises qui a besoin d’un double tunnel, et de l’autre côté un volet voyageur. »

Ce projet dépasse largement le sujet des TER savoyards, car il est d’abord international. Est-ce forcément lié ?

« Oui, dans la mesure où le projet a toujours été celui-ci, avec deux dimensions marchandises et voyageurs. Et aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi des élus régionaux s’opposeraient à la desserte des deux départements. »

Il y en a des raisons de s’interroger sur le Lyon – Turin, et peut-être d’abord parce que ce projet apparaît par les temps qui courent comme pharaonique et infinançable…

« Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est qu’on puisse se satisfaire de la situation. Même si l’on me dit que le trafic n’a pas augmenté autant qu’on le dit. »

Ça fait un moment que le trafic n’augmente plus…

« Peut-être, mais vous parlez d’un projet pharaonique, et moi je vous parle de report modal. »

D’autres parlent aussi beaucoup de développer le report modal sur la ligne actuellement sous-utilisée qui passe par le Mont-Cenis.

« Adapter la ligne historique, c’est l’analyse des opposants. Ils croient pouvoir tout faire à l’air libre. Moi, je pense que l’avenir est à des voies en partie couvertes. »

Mais au niveau de l’argent, comment ça se passe ?

« Ça fait l’objet d’une discussion concernant un plan de relance européen essentiel pour les infrastructures européennes. Il faut essayer d’avoir le maximum. N’oublions pas qu’on a eu à vivre cette année un accident qui a coûté la vie à cinq personnes. Cela traduit un trafic trop important. Alors pourquoi essayer de remettre en cause un projet qu’on défend depuis vingt ans et qui a fait un consensus ? D’ailleurs, l’opposition est plus extérieure que savoyarde. La vallée de la Maurienne n’est pas défavorable au Lyon – Turin. »

Il y a des éléments qui ont changé depuis les origines du projet. Là, vous parlez d’un accident bien sûr terrible, mais les chiffres du trafic routier ne sont pas du tout ceux prévu il y a vingt ans quand on annonçait qu’il y aurait deux fois plus de camions. Certains constatent au contraire aujourd’hui que le trafic a plutôt stagné.

« Le trafic n’est pas stable depuis vingt ans, mais c’est vrai qu’il y a eu la crise économique. Alors peut-on dire sur la base des chiffres que certains avancent qu’il y a eu stagnation ? Je ne sais pas. Mais quand bien même ça aurait stagné, reste pour la population le risque concernant la santé et l’environnement. Cela justifie une infrastructure dédiée. »

En tout cas, c’en est fini du consensus.

« Il y a un consensus avec la droite sur la desserte voyageur. Et il n’y a pas de projet où il ne faille se battre au niveau des États, alors si à chaque fois qu’il y a une difficulté on arrête… Il faut aller de l’avant. Nous savons très bien que nous sommes dans une période difficile pour le financement, mais on ne peut pas avoir voté le texte du Grenelle et refuser ça. D’autant que l’Europe a repéré le Lyon – Turin comme le maillon manquant et a confirmé qu’il fallait le faire. La question qui est posée au niveau européen, c’est le pourcentage du financement. Alors il faut discuter, mobiliser. »

C’est quand même étonnant qu’on ne sache toujours pas comment pourrait être financé ce grand chantier dont on nous parle depuis vingt ans.

« Aujourd’hui, il y a un accord France – Italie avec des engagements économiques. C’est déjà pas mal. Sauf qu’il y a beaucoup de méconnaissance et de sottise. On ignore qu’il y a eu cet accord le 30 janvier entre la France et l’Italie. »

Dans le Val de Suze, où on est particulièrement concerné par le projet, il y a une opposition très forte comme on l’a vu l’année dernière aux abords du chantier.

« C’est une majorité de groupes extrêmes qui sont contre le Lyon-Turin, une grande minorité pour le gouvernement italien. »

Dans le Val de Suze, l’opposition n’était pas le fait de groupes extrêmes mais de l’ensemble de la population.

« Il y a là-bas des élus qui ont exprimé leur soutien depuis que le projet a été modifié. Et s’il peut toujours y avoir des oppositions ponctuelles, la majorité des partis se sont prononcés pour le Lyon – Turin. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de contestations légitimes. »

Une des contestations du projet les plus courantes repose sur ce fait que les données ont changé depuis vingt ans, notamment en raison de l’avance prise par la Suisse avec ses tunnels et sa politique ferroviaire. Cela a impacté la répartition du trafic nord-sud et remettrait en cause l’utilité du Lyon – Turin.

« Je ne suis pas d’accord. L’évolution climatique comme les accidents qui ont eu lieu doivent nous inviter à être aussi ambitieux que la Suisse pour avoir un nouveau système de transport qui soit moins polluant et qui préserve la vie humaine. Comment des gens qui se revendiquent des mouvements écologistes peuvent-ils contester cela ? Je suis pour une ambition du ferroviaire, comme la Suisse a su le faire. »

En insistant sur les accidents ou sur les effets de la pollution, vous vous appuyez davantage sur l’émotion que sur la réalité des chiffres du trafic.

« On sait qu’un certain nombre d’accidents surviennent en fonction des risques du trafic. Et aucun scientifique n’a pu remettre en cause l’impact de la pollution sur les Alpes. »

La pollution est d’abord et très largement émise par les voitures.

« Et alors ? Est-ce qu’il faudrait dire pour autant que le trafic routier n’a pas d’impact ? Ce n’est pas comme ça qu’on va régler le problème. Mais il y a quand même des gens qui se battent depuis vingt ans à tous les niveaux dans tous les pays, et il n’est pas raisonnable de penser qu’il faudrait abandonner ce projet parce que le trafic augmente un peu moins que prévu. J’aimerais qu’on ait la même ambition que nos voisins suisses. »

Le chemin est aussi difficile pour l’environnement en ce moment, mais avec le niveau atteint par la crise, l’écologie semble être devenue le cadet des soucis des responsables politiques.

« Je ne pense pas. C’est un élément d’appréciation des politiques mais pas l’apanage d’un parti. Chez moi, c’est viscéral. Défendre le Lyon – Turin, c’est défendre l’environnement. Un plan ambitieux en matière de logement, c’est à la fois une dimension humaine et une dimension écologiste. Et quand je parle d’industrie, il y aussi des pistes industrielles et environnementales. Il y a une crise économique, sociale, financière, mais aussi environnementale. On a donc l’intention de mettre en œuvre un projet qui arrive à combiner tout ça.« 

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La galerie de sécurité du tunnel du Fréjus devrait être transformée en second tube de circulation !

Posted by ardsl sur 10 juin 2012

Officiellement les autorités française et italienne s’étaient engagés à ce que le second tube du tunnel du Fréjus constitue une galerie de sécurité. Mais, les démarches pour transformer la galerie de sécurité en un second tube de circulation sont en cours. Explications et décryptage.

Les associations pour le respect de l’environnement et pour des transports durables (dont la FNAUT) ont été déboutées il y a quelques semaines par le tribunal administratif de Grenoble. Elles contestaient les options retenues par l’État français pour la construction de la galerie de sécurité du tunnel routier du Fréjus (entre la Savoie et le Piémont).

En effet le gabarit retenu par l’État permet la transformation de l’ouvrage en un tube de circulation permanente.

Les associations avaient vu juste. Le 1er juin 2012, le président de la Société Italienne du Tunnel Autoroutier du Fréjus (SITAF) a vendu la mèche. Sa société et la Société Française du Tunnel Routier du Fréjus (SFTRF) étudient actuellement la modification des systèmes incendies et de contrôle du tunnel pour ouvrir la galerie de sécurité à la circulation des voitures et des poids lourds.

Le coût de cette transformation serait de 30M€, ce qui porterait le coût total de ce nouveau tube de circulation à 440 M€. Comme vient de l’indiquer le président de la SITAF, « cela n’a aucun sens de dépenser tout cet argent juste pour une galerie de sécurité : il faut l’ouvrir aux poids lourds internationaux et aux voitures ».

Il convient de préciser que d’importants fonds publics ont été accordés à la SITAF et à la SFTRF pour la construction de la galerie de sécurité. En France, cela s’est fait à travers du plan de relance du gouvernement Fillon, avec plus de 50M€ à la clé.

SITAF et SFTRF veulent augmenter le trafic routier au Fréjus

Dans cette déclaration, le président de la SITAF a également indiqué que cette transformation permettrait d’annuler les limitations de trafic qui sont en place depuis l’accident de 2005 : la limitation à 70 km/heure et les distances de sécurité de 150 mètres entre chaque véhicule.

« Cela permettra d’avoir un tunnel plus compétitif et concurrentiel au tunnel du Mont-Blanc », a-t-il indiqué au journal italien Luna Nuova.

En 2010, 572000 camions sont passés par le tunnel du Mont-Blanc, contre 732000 au tunnel du Fréjus.

Bernadette Laclais défend la galerie de sécurité, mais s’oppose à l’accroissement de la capacité de trafic admise au Fréjus

La maire de Chambéry et vice-présidente de la Région Rhône-Alpes, la socialiste Bernadette Laclais justifie sa position. « Le 4 juin 2005, le jour où est survenu le dramatique incendie de poids lourds qui a coûté la vie à deux personnes, j’ai été très vite sur place et j’ai mesuré dans toute son ampleur les conditions d’intervention des services de sécurité. J’en ai gardé la conviction qu’une galerie de sécurité était indispensable et c’est pourquoi j’en ai soutenu le projet, tout en défendant fermement le principe qu’il ne puisse permettre d’accroître la capacité du trafic admise dans le tunnel. »

Les explications de la SFTRF

Patrice Raulin, président de la SFTRF a fourni quelques explications à Bernadette Laclais. Il avoue que des « études (techniques, de sécurité et environnementales), sont actuellement en cours en vue de l’éventuelle mise en circulation de la galerie de sécurité. Ces études font suite au retour d’expérience de l’incendie du 29 novembre 2010, qui a vu un camion emprunter la voie à contre sens pour éviter un autre camion en feu, dans la fumée sans aucune visibilité. Ce retour d’expérience a montré que seule une circulation dans un seul sens , dans des tubes séparés (le tunnel et la galerie de sécurité) était de nature à améliorer très substantiellement la sécurité des usagers. »

Selon Patrice Raulin, la « mise en circulation dans un seul sens de la galerie de sécurité ne créerait aucun accroissement de capacité de circulation, le tunnel existant étant réduit à une voie de circulation. La capacité du tunnel du Fréjus resterait ainsi de 2 fois une voie, comme actuellement, de même que celle du tunnel d’Orelle de l’autoroute de la Maurienne, et d’une grande partie de la rampe d’accès du Fréjus, ouvrages qu’il n’est pas question d’élargir ; d’ailleurs, le viaduc du Charmaix, qui fait partie de cette rampe, et doit être reconstruit prochainement, le sera avec un profil de 2 fois une voie« .

Il ajoute la « SFTRF confirme que sa seule et unique motivation est la sécurité des usagers. En cohérence avec cet objectif, elle est favorable à l’accompagnement de la mise en circulation de la galerie, le cas échéant, par un contingentement du trafic poids lourds dans le tunnel« .

Patrice Raulin affirme que « seuls les gouvernement sont habilités à décider l’ouverture au trafic de la galerie de sécurité, après avis de la Commission Intergouvernementale (CIG), et cette décision n’est pas précise à ce jour« .

Un plan B « tout routier » au Lyon – Turin ferroviaire

Bernadette Laclais n’imagine pas que l’aménagement de la galerie de sécurité en un second tube de circulation puisse justifier un renoncement au projet du Lyon – Turin ferroviaire. Elle maintient son « engagement résolu pour le ferroutage et l’aboutissement au plus vite du projet Lyon – Turin« .

Pourtant les derniers faits ne vont pas forcément dans le sens des déclarations de Bernadette Laclais. Un scénario tout routier, incluant l’abandon du Lyon – Turin semble se dessiner. La galerie de sécurité du Fréjus deviendrait un second tube de circulation, l’A43 devrait passer à deux fois trois voies dans le Nord-Isère et l’Avant-Pays Savoyard (lire), ne manquerait plus alors que le contournement autoroutier de Chambéry. Ce projet, pourtant absent du SNIT (schéma national des infrastructures de transport), pourrait refaire surface.

Le Préfet de la Région Rhône-Alpes, Jean-François Carenco, rappelle dans son schéma régional des transport (appelé document de cohérence des déplacements, auquel l’ARDSL a eu accès malgré l’absence de concertation avec les associations), que le « contournement autoroutier de Chambéry a été étudié afin, d’une part, d’assurer la continuité du réseau concédé entre les autoroutes A41 et A43 et, d’autre part, d’apporter une réponse au problème posé par la saturation et la sécurité de la VRU de Chambéry en écartant en particulier 50% du trafic poids lourds de l’agglomération. Ces études ont conduit à retenir un tracé ouest de 14 km, déclaré projet d’intérêt général (PIG) le 14 mai 2007. Ce projet, estimé à 700M€, se pose cependant de fait en concurrence avec les projets de prolongement de l’autoroute ferroviaire alpine et de la LGV Lyon-Turin. »

Autrement dit, une alternative « tout routière » au Lyon – Turin ferroviaire n’est pas écartée.

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