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À bord du plus haut train d’Europe

Posted by ardsl sur 31 août 2012

En Suisse, dans l’Oberland bernois, le Chemin de fer de la Jungfrau fête le centenaire de son terminus à 3500 mètres d’altitude.

Un siècle que le petit train de la Jungfrau joue les stars du tourisme alpin. Il a transporté 760000 voyageurs l’an dernier, soit 14% de plus qu’en 2010. En terrain vertical, tout moyen d’arriver sans effort au sommet attire les foules. Or, ce tortillard à crémaillère, rouge et suisse comme la plupart de ses congénères, est un ascensionniste hors pair. Dans l’Oberland bernois, il gravit en 50 minutes la voie ferrée la plus haute d’Europe, inaugurée le 1er août 1912, entre 2061 et 3454 mètres d’altitude. La gare de départ se trouve au pied de la gigantesque face nord de l’Eiger, mythe de l’alpinisme, au lieu-dit Kleine Scheidegg (Petite Épaule). Plus qu’une gare, d’ailleurs, c’est un nœud ferroviaire au milieu des alpages, balisés, selon la saison, pour les randonneurs ou les skieurs. D’autres trains à crémaillère, verts ceux-là, y montent sur deux versants, depuis les stations de vacances de Grindelwald, Wengen et Lauterbrunnen. Lesquelles sont également reliées par des trains (bleus) à Interlaken, dans la vallée. C’est de cette petite ville «entre les lacs» de Thoune et de Brienz que le rail a attaqué les pentes du massif de la Jungfrau, à la fin du XIXe siècle.

La voie sommitale fut son ultime bataille. La plus rude : seize ans de chantier, de 1896 à 1912, pour tracer la ligne de 9,3 km, dont plus de 7 km de tunnel, dynamités dans les entrailles de l’Eiger par une armée de travailleurs immigrés italiens. Cette pharaonique épopée coûta la vie à trente ouvriers. Cent ans après, on leur rend, enfin, hommage. Dans la gare d’arrivée souterraine, au col de Jungfraujoch, leurs noms et âges, 17 ans à peine pour le plus jeune, défilent dans l’Anchorage Tunnel.

Chocolats et edelweiss

Cette émouvante galerie fait partie des nouvelles «attractions» ouvertes pour le centenaire du train. Dix-sept mois de travaux et presque autant de millions d’euros pour agrandir (encore) cet antre du tourisme de masse. Des couloirs dignes d’une station de RER, des bars, des restaurants, une grotte de glace artificielle et un grand bazar helvético-kitch de montres, chocolats et colifichets frappés d’edelweiss, proies des groupes de Japonais et d’Indiens. Ces derniers ont même leur cantine «Bollywood» attitrée.

Les attraits du voyage sont évidemment ailleurs, tout là-haut, sur les terrasses en plein ciel du Sphinx (l’observatoire météorologique à coupole argentée, édifié en 1937), face au sommet tout proche de la Jungfrau (4158 mètres d’altitude), d’où le glacier d’Aletsch amorce sa longue descente de 23 km (autre record européen et site classé au Patrimoine mondial naturel par l’UNESCO). Ou avant, pendant le trajet, ponctué de deux arrêts dans le tunnel aux stations aménagées dans les entrailles de l’Eiger. On y descend du train pour aller coller son nez aux baies vitrées percées dans les flancs de la montagne. À 3160 mètres d’altitude, la station d’Eismeer (Mer de glace) offre une plongée panoramique dans les séracs du glacier. Mieux, à Eigerwand (2865 mètres d’altitude), les trouées vitrées creusées en pleine face nord vous projettent littéralement dans la gigantesque paroi. On mesure alors l’ampleur du défi des alpinistes. Cette course phénoménale est l’autre grande aventure humaine du massif, après la construction de la voie ferrée.

Pratique

Billet Jungfraujoch, à partir de :

  • 97€ A/R depuis Kleine Scheidegg
  • 131€ A/R depuis Wenegen
  • 142€ A/R depuis Grindelwald
  • 158€ A/R depuis Interlaken.

Forfait 1 ou 2 nuits d’hôtel en station + train, à partir de 153€, du 1er septembre au 21 décembre.

Renseignements au 00 41 33 828 72 33 ou sur www.jungfrau.ch

(Avec Le Figaro).

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Les projets pour la reprise de l’exploitation du chemin de fer de La Mure

Posted by ardsl sur 6 juin 2012

Été 2011. Mobilisation en gare de La Motte d’Aveillans pour la survie du chemin de fer de La Mure.

L’ARDSL a assisté lundi 4 juin 2012 à une réunion de présentation des réponses à l’appel à projets lancé par le Conseil général de l’Isère pour la reprise du Chemin de fer de La Mure.

Le Conseil général de l’Isère a reçu 3 dossiers (lire), celui du consortium VFD (Voies Ferrées du Dauphiné)- CITEV (exploitant du train à vapeur des Cévennes), celui de Kléber-Rossillon et celui du SNC Lavalin (qui exploite le Panoramique des Dômes depuis le 26 mai 2012). L’objectif du Conseil général était une reprise partielle du service en 2013.

Le groupement VFD-CITEV a été écarté car prévoyant des trains à vapeur incompatibles dans les longs tunnels de la ligne.

Le conseiller général de La Mure, Charles Galvin (PS), a présenté le 4 juin 2012 à La Motte d’Aveillans, les deux propositions restantes.

Le projet de SNC Lavalin

SNC Lavalin a présenté un projet très intéressant qui maintien l’exploitation de la ligne entre La Mure et le Grand Balcon soit 27 km sur les 30 km jusqu’à Saint-Georges-de-Commiers. Elle construirait un important bâtiment musée-dépôt (à deux niveaux) à La Mure avec trois voies, l’une au fond pour ateliers et révisions avec fosse, puis une voie de garage et de stockage du matériel et une voie pour du matériel présenté au public côté musée. À l’étage, une salle d’exposition avec en façade du bâtiment une large baie vitrée dans laquelle serait présenté un tracteur Brissonneau et Lotz ex-VFD qui serait ainsi visible de l’extérieur. SNC Lavalin remettrait en état 4 tracteurs Sécheron (3 en l’état ; le 4ème étant réalisé sur la base des 4ème et 5ème véhicules moteurs). Le matériel remorqué serait remis en état ainsi que la voie, le ballast, la caténaire et la sous-station.

Au terminus du Grand Balcon, un bâtiment serait créé avec restaurant de 100 places et belvédère panoramique, une voie d’évitement permettant l’impasse des locomotives pour pouvoir repartir en sens inverse, et une promenade avec jeux pour enfants sur 800 mètres le long de la voie.

L’exploitation se ferait par des compositions courtes de 130 places tous les jours d’avril à octobre de 9h00 à 18h00, avec fonctionnement en marche à vue avec technique du bâton pilote. SNC Lavalin préfère une exploitation rapide toutes les 40 minutes à partir de 10h00 (toutes les 60 minutes avant) avec des trains courts. Les trains ne desserviraient sur leurs parcours que la halte de la Mine Image (musée) de La Motte d’Aveillans dont les quais seraient réaménagés.

Une demande a été formulée pour des navettes complémentaires entre La Mure et La Motte d’Aveillans, l’idée sera étudiée si le groupe Lavalin remporte le marché.

Le financement est de 19,1 millions d’euros répartis entre 6M€ de subventions d’investissements à fournir par les différentes collectivités territoriales concernées, 12M€ d’emprunts bancaires et 3M€ de fonds propres apportés par SNC Lavin. SNC Lavalin estime entre 105000 et 140000 le nombre de voyageurs annuels mais mise sur une fréquentation annuelle de 120000 voyageurs.

SNC Lavalin évoque un démarrage possible de l’exploitation en 2014, si le marché est validé au cours de l’été 2012.

Le projet Kleber-Rossillon

La société Kleber-Rossillon envisage une exploitation par vélos-rails (en descente sur 8 km) entre la gare de La Motte d’Aveillans et le Grand Balcon avec retour (en montée) par autorail diesel avec exploitation d’avril à la Toussaint. Serait constitué un parc de 25 vélos-rails, avec un dispositif de freinage hydraulique limitant la vitesse à 25 km/h maximum. L’aller et retour se feraient en autorail en cas de mauvais temps.

Le centre opérationnel serait basé à La Motte d’Aveillans avec agrandissement de la remise existante.

Au terminus du Grand Balcon, la maison de garde serait réaménagée avec une terrasse de deux mètres de largeurs pour la vue et à l’intérieur il y aurait des toilettes sèches ainsi qu’une vente de rafraîchissements et de sandwichs. Le remplacement des gardes corps est envisagé à certains endroits pour la sécurité des vélos-rails.

La société compte avoir 3 salariés à l’année et 11 en saison d’exploitation. Elle table sur 500 places par jours avec 350 circulations à l’année pour 26000 passagers par an dont 23000 dès la 1ère année d’exploitation. Le financement est escompté à 2,2 millions d’euros dont 200000€ pour l’achat d’autorails d’occasion (peut-être des ABJ corses).

Le matériel actuel du Chemin de fer de La Mure serait quant à lui complètement abandonné.

SNC Lavalin, un projet plus ambitieux et plus coûteux

Des deux projets, celui de la SNC Lavalin est sans conteste le plus satisfaisant pour les amateurs de trains et pour l’économie locale. Il a déclenché un consensus politique (toute tendance politique) chez les élus du plateau Matheysin et du Sud Isère. Mais la majorité du Conseil Général suivra-t-elle ? Les coûts nécessaires rebutent fortement les élus du Centre et du Nord Isère. La pétition lancé par l’AEDTF et l’ARDSL a déjà été signée par plus de 11 500 personnes et va continuer jusqu’à la réouverture réelle de la ligne et le sauvetage de l’ensemble du matériel actuel. Une réflexion est en cours pour un classement dans la liste des sites remarquables ainsi qu’au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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