ARDSL Association Rail Dauphiné Savoie Léman

Le blog des usagers

Posts Tagged ‘Xavier Musca’

Les Régions de France se choisissent un chef de gare

Posted by ardsl sur 8 octobre 2012

Âgé de 46 ans, Gilles Mergy est diplômé de l’École supérieure de commerce de Paris et ancien élève de l’ESCP et de l’ÉNA. Il a jusqu’alors partagé sa carrière entre le cœur de Bercy et SNCF. Il est aussi maire-adjoint PS de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Le recrutement de Gilles Mergy, un ancien de Gares & Connexions, comme délégué général de l’Association des Régions de France (ARF) va-t-elle mettre de l’huile dans l’engrenage des difficiles relations entre les régions et SNCF au sujet des TER ?

Encore un cadre dirigeant de SNCF nommé à un poste extérieur clé. Depuis le 1er octobre 2012, un ancien adjoint de Sophie Boissard à la direction de Gare & Connexions a pris le poste de délégué général de l’Association des régions de France (ARF).

Le lobby des conseils régionaux présidé par Alain Rousset (président PS de la Région Aquitaine) et dont le TER est l’une des compétences majeures a en effet choisi de recruter Gilles Mergy pour occuper ce poste. Il était à pourvoir depuis le départ de Michel Yahiel, nommé conseiller de François Hollande à l’Élysée.

Engagement politique précoce

Il fut un temps où devenir un grand avocat pénaliste tentait Gilles Mergy. Un effet secondaire du plaidoyer de Robert Badinter contre la peine de mort et sûrement aussi déjà cette « humanité » observée par ceux qui le connaissent. Mais ce fils de pieds-noirs modestes, né à New-York au hasard des pérégrinations parentales, estimera finalement ne pas être de la trempe de ceux qui font vibrer un prétoire. Et puis, en ce milieu des années 1980, « la réhabilitation de l’entreprise » lui fait faire d’autres choix. École de commerce donc, avec, toutefois, une option management public peu prisée de ses congénères. Lui est encarté à gauche depuis ses dix-huit ans et figure dès ses vingt et un printemps sur une liste municipale socialiste.

Il a débuté sa carrière au sein de l’entreprise publique SNCF en 1992 dans la branche Fret comme directeur d’agence commerciale à Limoges, avant de devenir chef de cabinet du directeur du fret.  Il avait alors côtoyé les huiles locales, impliquées dans le transport du bois et de la pâte à papier. Pas sectaire – sauf quand il soutient le PSG -, il garde le souvenir d’un Jacques Chirac « ouvert et plein d’empathie ». Il n’avait alors pas encore décidé de faire l’ÉNA mais il s’apprêtait à goûter davantage à la « res publica ». D’abord en travaillant au lobbying de la maison contre le canal Rhin – Rhône, ensuite pour œuvrer au développement du transport combiné rail-route.

Après l’ÉNA, il a intégré la direction du Trésor au ministère de l’Économie et des Finances. D’abord à l’Agence des participations de l’État (que dirige aujourd’hui David Azéma), puis fin 2004, comme directeur de cabinet du directeur général du Trésor.

Avec sa grande silhouette gaullienne, il brouille les pistes. Son adhésion précoce au PS, son admiration pour « les valeurs rocardiennes » et son statut d’élu (8 e adjoint) à la mairie socialiste de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) ne l’empêchent pas de faire l’éloge de l’ancien secrétaire général de l’Elysée Xavier Musca, aux côtés de qui il a travaillé à la Direction du Trésor. « Xavier Musca est objectivement un grand serviteur de l’État », fait valoir cet officier de réserve. À l’Agence des participations de l’État, lui qui est particulièrement intéressé par la notion d’« État actionnaire » peut tâter d’un dossier phare de l’année 1995 : il fallait « sauver le soldat Bull », se souvient-il.

Retour ensuite à SNCF. Gilles Mergy a rallié en 2007 la direction de Transilien dont il assurait les relations institutionnelles. Une fonction qui l’a placé en prise direct avec les services du Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) et du conseil régional ainsi qu’avec les élus locaux et les acteurs économiques franciliens. En 2009, son parcours a bifurqué vers Gares & Connexions, comme chef de département puis comme adjoint au directeur stratégie et finances où il a pris part à l’installation de cette nouvelle branche de SNCF.

Il a notamment mis en place le processus de pilotage des investissements et s’est impliqué dans la mise en œuvre du décret gares du 20 janvier 2012. Gilles Mergy effectuait régulièrement des présentations du modèle économique de Gares & Connexions aux services et aux élus des régions, précise l’ARF.

L’homme de SNCF ?

Ironie du sort, ce sujet constitue l’une des causes de tensions entre SNCF et les régions. Celles-ci, notamment par la voix de Jacques Auxiette, chargé des transports à l’ARF, ont eu l’occasion de s’émouvoir de la complexité des financements des gares qui sollicitent les régions via le TER.

Plus largement, la transparence du fonctionnement du transport express régional reste un point de tension récurrent entre SNCF et ses clients régionaux. Un problème sur lequel le ministre délégué aux Transports Frédéric Cuvillier porte une attention particulière, comme il l’a rappelé fin août.

On peut donc parier que l’arrivée de Gilles Mergy comme délégué général de l’ARF contribuera à mettre de l’huile dans les complexes rouages entre les financeurs de SNCF et la compagnie ferroviaire publique.

Mais ce recrutement suscite aussi déjà une certaine méfiance du côté des entreprises ferroviaires privées. Alors que l’harmonisation du cadre social et l’ouverture à la concurrence du rail vont être bientôt débattus, ils redoutent que « SNCF fasse ainsi entendre plus facilement ses arguments auprès des régions », indique un de leur représentant.

« La région, c’est le bon périmètre d’intervention publique », se réjouit par avance Gilles Mergy. « Les présidents de région ont fait un bon choix. Il est à la fois dans l’intelligence et l’action, a évidemment une parfaite connaissance des dossiers ferroviaires, et des finances publiques », souligne Stéphane Volant, secrétaire général de SNCF.

À l’ARF, sous la présidence d’Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine, ce père de deux petites filles sera notamment chargé d’ « assurer la fluidité des rapports avec tous les élus ». Dans l’immédiat, il s’occupe de la finalisation du dossier Banque publique d’investissement (BPI). Le projet de loi doit passer en Conseil des ministres le 17 octobre.

(Avec mobilicites.com et Les Échos).

Publicités

Posted in Politique | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Veolia Transdev : le flou règne dans la stratégie comme dans la communication

Posted by ardsl sur 28 juin 2012

Nouvel épisode dans l’interminable feuilleton du désengagement du secteur des transports de Veolia. Mi-juin, le directeur général par intérim de la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC), Antoine Gosset-Grainville, avait refusé l’offre présentée par le fonds Cube, au motif qu’elle ne valorisait Véolia Transdev qu’à 350 millions d’euros et que la CDC serait obligée de remettre près de 400 millions d’euros au pot lors de l’augmentation de capital. Désormais, le favori pour la reprise, la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC) exige des mesures pour redresser les activités du groupe en France. Par ailleurs, les jours d’Antoine Gosset-Granville à la tête de la CDC sont comptés. Le gouvernement entend le remplacer par Jean-Pierre Jouyet.

Sans même attendre que ne soit réglé le dossier du retrait de Veolia Environnement du capital de leur filiale commune à 50-50 Veolia Transdev, la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC) se pose en actionnaire de référence de l’opérateur de transport public. Selon Les Échos, les représentants de la CDC au conseil d’administration de Veolia Transdev, réuni mardi 26 juin, aurait rejeté le plan de redressement présenté par son directeur général, Jérôme Gallot, au motif, selon une source proche du dossier, qu’il ne serait pas assez ambitieux, tant sur son volet financier que sur son volet opérationnel. Un message clair adressé à la direction du troisième opérateur français des transports publics avec Keolis, filiale de SNCF, et la RATP : la CDC n’a pas l’intention de monter au capital d’une entreprise qui n’aurait pas l’ambition de jouer un rôle clef dans l’avenir des grands réseaux de transports urbains.

Interrogé par mobilicités.com, Jérôme Gallot indique qu’il « n’a pas présenté de plan de redressement » mais qu’il a « proposé des premières mesures d’amélioration de l’efficacité opérationnelle de la France, notamment dans le redressement des grands contrats urbains déficitaires. La Caisse a souhaité que j’apporte un complément à ces premières mesures« . Précisant par ailleurs, « qu’il y a un dialogue permanent entre les actionnaires et l’entreprise« .

Pour celui qui est à la tête du groupe depuis février 2011, il va falloir « en remettre une couche pour aller plus vite et plus fort dans la mise en œuvre de ce plan. » Jérôme Gallot ne cache pas que lors du mariage entre Veolia et Transdev il a hérité d’un certain nombre de contrats déficitaires en France mais aussi à l’étranger.

Et de citer le cas de la filiale allemande de Transdev qui s’était lancée dans le rachat de plusieurs opérateurs de bus et qui aujourd’hui, perdrait près de 70 millions d’euros par an.

Pour la France « nous négocions actuellement avec les collectivités locales concernées » explique-t-il, précisant que ce dialogue, entamé depuis plusieurs mois, avait été un peu gelé par la période électorale des législatives.

Une mission confiée à Philippe Segretain

La Caisse a par ailleurs confié une mission sur Veolia Transdev à Philippe Segretain, l’ancien patron de… Transdev. Celui-là même qui avait démissionné en décembre du conseil d’administration d’Egis, filiale à 75 % de la CDC, du fait, a-t-on dit à l’époque, de divergences avec Augustin de Romanet, le directeur général de la Caisse, sur le dossier Veolia Transdev. Il est de notoriété publique que Philippe Segretain s’était opposé à la fusion des activités transport de Veolia avec Transdev.

Sa mission consisterait à nouer des liens plus étroits avec les élus locaux qui gèrent leurs réseaux via des sociétés d’économie mixte (comme Strasbourg ou Grenoble par exemple. Eux-aussi s’étaient inquiétés, en leur temps, du mariage des deux groupes de transport, Veolia et de Transdev.

Ayrault propose Jouyet pour prendre la tête de la Caisse des dépôts

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a indiqué jeudi 28 juin qu’il allait proposer la nomination de Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et proche de François Hollande, à la tête de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Dans un communiqué, Matignon précise que « les commissions intéressées de l’Assemblée nationale et du Sénat se prononceront sur ce projet de nomination dans les conditions prévues par l’article 13 de la Constitution, après que la commission de déontologie aura rendu son avis ».

S’il est confirmé à la tête de la CDC, Jean-Pierre Jouyet devra donc s’occuper du redressement de Veolia Transdev.

La nomination de Jean-Pierre Jouyet, ancien membre du gouvernement sous la présidence Sarkozy, était pressentie depuis plusieurs semaines. Le mois dernier, « Le Monde » avait affirmé déjà que François Hollande souhaitait nommer l’ancien directeur-adjoint de cabinet de Lionel Jospin à Matignon à la tête de la CDC, ajoutant que dans ce cas, Xavier Musca, ex-secrétaire général de l’Élysée qui lorgnait lui aussi sur ce poste, lui succèderait à l’AMF.

(Avec AFP).

Posted in Veolia | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :